Selon une enquête miliaire, le pilote du F-16 tué dans un crash a agi correctement
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Selon une enquête miliaire, le pilote du F-16 tué dans un crash a agi correctement

Une enquête des forces aériennes doit encore déterminer les causes de l’accident du 5 octobre qui a coûté la vie au Maj. Ohad Cohen Nov

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le Maj. Ohad Cohen Nov, 34 ans, tué dans un accident d'avion, le 5 octobre 2016 (Crédit : armée israélienne)
Le Maj. Ohad Cohen Nov, 34 ans, tué dans un accident d'avion, le 5 octobre 2016 (Crédit : armée israélienne)

La famille d’un pilote de F-16 mort il y a deux semaines lors d’un crash sur la base militaire aérienne de Ramon, dans le sud du pays, a reçu vendredi le rapport préliminaire portant sur l’accident.

Le Major Ohad Cohen Nov a été tué le 5 octobre lorsque son avion de chasse de type F-16I a pris feu au moment d’une tentative d’atterrissage, alors qu’il revenait d’une mission de bombardement dans la bande de Gaza suite à une attaque de roquettes sur Sderot perpétrée depuis Gaza.

Le navigateur – assis derrière le pilote – est parvenu à sortir de l’avion et n’a été que légèrement blessé.

Cohen Nov, 34 ans, laisse derrière lui son épouse enceinte, une petite fille, deux soeurs et ses parents. Pilote très considéré dans sa profession, il avait été promu commandant en second de l’Atalef, ou Bat, un escadron de F-16, seulement une semaine avant l’accident.

Selon l’armée, les membres de l’équipage savaient que quelque chose n’allait pas lors de la descente vers la piste de l’atterrissage. Cohen Nov avait ordonné au navigateur de s’éjecter en premier, attendant de partir en deuxième. Les deux hommes étaient parvenus à s’éjecter mais Cohen Nov n’avait pu échapper aux flammes de l’avion.

Le chef des forces aériennes israéliennes, le Major-général Amir Eshel, avait ordonné l’ouverture d’une enquête sur l’accident le jour même.

Le rapport préliminaire soumis par l’équipe d’enquête, présidée par un colonel des forces aériennes, a déclaré que l’équipage, dont Cohen Nov, a su répondre de manière appropriée à l’urgence, a fait savoir l’armée.

Il ne donne pas d’autres détails sur la cause de l’accident ou les actions entreprises par l’équipage.

Dans une déclaration faite vendredi, l’unité regroupant les porte-paroles de l’armée a fait savoir que “deux semaines après l’accident meurtrier survenu sur la base Ramon au cours duquel Ohad Cohen Nov a perdu la vie, l’équipe chargée de l’enquête militaire a soumis son rapport préliminaire, dont l’objectif est de déterminer les directions appropriées qui seront données à l’investigation et de recommander des actions immédiates sur la base de ces conclusions initiales. L’enquête se poursuit”.

Le chef des forces aériennes Eshel a ordonné « un certain nombre de dispositions immédiates pour réduire les risques lors des opérations de la flotte aérienne jusqu’à la conclusion de l’enquête », ajoute le communiqué.

An Israeli F16 readying for takeoff. (photo credit: Ofer Zidon/Flash90)
Illustration d’un F16 (Crédit : Ofer Zidon/Flash90)

Selon un expert externe, l’avion de Cohen Nov pourrait avoir volé “de façon assymétrique”, avec un obus sur une aile mais non sur l’autre.

Eran Ramot, ancien pilote de chasse et chercheur à l’Institut Fisher d’Etudes Aériennes et Stratégiques, a convenu que l’assymétrie était actuellement la théorie la plus probable susceptible d’avoir entraîné la tragédie.

Toutefois, ce seul élément ne devrait pas avoir causé l’accident, car les avions et les pilotes sont habitués à voler avec ce déséquilibre, a déclaré lors d’un entretien téléphonique Ramot au Times of Israel.

« Il y a mille et une façons d’enquêter sur un crash. Vous pouvez écouter les enregistrements, parler avec le navigateur qui était dans l’avion jusqu’à ce qu’il s’éjecte. Je présume que s’il l’a fait, c’est qu’il savait ce qu’il faisait », a dit Ramo.

“Il y a différentes techniques et des outils technologiques très avancés pour vérifier les systèmes de l’avion”, a-t-il ajouté.

Jusqu’au terme de l’enquête, il est peu utile de spéculer sur les causes présumées du crash, souligne Ramot. Il n’apparaît pas qu’il ait été abattu sous les feux d’un ennemi ou d’une quelconque force exérieure, a-t-il expliqué.

« Mais tout est possible », avait-il conclu.

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