Saad Hariri : le Hezbollah est un « problème régional », pas du ressort du Liban
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Saad Hariri : le Hezbollah est un « problème régional », pas du ressort du Liban

Les propos du Premier ministre interviennent alors qu'Israël a prévenu qu'il ne ferait pas de différence entre le Liban et le groupe terroriste dans un futur conflit

Le Premier ministre libanais Saad Hariri s'exprime lors d'une conférence à Chatham House à Londres le 13 décembre 2018.(Daniel Leak-Olivas/AFP)
Le Premier ministre libanais Saad Hariri s'exprime lors d'une conférence à Chatham House à Londres le 13 décembre 2018.(Daniel Leak-Olivas/AFP)

Mardi, le Premier ministre libanais a rejeté toute responsabilité pour les actions du Hezbollah, se déclarant lui-même incapable de maîtriser les activités de l’organisation terroriste, également élue au Parlement libanais.

Dans un entretien accordé à la chaîne américaine CNBC, quelques jours après qu’un échange de tirs transfrontaliers entre le Hezbollah et l’armée israélienne eut soulevé de graves tensions, Saad Hariri a déclaré que le groupe n’est pas seulement un « problème libanais », mais plutôt « régional ».

« Israël veut… ce scénario selon lequel le Liban est responsable, avec ce que Netanyahu dit, et si vous voulez y croire, croyez-y. Mais il sait, et la communauté internationale sait, que ce n’est pas vrai », a-t-il assuré.

Israël a prévenu qu’il ne ferait pas de différence entre le Liban et le Hezbollah dans un futur conflit, comme l’a réaffirmé mercredi, le ministre des Affaires étrangères israélien, Israel Katz.

« Ce qui s’est passé en 2006 [lors de la Deuxième guerre du Liban], où Israël a fait la distinction entre le Liban et le Hezbollah, ne se reproduira plus », a menacé Katz au micro de la radio de l’Armée. [Le chef du Hezbollah Hassan] Nasrallah peut potentiellement rester dans l’histoire comme le destructeur du Liban. Notre doctrine actuelle est que le Liban équivaut au Hezbollah ».

Hariri avait essayé d’apaiser les tensions lors de l’escalade des hostilités plus tôt cette semaine, appelant les Etats-Unis et la France à intervenir.

Un homme plante un drapeau du Hezbollah dans le parc du « Jardin d’Iran » dans le village libanais de Maroun al-Ras le 1er septembre 2019, alors que des incendies éclatent du côté libanais de la frontière après un échange de feu avec Israël. (Mahmoud Zayyat/AFP)

Dimanche après-midi, le Hezbollah a tiré un missile anti-tank sur des véhicules militaires israéliens. Aucun Israélien n’a été blessé et Tsahal a répondu en attaquant des cibles du Hezbollah au Sud-Liban. Cette politique du coup pour coup pouvait potentiellement conduire à une escalade puisque les deux camps avaient promis de ne pas tolérer de tirs, mais un calme relatif est rapidement revenu dans le nord de l’État juif lundi.

Le tir d’un missile anti-tank est intervenu plus d’une semaine après une frappe israélienne contre une base contrôlée par l’Iran en Syrie qui a tué plusieurs agents, dont deux membres du Hezbollah. Israël a été accusé de frappes de drone dans la banlieue de Beyrouth. Les drones ont été abattus à proximité d’un bastion du Hezbollah, mais Israël n’a pas reconnu les avoir envoyés.

Avant l’échange de tirs de dimanche, le Premier ministre Benjamin Netanyhau avait averti aussi bien le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah que le gouvernement libanais, leur recommandant d’être « prudents sur ce que vous dites et encore plus prudents sur ce que vous faites ».

Un incendie a éclaté près de la ville d’Avivim, au nord d’Israël, dans un champ le long de la frontière avec Israël, du côté libanais, à la suite d’un échange de tirs, le 1er septembre 2019. (ALAA MAREY / AFP)

Hariri a déclaré à CNBC qu’il était dans l’incapacité de contrôler l’organisation, qui a été impliquée dans le meurtre de son père, l’ancien premier ministre Rafic Hariri. Le Hezbollah est une force majeure dans la politique libanaise et ses représentants siègent au Parlement.

« Je suis une personne pragmatique, et je connais mes limites, et je connais celles de cette région. Si les gens prenaient vraiment cette question au sérieux, ils auraient agi 10, 15, 20, 30 ans » plus tôt, a-t-il dénoncé, ajoutant qu’il n’était pas opposé aux sanctions américaines imposées sur la Jammal Trust Bank du Liban la semaine dernière pour ses liens avec le Hezbollah.

Washington « devait prendre cette mesure, et elle me déplaît et je regrette que cette banque ait fait ce qu’elle a fait », a-t-il commenté.

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