Sans manquer de respect à Arrow, de plus grandes menaces viennent du nord
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Analyse

Sans manquer de respect à Arrow, de plus grandes menaces viennent du nord

Même si l'utilisation de missiles sol-air par Assad contre les avions israéliens est troublante, les usines de roquettes construites par l'Iran en Syrie et au Liban sont plus inquiétantes

Le système de défense antimissile Arrow 3 qui a été livré à l'armée de l'air israélienne le 18 janvier 2017 (Crédit : Ministère de la Défense)
Le système de défense antimissile Arrow 3 qui a été livré à l'armée de l'air israélienne le 18 janvier 2017 (Crédit : Ministère de la Défense)

Mettons de côté un instant les célébrations concernant l’interception réussie par le système de défense anti-missile Arrow d’un missile syrien en début de journée vendredi. Israël ne manque pas de raisons de se préoccuper du « message » qu’implique le lancement par la Syrie de missiles sol-air sur des avions de chasse israéliens du jour au lendemain. Mais cela est juste la partie émergée de l’iceberg en ce qui concerne la situation de plus en plus inquiétante qui prend forme dans le nord.

En ce qui concerne vendredi, ce n’était pas la première fois que des avions israéliens frappaient des cibles en Syrie, mais c’est bien la première fois que le président syrien Bashar el-Assad a choisi de répondre, en tirant plusieurs missiles sol-air SA-5 sur les avions qui partaient.

Il semblerait qu’Assad veuille faire savoir à Israël qu’il n’a plus l’intention de rester les bras croisés pendant que les convois d’armes en provenance de Syrie qui sont destinées au groupe terroriste du Hezbollah au Liban sont détruits par l’armée israélienne.

Selon les médias arabes, la cible du raid aérien israélien – qui aurait eu lieu près de la ville libanaise de Baalbek – était un convoi de camions transportant des « armes stratégiques », un terme qu’Israël avait employé par le passé pour définir des missiles avancés et des armes chimiques.

F-16 D de l'armée de l'air israélienne , le 28 juin 2010. Ilustration. (Crédit : Ofer Sidon/Flash90)
F-16 D de l’armée de l’air israélienne, le 28 juin 2010. Ilustration. (Crédit : Ofer Sidon/Flash90)

Dans le passé, Assad a rarement répondu aux frappes aériennes et israéliennes sur des cibles situées en Syrie.

Son apparente confiance croissante semblerait provenir de ses récents succès dans son combat contre des groupes rebelles et de l’État islamique dans la violente guerre civile syrienne, qui sont dues en grande partie au soutien massif de la Russie.

Il est peu probable qu’il y ait eu une quelconque participation de la Russie au tir des missiles sur les avions israéliens. Israël travaille très dur pour coordonner ses actions avec Moscou pour s’assurer qu’aucun affrontement accidentel n’ait lieu avec la superpuissance dans l’espace aérien en Syrie.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu se rend fréquemment à Moscou. Plus récemment, la semaine dernière, il est allé en Russie pour rencontrer le président russe Vladimir Poutine pour tenter de le convaincre d’empêcher l’ennemi iranien d’Israël de combler le vide laissé en Syrie par l’Etat islamique, qui est presque vaincu.

Ces préoccupations montrent que l’utilisation de missiles sol-air contre les chasseurs israéliens n’est qu’un casse-tête mineur pour Israël.

Un problème beaucoup plus grave pour l’État juif réside dans un article publié plus tôt cette semaine dans le journal koweïtien Al-Jarida, qui indique l’Iran a établi des usines de roquettes en Syrie et au Liban capables de produire des missiles de longue portée.

Selon l’article d’Al-Jarida, les installations de production de missiles sont construites en profondeur sous terre et sont exploitées par des conseillers du corps des Gardiens de la révolution islamique, ainsi que des experts libanais formés à l’université Imam Hossein de Téhéran.

L’objectif de ces usines est de produire des missiles et des roquettes très précis capables de viser des cibles stratégiques en Israël, et si les informations fuitant dans les médias arabophones sont vraies, alors il est sûr de dire que ces usines ne seront pas facilement détruites par des frappes aériennes israéliennes.

Les fabriques iraniennes de missiles en Syrie et au Liban correspondent également au désir de l’Iran d’établir un port naval en Syrie qui devrait lui être alloué pendant 50 ans, ce qui aiderait l’Iran à garantir ses intérêts dans cette nation déchirée par la guerre.

Tout cela montre une tendance que nous verrons probablement beaucoup plus en 2017 : à mesure que le groupe terroriste de l’État islamique s’affaiblit, l’influence de la République islamique d’Iran se renforce et s’étend.

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