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Selon l’OCDE, les ados israéliens excellent en « créativité »

Israël se classe au 20e rang d’une étude menée dans 63 pays, dont les résultats témoignent d'énormes écarts entre locuteurs hébreux et arabes

Illustration - Lycéens israéliens en train de passer un examen, à Tel Aviv, le 29 juin 2020. (Avshalom Sassoni/Flash90)
Illustration - Lycéens israéliens en train de passer un examen, à Tel Aviv, le 29 juin 2020. (Avshalom Sassoni/Flash90)

Selon une étude internationale publiée mardi, le pourcentage d’Israéliens de 15 ans à exceller dans le domaine « créatif » est l’un des plus élevés au monde.

Cette étude révèle par ailleurs l’existence de profondes écarts en matière de créativité entre élèves laïcs et religieux des écoles hébréophones et entre les systèmes scolaires hébraïques et arabophone.

Cette mesure de la créativité du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) a été réalisée en 2022 dans 63 pays en marge de l’étude principale PISA, qui évalue les compétences des jeunes de 15 ans dans 81 pays en mathématiques, lecture et sciences.

Les résultats de l’étude principale 2022, marqués par une relative stabilité des élèves israéliens dans un contexte de baisse générale des résultats de par le monde attribué aux conséquences de la pandémie de COVID, ont été publiés en décembre dernier.

Les études PISA sont menées tous les deux ou trois ans par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) auprès d’États membres et non membres de l’OCDE.

La mesure de la créativité en 2022 a révélé que le pourcentage d’élèves israéliens jugés « excellents » en la matière était de 30 %, contre 27 % en moyenne au sein de l’OCDE, ce qui place Israël à la 11e place sur les 63 pays participants.

L’étude a permis de découvrir que, parmi les hébréophones, 35 % étaient « excellents » – l’un des taux les plus élevés de l’étude – contre 11 % seulement des arabophones.

Illustration – Des lycéennes arabes dans leur école, à Jérusalem. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

44 % des filles des écoles non religieuses de langue hébreu sont jugées « excellentes », contre 34 % de celles des écoles religieuses publiques, 24 % de celles des écoles ultra-orthodoxe et 13 % de celles des écoles arabophones.

Du côté des garçons, 36 % de ceux qui étaient scolarisés dans des écoles non religieuses en langue hébreu étaient « excellents » en matière de créativité, contre 34 % de ceux du système religieux public et de 9 % de ceux des écoles arabophones.

Les garçons scolarisés dans le système scolaire ultra-orthodoxe, qui met l’accent sur l’étude de la Torah et non sur les matières profanes, n’ont pas participé à cette enquête PISA.

Une majorité d’étudiants arabophones – 61 % – ont montré des « difficultés » à penser de manière créative, soit quatre fois plus que les hébraïsants de la même catégorie. Pour les garçons arabophones, le chiffre monte à 70 %.

En moyenne, 25 % des étudiants israéliens sont définis comme « ayant des difficultés » avec la pensée créative, contre 22 % en moyenne au sein de l’OCDE.

Israël se classe donc 20e sur 64 au terme de cette étude sur la créativité. Les élèves israéliens ont mieux réussi les tests « d’évaluation et amélioration des idées » et « de résolution des problèmes sociaux et scientifiques », moins bien ceux relatifs aux tâches nécessitant une « expression écrite ».

La première place va à Singapour, suivi de la Corée, du Canada, de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande, de l’Estonie, de la Finlande, du Danemark, de la Lettonie et de la Belgique. Le système scolaire de l’Autorité palestinienne, qui participe à l’étude PISA en tant qu’entité non étatique et non membre de l’OCDE, se classe 59e.

Les résultats ont été publiés par l’Autorité nationale pour la mesure et l’évaluation de l’éducation, dépendante du du ministère de l’Éducation – plus connue sous son acronyme hébreu RAMA. L’Autorité a précisé au Times of Israël que pas moins de 1 750 élèves israéliens y avaient pris part.

Chaque pays participant a reçu le même test, traduit pour Israël en hébreu et en arabe, et le test a été administré localement. Les données collectées ont ensuite été adressées à l’OCDE aux fins d’analyse, a ajouté RAMA.

