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Ryad accueille une délégation iranienne et un ministre syrien

Au menu : le retour de la Syrie au sein de la Ligue arabe et la mise en œuvre d'accords de coopération économique et de sécurité signés il y a plus de 20 ans avec Téhéran

Sur cette photo publiée par l'agence de presse officielle syrienne SANA, le vice-ministre saoudien des Affaires étrangères Waleed Al-Khuraiji, à droite, rencontre le ministre syrien des Affaires étrangères Faisal Mekdad, à son arrivée à l'aéroport international King Abdulaziz, à Djeddah, en Arabie saoudite, le mercredi 12 avril 2023 (Crédit : SANA via AP)
Sur cette photo publiée par l'agence de presse officielle syrienne SANA, le vice-ministre saoudien des Affaires étrangères Waleed Al-Khuraiji, à droite, rencontre le ministre syrien des Affaires étrangères Faisal Mekdad, à son arrivée à l'aéroport international King Abdulaziz, à Djeddah, en Arabie saoudite, le mercredi 12 avril 2023 (Crédit : SANA via AP)

L’Arabie saoudite a accueilli mercredi une délégation iranienne, venue rouvrir les missions diplomatiques dans le royaume, ainsi que le chef de la diplomatie syrienne, dans le cadre d’un dégel qui redessine la carte régionale.

La visite de la délégation iranienne est intervenue quelques jours après une rencontre historique à Pékin des chefs de la diplomatie des deux pays, qui avaient rompu leurs liens en 2016.

Celle du ministre syrien des Affaires étrangères, Fayçal Meqdad, survient avant la tenue vendredi en Arabie saoudite d’une réunion de neuf pays de la région pour discuter d’un éventuel retour de la Syrie au sein de la Ligue arabe, dont le prochain sommet ordinaire est prévu le 19 mai dans le royaume.

Les deux ministres ont discuté « des mesures nécessaires pour parvenir à un règlement politique complet de la crise syrienne », a déclaré le ministère saoudien des Affaires étrangères dans un communiqué.

L’objectif est de parvenir à « une réconciliation nationale (…) de ramener la Syrie dans le giron arabe et qu’elle reprenne son rôle naturel dans le monde arabe », ajoute le texte.

Damas était isolé sur le plan diplomatique depuis la féroce répression en 2011 d’un soulèvement populaire ayant déclenché une tragique guerre civile qui s’est complexifiée au fil des ans avec l’intervention de plusieurs pays et groupes armés étrangers.

Mais de plus en plus de pays arabes sont désormais en faveur d’un retour de la Syrie.

« Les Iraniens et les Syriens sont en Arabie saoudite le même jour. C’est totalement fou et c’était inconcevable il y a encore quelques mois », a déclaré à l’AFP un diplomate arabe basé à Ryad.

Ryad et Téhéran ont conclu récemment un accord, négocié par la Chine, pour une reprise de leurs relations. Ils devraient rouvrir leurs ambassades d’ici la mi-mai et mettre en œuvre des accords de coopération économique et de sécurité signés il y a plus de 20 ans.

Camps rivaux

Arrivée à Ryad mercredi, « la délégation iranienne prendra les mesures nécessaires pour mettre en place l’ambassade et le consulat général à Ryad et Jeddah, ainsi que l’activité du représentant permanent de la République islamique d’Iran auprès de l’Organisation de la coopération islamique », a annoncé le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Nasser Kanani.

Ryad et Téhéran, deux poids lourds du Moyen-Orient, avaient rompu leurs liens après l’attaque de missions diplomatiques saoudiennes en Iran par des manifestants dénonçant l’exécution en Arabie saoudite d’un important religieux chiite.

Samedi, une délégation diplomatique saoudienne s’était rendue à Téhéran pour discuter de la réouverture de la représentation diplomatique du royaume dans la République islamique.

M. Kanani a précisé que la « délégation technique » de l’Arabie Saoudite partirait jeudi pour Machhad, deuxième ville d’Iran.

La semaine dernière, les ministres des Affaires étrangères iranien et saoudien, Hossein Amir-Abdollahian et Fayçal ben Farhane, ont eu des entretiens à Pékin sur la mise en œuvre de la normalisation amorcée dans la capitale chinoise le 10 mars.

Ce rapprochement devrait être formellement scellé à l’occasion d’une visite du président iranien, Ebrahim Raïssi, à Ryad, à l’invitation du roi Salmane d’Arabie saoudite, un déplacement prévu après le ramadan, fin avril.

Depuis la Révolution islamique de 1979 en Iran, les deux pays entretiennent une inimitié qui s’est caractérisée par des positions souvent opposées sur les dossiers régionaux, soutenant parfois des camps rivaux comme en Syrie, au Liban ou au Yémen.

Leur rapprochement est de nature à changer la donne régionale, d’autant plus qu’il coïncide avec un dégel des relations entre Ryad et Damas.

Le royaume saoudien avait rompu ses relations en 2012 avec la Syrie, où il a soutenu des rebelles au début du conflit.

Mais depuis le séisme du 6 février qui a dévasté le sud de la Turquie et des régions de la Syrie voisine, Ryad a envoyé de l’aide aux populations sinistrées, à la fois dans les zones sous contrôle gouvernemental et dans les zones rebelles.

Les deux pays ont également entamé des discussions sur une reprise de leurs services consulaires.

La guerre en Syrie a fait environ 500 000 morts, quelque six millions de réfugiés et dévasté les infrastructures du pays.

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