Washington sanctionne une banque libanaise et des financiers à Gaza
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Washington sanctionne une banque libanaise et des financiers à Gaza

L'administration américaine a déclaré qu'elle cherche à "étouffer toutes les possibilités de financement" du terrorisme ; Israël salue cette "mesure nécessaire"

Une tirelire à l'effigie de Hassan Nasrallah, chef du Hezbollah, destinée à récolter des fonds en faveur du groupe terroriste libanais, dans le village de Kfar Rumman, au Liban, le 21 janvier 2016. (Crédit : AP/Bilal Hussein)
Une tirelire à l'effigie de Hassan Nasrallah, chef du Hezbollah, destinée à récolter des fonds en faveur du groupe terroriste libanais, dans le village de Kfar Rumman, au Liban, le 21 janvier 2016. (Crédit : AP/Bilal Hussein)

Le gouvernement américain a annoncé jeudi sanctionner une banque libanaise, Jammal Trust, qu’il accuse de fournir des services bancaires au groupe terroriste du Hezbollah ainsi que plusieurs financiers, selon un communiqué du Trésor jeudi.

Jammal Trust qui opère au Liban depuis plusieurs décennies, est officiellement qualifiée par Washington d’organisation « terroriste » pour avoir fourni des services financiers au conseil exécutif du Hezbollah et à la Fondation des martyrs, basée en Iran.

L’établissement bancaire est accusé d’avoir laissé le Hezbollah utiliser des comptes pour payer ses membres et parfois les familles des auteurs d’attentats suicides. Il est aussi mis en cause pour avoir « activement dissimulé ses relations bancaires avec de nombreuses organisations affiliées à la Fondation des Martyrs », a ajouté le Trésor.

Cette dernière organisation, déjà placée sur la liste noire des sanctions américaines depuis 2007, est considérée comme une entité parapublique iranienne transmettant un soutien financier au Hezbollah notamment.

Quatre autres filiales de Jammal Trust, spécialisées dans l’assurance, sont également mises à l’index.

Une succursale de la Jammal Trust Bank à Beyrouth, le 29 août 2019. (Crédit : ANWAR AMRO / AFP)

« Les institutions financières corrompues comme Jammal Trust sont une menace directe à l’intégrité du système financier libanais », a affirmé la sous-secrétaire au Trésor en charge de la lutte contre le financement du terrorisme, Sigal Mandelker.

Ces sanctions gèlent les avoirs de la banque aux Etats-Unis et en interdit les transactions via le système financier américain.

Le Trésor américain enjoint le gouvernement libanais à pallier les conséquences de ces sanctions pour « les détenteurs innocents de comptes en banque qui ignoraient que le Hezbollah mettait leurs économies en danger », affirme encore le communiqué.

Cette pression sur Jammal Trust, une banque à la taille modeste mais considérée comme « un établissement de choix » pour le Hezbollah, selon un responsable américain, « doit être considéré comme un avertissement ».

Il s’agit de faire comprendre « au Hezbollah et à ses marionnettistes iraniens qu’ils doivent rester en dehors des institutions financières libanaises », a affirmé un responsable de l’administration américaine sous couvert de l’anonymat. La stratégie est « d’étouffer toutes les possibilités de financement », a-t-il ajouté.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a salué cette décision et exhorté d’autres pays à agir contre « l’agression iranienne au Moyen Orient ».

« C’est une mesure importante visant à faire pression sur l’Iran et ses alliés, qui agissent contre l’Etat d’Israël », a-t-il dit.

A Beyrouth l’association des banques au Liban a exprimé son « regret » vis a vis de la décision du trésor américain.

Elle a assuré que « cette procédure n’aura aucun impact quel qu’il soit sur le secteur bancaire » tout en « réaffirmant une nouvelle fois l’attachement du secteur bancaire aux régulations internationales et libanaises ».

Des écolières palestiniennes passent devant un panneau sur lequel il est écrit en arabe : « remerciements et gratitude à l’Iran », à Gaza City, le 28 novembre 2019. (Crédit : AP/Adel Hana)

Washington, en partenariat avec le sultanat d’Oman a en outre ajouté sur sa liste des sanctions, quatre financiers, basés au Liban et à Gaza.

Elle les accuse d’avoir transféré des « dizaines de millions de dollars » entre la Force iranienne al-Qods, unité d’élite chargée des opérations extérieures au sein des Gardiens de la Révolution iranienne et les brigades al-Qassam, branche armée du mouvement islamiste Hamas au pouvoir à Gaza.

Parmi ces intermédiaires financiers, Muhammad Sarur, basé à Beyrouth, est considéré comme le principal responsable de ces systèmes de transferts.

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