Des écoles de tout le pays ont pris part à ces tests PISA, y compris des établissements professionnels sous la supervision du ministère du Travail et des écoles chrétiennes privées arabophones.

PISA a conçu un test qui « mesure la capacité des élèves à s’engager de manière productive dans la génération, l’évaluation et l’amélioration d’idées susceptibles d’aboutir à des solutions originales et efficaces, des progrès dans le domaine de la connaissance et des manifestations créatives puissantes », peut-on lire sur le site Internet de PISA.

Cette évaluation a porté sur quatre domaines, « l’expression écrite, l’expression visuelle, la résolution de problèmes sociaux et la résolution de problèmes scientifiques », peut-on lire dans la documentation mise à disposition par PISA.

Dans chaque domaine, « les élèves ont dû répondre à des questions ouvertes, soit en apportant des réponses multiples et distinctes, soit en apportant une réponse de leur cru. Ces réponses pouvaient prendre la forme d’une solution à un problème, d’un texte créatif ou d’un artefact visuel.

Analyse des résultats

On croit à tort que la créativité ne concerne que « les arts ou la création d’objets, alors que ce n’est pas la seule définition de la créativité. La créativité est la capacité à faire émerger de multiples idées et solutions », explique la professeure Anat Zohar, titulaire de la chaire de la famille Besen pour les études intégrées en éducation à l’Université hébraïque et ancienne directrice de la pédagogie au ministère de l’Éducation.

Les notes élevées des adolescents israéliens parlant hébreu dans cette étude PISA consacrée à la pensée créative ne sont « pas surprenantes, quand on connait la culture israélienne », analyse Zohar, lors d’un entretien téléphonique avec le Times of Israël.

Les résultats sont « encourageants », dit-elle, car même si le ministère de l’Éducation « a mis la créativité au programme, il ne me semble pas que la manière dont on l’enseigne suffise à expliquer des notes aussi élevées, surtout si l’on considère que dans d’autres domaines d’intérêt, nous n’avons pas d’aussi bons résultats ».

Prof. Anat Zohar de l’Université hébraïque. (Studio Zohar/autorisation)

En Israël, « on a clairement une tendance à sortir des sentiers battus, à être créatif, à regarder les choses sous tous les angles et à chercher des solutions innovantes. Je pense que c’est quelque chose d’ancré, une véritable tendance culturelle – l’esprit « Startup Nation ». Il y a quelque chose dans la culture israélienne qui encourage la créativité, la disruption », explique Zohar.

Les écarts entre hébréophones et arabophones « ne sont guère surprenants », estime Zohar. « C’est le reflet des différences entre les deux secteurs que l’on voit dans d’autres tests, PISA ou autres. En général, les résultats des hébréophones sont meilleurs, et en général, les filles arabes réussissent mieux que les garçons arabes.

« Je suis très triste et préoccupée par cet état de fait », ajoute-t-elle. Elle indique qu’au fil des ans et des gouvernements, le ministère de l’Éducation a fait son possible pour combler l’écart en mettant en œuvre plusieurs projets et initiatives, manifestement sans grand résultat.

« Il est possible d’enseigner la créativité, comme n’importe quelle autre compétence de réflexion », souligne Zohar.

La meilleure façon de faire est d’« insuffler des stratégies de réflexion dans chacun des thèmes du programme… un programme qui ne soit non pas basé sur la mémorisation et la transmission d’informations, mais sur la présentation de problèmes et de tests informatifs et intellectuellement stimulants, qui implique de la part des élèves d’apporter des solutions et travailler de manière active. »

Si sa tentative d’explication de l’écart de performance en matière de pensée créative en faveur des adolescents israéliens par la culturelle israélienne, et non le système éducatif, est avérée, alors ces résultats sont « une excellente ressource », estime Zohar.

Et si ce succès ne s’explique pas par des références explicites à la créativité en cours, « que faire pour s’améliorer encore et peut-être corriger des déséquilibres qui affectent notre système scolaire ? », conclut-elle .

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