Selon une étude, les universités de New-York et de Californie sont des ‘points chauds’ de l’activité anti-israélienne et antisémite sur les campus
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Selon une étude, les universités de New-York et de Californie sont des ‘points chauds’ de l’activité anti-israélienne et antisémite sur les campus

L’étude réalisée par Brandeis sur 50 campus américains révèle que l’un des plus forts indices de climat hostile envers les Juifs et Israël est le groupe actif "Students for Justice in Palestine"

Une affiche appelant au boycott d'Israël au cours d'une manifestation anti-Israël, à San Francisco, en avril 2011. Illustration. (Crédit : CC BY-dignidadrebelde/Flickr)
Une affiche appelant au boycott d'Israël au cours d'une manifestation anti-Israël, à San Francisco, en avril 2011. Illustration. (Crédit : CC BY-dignidadrebelde/Flickr)

L’Université de la Ville de New York à Brooklyn, la Northwestern University et de nombreuses facultés dépendant du système de l’Université de Californie figurent parmi les campus les plus hostiles à l’égard des étudiants juifs, avec de forts taux de harcèlement antisémite et d’activité anti-israélienne.

Selon une étude majeure réalisée à l’Université de Brandeis rendue publique ce mois-ci et consacrée au sentiment antisémite et anti-israélien sur les campus, ces Universités ont été considérées comme des ‘points chauds’ concernant de telles activités.

L’étude a été conduite par des chercheurs du Centre Maurice et Marilyn Cohen d’études modernes juives et a été basée sur les conclusions d’une enquête réalisée au printemps 2016 parmi des étudiants de premier cycle sur 50 campus américains. Tous les étudiants sélectionnés pour cette étude étaient des candidats américains au programme Birthright-Israel (Taglit), qu’ils aient déjà réalisé leur voyage gratuit de 10 jours en Israël ou non.

Sur les plus de 19 000 enquêtes envoyées aux candidats de Birthright, 4 010 ont été complétées, ce qui a fourni la base de l’étude.

Selon le rapport, les campus n’ont pas été sélectionnés au hasard « mais ont été échantillonnés à dessein sur la taille estimée de la population juive sur le campus, la diversité géographique, le statut public/privé, la sélectivité, et la preuve préalable de hauts niveaux d’antisémitisme ou d’hostilité anti-israélienne ».

Sur les campus universitaires qualifiés de « points chauds », une majorité des étudiants juifs sondés ont déclaré qu’ils « percevaient un environnement hostile envers Israël », un quart disant qu’ils ressentaient « un environnement général d’hostilité envers les Juifs » sur leurs campus respectifs.

Le rapport établit que les forts taux de harcèlement antisémite et d’hostilité sur ces campus « sont largement dirigés par l’hostilité envers Israël ».

Sur d’autres campus universitaires américains, comme ceux du Wisconsin, de Rutgers et de l’llinois, l’hostilité et les harcèlements antisémites sont considérés comme élevés mais ne semblent pas fortement connectés à la critique d’Israël, affirme le rapport. « Dans ces écoles, les stéréotypes et les tropes antisémites plus traditionnels, plutôt que la critique de la politique d’Israël, semblent conduire l’hostilité perçue envers les Juifs ».

Le rapport cite une autre étude réalisée cette année par l’initiative AMCHA, qui trace et enquête sur les incidents antisémites survenant dans les campus, et qui a établi que “57 % des 113 écoles américaines [étudiées] avec les plus grandes proportions d’étudiants juifs de premier cycle ont enregistré des incidents impliquant le ciblage des Juifs qui sont visés par les préjudices, l’expression antisémite ou l’activité de BDS.”

L’un des plus forts indicateurs d’un environnement hostile envers les Juifs et Israël sur les campus, selon l’étude de Brandeis, « est la présence d’un groupe actif de l’association Students for Justice in Palestine (SJP). »

Un élève de l’Université de Rutgers, qui a été sondé pour les besoins de l’enquête, a évoqué un incident impliquant l’association SJP durant la Semaine de l’Apartheid d’Israël organisée sur les campus américains.

Des membres de la SJP “se sont placés devant le réfectoire en arborant des tee-shirts blancs avec une éclaboussure rouge “sang”.

Ils brandissaient des pancartes où était écrit « c’est ce que les Juifs nous ont fait ». Je me suis senti harcelé à l’extrême, même si ce n’était pas personnellement envers moi. Lorsque je me suis tenu là, j’ai vu la haine complète qu’ils ressentaient à l’égard de tous les Juifs qui passaient par là. Il y avait même certaines personnes, appartenant à la SJP, qui hurlaient des insultes et levaient le doigt du milieu aux Juifs qui se tenaient simplement à côté d’eux. »

Un autre jeune étudiant de la Northeastern University confie que la vie sur le campus est devenue « risquée » lorsqu’un groupe a « placardé des avis d’éviction sur les portes des chambres des étudiants Juifs ». L’incident, et d’autres similaires, aurait été l’ouvrage de membres de la SJP, selon la presse.

D’autres incidents relatifs à l’antisémitisme général : Un élève de l’Université de l’Etat de l’Ohio a déclaré qu’alors qu’il se trouvait dans sa chambre, un(e) inconnu(e) « a ouvert la porte sur mon voisin de chambre qui dessinait une swastika sur ma porte ».

Selon l’étude, environ 75 % des personnes interrogées ont confié avoir entendu des remarques hostiles envers Israël et plus de 20 % « ont écopé de reproches pour les actions d’Israël parce qu’elles sont juives ».

Environ un tiers des sondés ont confié qu’ils avaient assisté à « certaines formes de harcèlement antisémite, souvient lié à Israël ».

A l’Université de l’Illinois et à Université du Texas, 22 % des étudiants interrogés ont dit avoir été la cible d’une attaque personnelle de type antisémite ou de harcèlement. Ils sont 30 % dans le système de l’Université de Californie à avoir été personnellement ciblés par une agression antisémite ou à y avoir assisté. 40 % disent avoir été témoins d’une attaque sur un réseau social.

Une majorité des agressions ou de l’hostilité exprimée émane d’autres étudiants, selon l’étude, avec une proportion non-significative initiée de la part de la faculté ou d’autres membres du campus.

L’étude a également documenté les sentiments personnels des étudiants concernant leurs interventions parlées sur Israël et le conflit israélo-palestinien et les effets de leur expérience sur leur connexion avec Israël.

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