Selon un journal haredi, Netanyahu pourrait perdre le pouvoir à cause du service militaire
Comparant le Premier ministre à Winston Churchill, Yated Neeman a laissé entendre que les partis ultra-orthodoxes pourraient ne plus soutenir la coalition

La longue et trépidante carrière de Benjamin Netanyahu en tant que Premier ministre touche peut-être à sa fin, a laissé entendre Yated Neeman, le journal de la faction ultra-orthodoxe Degel Hatorah à la Knesset, dans un éditorial intitulé « Leçons du passé » publié mercredi en première page.
Degel Hatorah est l’une des deux factions qui composent le parti Yahadout HaTorah, un allié clé de Netanyahu.
Comparant le Premier ministre au grand leader britannique de la Seconde Guerre mondiale, Winston Churchill, l’éditorial souligne que ce dernier était « un grand homme d’État, un politicien respecté et un brillant commandant » qui avait prévu les menaces que d’autres avaient écartées et « conduit la Grande-Bretagne à la victoire dans la guerre contre l’ennemi cruel qui menaçait son pays et le monde ».
Mais ensuite, sa popularité a décliné. « Grisé par la victoire, il a sous-estimé l’intensité des troubles et a fait des promesses de changement vides de sens. Il n’a pas écouté les besoins d’un peuple épuisé et, au lieu de réparer les dégâts chez lui, il leur a vendu des discours de victoire. »
« Il est rapidement devenu évident que, quelle que soit la brillante et talentueuse performance qu’il ait pu réaliser pendant la guerre, cela n’a pas suffi à faire de lui un ‘leader’. En effet, si certaines personnes pensaient que Churchill était la bonne personne pendant la guerre, elles comprenaient également qu’il n’était pas exactement le leader qu’il fallait pour l’après-guerre. »
Yated Neeman a rappelé que « son rival politique, le parti du Labour, était en train de construire discrètement un gouvernement alternatif ».
Quelques mois après avoir mené le Royaume-Uni à la victoire sur l’Allemagne nazie, Churchill a été évincé du pouvoir par un public britannique davantage préoccupé par l’avenir de l’après-guerre que par les exploits de la guerre.
Les partis ultra-orthodoxes Yahadout HaTorah et Shas ont exprimé leur profonde frustration à l’égard de Netanyahu pour son incapacité à faire adopter une loi exemptant les ultra-orthodoxes étudiant en yeshiva du service militaire obligatoire, une revendication majeure des deux partis.
Mardi, un haut responsable politique ultra-orthodoxe s’exprimant sur la radio Kan a déclaré que ses alliés avaient « perdu confiance » dans la coalition sur la question de la conscription des ultra-orthodoxes, alors qu’ils attendent que le président de la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, Yuli Edelstein, présente enfin son projet de loi révisé sur l’enrôlement aux députés.
« Tout ce qui nous avait été promis à la veille de l’attaque contre l’Iran a été annulé. Nous avons perdu confiance en eux », a déclaré la source à la chaîne nationale.
Yahadout HaTorah et Shas ont tous deux engagé un boycott législatif jusqu’à ce qu’Edelstein présente son projet de loi aux parlementaires.







