Israël en guerre - Jour 260

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Sans surprise, le Bangladesh soutient l’Afrique du sud, qui accuse Israël de « génocide »

Le pays sud-asiatique, qui n'entretient pas de lien avec Jérusalem, rejoint les pays demandant à la CIJ d'ordonner la cessation des combats à Gaza - malgré ses propres violations aux droits de l'Homme présumées

La Première ministre du Bangladesh Bangladesh Sheikh Hasina signe des documents après avoir été investie pour un cinquième mandat au palais présidentiel de Dhaka, le 11 janvier 2014. (Crédit : Munir Uz Zaman/AFP)
La Première ministre du Bangladesh Bangladesh Sheikh Hasina signe des documents après avoir été investie pour un cinquième mandat au palais présidentiel de Dhaka, le 11 janvier 2014. (Crédit : Munir Uz Zaman/AFP)

Le ministère des Affaires étrangères du Bangladesh a exprimé dimanche son soutien aux accusations de génocide lancées à l’encontre d’Israël dans un contexte de guerre contre le Hamas, rejoignant d’autres pays qui se sont réjouis de la mise en accusation de l’État juif par l’Afrique du sud devant la Cour internationale de Justice de la Haye (CIJ).

Cette déclaration qui a été faite dimanche par Dhaka – qui estime qu’Israël est en train de se rendre coupable d’un génocide prenant pour cible les Palestiniens et que toutes les opérations militaires dans la bande de Gaza doivent être interrompues en conséquence – a eu lieu quelques jours après la tenue d’une audience devant les juges de la CIJ, une ordonnance qui pourrait entraîner une ordonnance sommant l’armée israélienne de cesser sa campagne militaire contre le groupe terroriste du Hamas.

Le Bangladesh, qui ne reconnaît pas Israël, affirme que l’offensive menée par Tsahal à Gaza a entraîné la mort « de milliers de Palestiniens innocents, en majorité des femmes et des enfants ».

Dhaka a aussi accusé Israël d’avoir violé la Convention sur le génocide de 1948, concluant sa déclaration par un appel à mettre un terme « à l’occupation par Israël de la Palestine » et à revenir aux frontières pré-1967.

Le ministère israélien des Affaires étrangères n’a pas encore réagi au communiqué émis par le Bangladesh.

Les accusations lancées par l’Afrique du sud à la Haye se sont partiellement basées sur les propos incendiaires prononcés par des ministres du cabinet israélien. Selon Pretoria, les paroles qui ont été prononcées par ces hauts-responsables traduisent une intention de tuer les civils.

Des accusations qui ont été réfutées par Israël devant la CIJ. L’État juif a déclaré que l’instance n’avait pas les compétences nécessaires pour statuer sur la requête sud-africaine dans la mesure où le dossier porte sur une thématique relative au droit humanitaire (ce sont les lois qui régissent les conflits armés) et non sur une problématique de génocide. Les six représentants d’Israël ont aussi insisté sur le fait que les atteintes importantes qui ont été faites aux civils palestiniens, pendant le conflit, résultaient de l’utilisation massive, par le Hamas, des infrastructures civiles à des fins militaires, et non d’actes à vocation génocidaire.

La Bolivie, le Brésil, la Colombie et des dizaines de nations musulmanes – notamment l’Organisation des pays islamiques et la Ligue arabe – ont émis des messages de soutien à l’Afrique du sud. Quelques alliés puissants d’Israël, notamment les États-Unis, le Royaume-Uni, se sont rassemblés derrière la campagne militaire de l’État juif. Le dossier sud-africain est « totalement injustifié et erroné », a pour sa part déclaré le Premier ministre britannique Rishi Sunak, selon un porte-parole qui a été cité par BBC news dans la journée de vendredi.

La France et le Canada se sont montrés plus ambigus.

