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Saar promet que le gouvernement ne gèlera pas la construction d’implantations

Le ministre de la Justice a invité l’organe du ministère de la Défense qui gère les implantations à se réunir après une interruption de cinq mois

Travaux de construction dans l'implantation israélienne de Givat Zeev, près de la ville palestinienne de Ramallah, en Cisjordanie, le 28 octobre 2021 (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP).
Travaux de construction dans l'implantation israélienne de Givat Zeev, près de la ville palestinienne de Ramallah, en Cisjordanie, le 28 octobre 2021 (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP).

Le ministre de la Justice, Gideon Saar, a promis samedi que le gouvernement poursuivrait la construction dans les communautés juives de Cisjordanie. Les dirigeants des implantations s’étaient indignées du fait que le ministère de la Défense n’ait pas réuni l’instance en charge des constructions depuis plus de cinq mois.

Dans une interview accordée à la Douzième chaîne, Saar a laissé entendre que le ministre de la Défense, Benny Gantz, empêchait la sous-commission de planification stratégique de l’administration civile de se réunir, comme il le fait normalement une fois tous les trois mois.

Gantz n’est pas considéré comme un soutien fort des implantations en Cisjordanie. Son opinion a évolué au fil du temps, passant de l’opposition à la construction dans les terres en Cisjordanie à l’affirmation récente que toutes les communautés juives des territoires contestés avaient le « droit d’exister ».

Au sein du gouvernement, il s’est en outre montré très sensible aux fortes réserves de l’administration Biden à l’annonce du projet israélien de peuplement à hauteur de de 2 000 unités de logement, en octobre dernier. Gantz considère le soutien des États-Unis essentiel à la sécurité d’Israël et agit en conséquence. Ces derniers mois, il a évoqué l’importance d’aborder la question de la construction d’implantations « de manière responsable ».

Saar a indiqué à la Douzième chaîne qu’en dépit de ses bonnes relations avec Gantz, il se montrerait intraitable sur la question des implantations. « Sous ce gouvernement, il n’y aura pas de gel des implantations en Judée-Samarie : j’y veillerai », a-t-il averti, appelant la Cisjordanie par son nom biblique.

« J’espère que cette question sera résolue dans les prochains jours », a-t-il précisé, ajoutant avoir évoqué la question avec Gantz à plusieurs reprises, certain que le ministre de la Défense ne souhaitait pas un gel des constructions.

Gideon Saar, le ministre de la Justice, lors d’une conférence à Jérusalem, le 7 mars 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Un intervalle de cinq mois entre les réunions de la commission-commission de planification stratégique n’est pas chose rare. On a même connu des intervalles plus longs du temps où Benjamin Netanyahu et Donald Trump étaient au pouvoir.

Tout ceci n’a pas empêché les dirigeants des implantations de lancer une campagne publique pour faire tomber le gouvernement. David Elhayani, qui préside l’organe de coordination du conseil de Yesha composé de maires d’implantations, a pris part à cette campagne, alors même qu’il a rejoint le parti Tikva Hadasha de Saar lors de la récente campagne électorale, après des années passées au sein du Likud.

Interrogé sur l’utilisation du terme « Cisjordanie » par le Premier ministre, Naftali Bennett, lors d’une conférence de presse la semaine dernière avec le Secrétaire d’État Antony Blinken, Saar a déclaré qu’il partait du principe qu’il s’agissait d’une « erreur ponctuelle », ajoutant qu’il ne se référait à la région que comme « Judée et Samarie ».

Le bureau de Bennett a déclaré que le Premier ministre avait utilisé le terme accidentellement et qu’aucune conclusion ne devait être tirée de cet écart de langage.

Saar s’est également indigné de l’expression « violence des résidents d’implantations » employée par Blinken, affirmant que les résidents étaient des « citoyens patriotes et respectueux des lois », principales victimes de la violence palestinienne. Il a toutefois admis l’existence « d’éléments marginaux dont la question devait être examinée ».

Dans le sillage de la vague terroriste des dix derniers jours en Israël, cinq agressions criminelles visant des villages palestiniens en Cisjordanie auraient été signalées. En pareil cas, les inculpations sont extrêmement rares.

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