Semaine de travail de 2 jours pour sauver l’économie et contrer le virus – Etude
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Semaine de travail de 2 jours pour sauver l’économie et contrer le virus – Etude

Selon le modèle épidémiologique de l'Institut Weizmann, si le confinement cyclique éradique le virus plus lentement, il assure le fonctionnement des principaux secteurs économiques

Luke Tress est le vidéojournaliste et spécialiste des technologies du Times of Israël

Un homme marche dans la rue Jaffa, dans le centre de Jérusalem, le 28 mars 2020. (Nati Shohat/Flash90)
Un homme marche dans la rue Jaffa, dans le centre de Jérusalem, le 28 mars 2020. (Nati Shohat/Flash90)

Des chercheurs israéliens ont suggéré de maintenir l’économie en vie pendant la pandémie de coronavirus en adoptant un horaire de travail intermittent.

Un programme hebdomadaire de deux jours de travail, suivi de cinq jours de confinement, permettrait d’endiguer la propagation du virus tout en permettant à l’économie de continuer à fonctionner, ont déclaré les chercheurs de l’Institut Weizmann des Sciences.

Un tel calendrier permettrait de concilier économie et confinement, et est plus durable qu’un confinement économique total, mais il faudrait plus de temps pour éradiquer complètement le virus.

Chaque personne contaminée transmettrait le virus, en moyenne, à moins d’une autre personne en réduisant son exposition à d’autres personnes, ce qui provoquerait à terme la disparition du virus. Le porteur moyen de coronavirus contamine actuellement deux personnes ou plus sans confinement, ont déclaré les chercheurs.

Cette stratégie ne conduirait pas à une immunité de groupe, qui provoquerait un nombre beaucoup plus important de décès en contaminant une large partie de la population.

Une semaine de travail de quatre jours, suivie d’un confinement de dix jours, serait encore plus efficace, car la plupart des gens semblent être contagieux pendant trois ou quatre jours environ, à partir de trois ou quatre jours après l’exposition. Les personnes contaminées sur leur lieu de travail deviendraient alors moins contagieuses pendant le confinement.

Les personnes qui développeraient des symptômes, et seraient donc plus contagieuses, resteraient chez elles pendant le prochain cycle de travail.

Des soignants travaillant dans la nouvelle unité du COVID-19 à l’hôpital Shaare Zedek de Jérusalem, le 31 mars 2020. (Crédit : Nati Shohat/FLASH90)

Selon ce calendrier, toute la population sortirait en même temps du confinement, mais en respectant une hygiène stricte. Les personnes en quarantaine et celles appartenant à des groupes à haut risque resteraient confinées en permanence.

Les enfants seraient autorisés à aller à l’école et à la garderie les jours de « travail ».

Les jours de repos, les espaces publics seraient désinfectés et les autorités sanitaires pourraient procéder à des tests et à la recherche des contacts au virus afin de réduire encore sa propagation.

Suivre un tel calendrier permettrait à l’économie de continuer à tourner à 40 % de sa capacité jusqu’à ce que de meilleurs traitements ou un vaccin soient mis au point.

Des secteurs économiques clés pourraient être préservés, et cela bénéficierait psychologiquement à des personnes qui seraient autrement au chômage. Elle réduirait le licenciement pur et simple des employés et l’incertitude.

Une stratégie cyclique pourrait fonctionner dans les régions ne disposant pas de capacités de test suffisantes, si le calendrier était maintenu, ont déclaré les chercheurs.

Un tel plan serait relativement peu risqué, car s’il ne fonctionne pas, les autorités pourraient revenir à un confinement total ou à d’autres stratégies de confinement.

La rue Dizengoff, déserte, à Tel Aviv, le 30 mars 2020. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Le plan est basé sur un modèle mathématique épidémiologique développé par les chercheurs de l’Institut Weizmann, le professeur Uri Alon, un biologiste des systèmes, Omer Karin et Yael Korem-Kohanim, et l’ingénieur informaticien Boaz Dudovich de la société technologique Applied Materials.

La pandémie de coronavirus a largement paralysé l’économie israélienne, plus d’un million d’Israéliens cherchant à bénéficier d’allocations chômage pour la première fois dans l’histoire de l’État.

Près de 870 000 personnes se sont inscrites au chômage en mars. Quelque 160 000 d’entre elles étaient déjà au chômage.

Le chiffre stupéfiant s’élève à 24,6 % de la main-d’œuvre israélienne. Il y a seulement un mois, avant l’épidémie de coronavirus, le chômage en Israël était à un niveau record de moins de 4 %.

Israël a dévoilé un plan de sauvetage économique de 80 milliards de shekels (20 milliards d’euros) pour aider l’économie à survivre à la pandémie.

Le virus a contaminé plus de 6 000 Israéliens et en a tué 31.

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