Vendredi, l’Allemagne a indiqué qu’elle chercherait à intervenir dans la procédure pour le compte d’Israël, estimant qu’il n’y a « aucun fondement » dans les accusations de génocide.

De gauche à droite : Dr. Tal Becker, le professeur Malcolm Shaw KC, Dr. Gilad Noam et Dr. Galit Raguan assistant à l’audience dans l’affaire portée devant la Cour internationale de Justice à La Haye dans laquelle l’Afrique du Sud accuse Israël d’avoir commis un génocide dans sa guerre contre le Hamas à Gaza, le 12 janvier 2024. (Crédit : Cour internationale de Justice)

En plus d’être l’un des 28 états-membres des Nations unies à ne pas reconnaître l’État d’Israël, le Bangladesh est l’un des quelques pays également à ne pas autoriser ses citoyens à se rendre au sein de l’État juif et à refuser l’entrée des citoyens israéliens à sa frontière.

En 2014, le journaliste Salah Uddin Shoaib Choudhury, au Bangladesh, avait été condamné à sept ans de prison pour avoir critiqué le gouvernement et pour avoir essayé de se rendre en Israël, une décennie auparavant – il avait été arrêté en 2003 avant de pouvoir embarquer dans l’avion qui devait l’emmener à Tel Aviv.

Même si le pays n’entretient aucun lien diplomatique avec Israël et malgré l’interdiction de voyage et de commerce qui est imposée par le gouvernement, Dhaka aurait fait part de son intérêt pour les logiciels-espions fabriqués en Israël au cours de la dernière décennie.

Le journal Haaretz a fait savoir, l’année dernière, que des équipements de surveillance fabriqués par une entreprise israélienne avaient été vendus au gouvernement du Bangladesh en 2022.

En 2021, le journal avait fait paraître un article similaire qui affirmait que la firme de renseignements Cellbrite, une société israélienne, avait vendu des technologies de surveillance au Bataillon d’Action Rapide.

Les membres du parti Gono Odhikar Parishad portent des bandeaux noirs sur le visage pour protester contre les élections générales à Dhaka, le 8 janvier 2014. La Première ministre du Bangladesh Sheikh Hasina a remporté un cinquième mandat, son parti raflant les trois quarts des sièges au parlement, ont indiqué les responsables du scrutin, le 8 janvier. (Crédit : Munir Uz Zaman/AFP)

Ce pays d’Asie du sud a été secoué par des troubles politiques, ces dernières années, alors que les États-Unis ont émis des sanctions à l’encontre de son unité policière d’élite, le Bataillon d’Action rapide, en raison de violations présumées des droits de l’Homme. Le responsable des droits de l’Homme au sein des Nations unies, Volker Türk, a pour sa part affirmé que les élections récentes ont été « entachées de répression et de violences à l’encontre des candidats et des partisans de l’opposition ».

Des accusations que le ministère des Affaires étrangères, au Bangladesh, a rejetées dans un communiqué de presse diffusé en date du 8 janvier, moins d’une semaine avant de faire part de son soutien à l’accusation de génocide lancée par l’Afrique du sud à l’encontre d’Israël.

La CIJ devrait décider si elle prendra d’éventuelles mesures d’urgence contre l’armée israélienne à la fin du mois. Elle ne se prononcera pas toutefois sur les accusations de génocide – le dossier pourrait durer des années.

Les décisions prises par la Cour sont finales et aucune procédure d’appel n’est possible. Les magistrats n’ont toutefois pas les moyens de faire strictement appliquer leur jugement – même si les ignorer peut avoir des conséquences internationales significatives.

La guerre a été déclenchée par le massacre qui a été commis par le Hamas, le 7 octobre – à cette date, environ 3 000 terroristes avaient franchi la frontière par voie maritime, terrestre et aérienne, tuant environ 1 200 personnes et prenant plus de 240 otages dont le plus jeune avait 9 mois.

Jeremy Sharon et l’AFP ont contribué à cet article.

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