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Shabtai solidaire du policier qui a lancé une grenade incapacitante sur la foule

Le chef de la police se dit en phase avec le comportement de ses agents lors d’une manifestation contre le gouvernement à Tel Aviv, sans exclure l'enquête interne en cours

Un policier lance une grenade paralysante pendant une manifestation contre la réforme judiciaire, à Tel-Aviv, le 1er mars 2023. (Capture d’écran/Twitter)
Un policier lance une grenade paralysante pendant une manifestation contre la réforme judiciaire, à Tel-Aviv, le 1er mars 2023. (Capture d’écran/Twitter)

Selon la Treizième chaine, le chef de la police Kobi Shabtai aurait appelé le policier filmé en train de lancer une grenade incapacitante sur la foule lors de la manifestation anti-gouvernement de mercredi pour lui exprimer son soutien.

Le lendemain, le Département des enquêtes internes de la police a ouvert une enquête sur le comportement de Meir Suisa, officier supérieur du district de Tel Aviv.

Des vidéos le montrent, très tranquille, en train de lancer une grenade sur les manifestants, alors même que le règlement l’interdit.

Des dizaines de ces grenades ont été utilisées par les policiers lors de la manifestation de Tel Aviv contre le projet de réforme du système judiciaire, la plus importante de ce que les organisateurs ont qualifié de « journée de perturbation », qui a rassemblé des dizaines de milliers de personnes.

La police reproche aux manifestants d’avoir fait preuve de violence lorsque les policiers ont voulu les empêcher de continuer à bloquer les routes, les forçant à recourir à des moyens plus radicaux.

Les manifestants nient ces accusations, affirmant que c’est en fait la police qui s’est comportée de manière violente, ce qui a conduit à l’hospitalisation de 11 manifestants, dont un homme qui a dû subir une intervention chirurgicale pour greffer son oreille arrachée par une grenade assourdissante.

Lors de la cérémonie de remise des diplômes des nouveaux agents, hier jeudi, Shabtai est resté diplomate, affirmant que le droit de manifester était indissociable de la démocratie israélienne et que la police israélienne le respectait.

« Toutefois, les violences et troubles à l’ordre public de grande ampleur sont inacceptables, et il est de mon devoir, en tant que chef de la police, de ne tolérer aucune agression envers les effectifs de police », a-t-il déclaré.

« Je remercie les policiers pour leur travail et les soutiens dans leur action », a poursuivi Shabtai.

« Cela ne nous dispense toutefois pas d’enquêter en interne et de tirer les enseignements nécessaires. »

Le chef de la police a poursuivi en disant que 11 policiers avaient été blessés lors des manifestations de mercredi et leur a souhaité un prompt rétablissement.

Le service d’urgence du Magen David Adom n’a signalé aucun policier évacué et l’hôpital Ichilov de Tel Aviv n’a pas compté de policiers parmi ses patients le jour de la manifestation.

Dan Peled, qui vit à Tel Aviv, fait lui partie des personnes hospitalisées suite à une blessure occasionnée par une grenade assourdissante de la police.

L’homme de 36 ans a déclaré à la Treizième chaine que « sans raison apparente, les policiers avaient commencé à se précipiter vers nous en lançant des grenades ».

« J’ai pris un coup à l’épaule, ce qui a causé une grave brûlure et une énorme ecchymose », a-t-il ajouté.

« La police ne devrait jamais tirer sur les manifestants. Nous sommes venus manifester parce que nous aimons notre pays et que nous sommes très inquiets de ce qui se passe. »

Le député Itamar Ben Gvir, à gauche, et le chef de la police, Kobi Shabtaï, assistant à une réunion de la commission des Arrangements à la Knesset, à Jérusalem, le 14 décembre 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Une cinquantaine de personnes au total ont été arrêtées au cours des manifestations de mercredi.

Jeudi, toutes avaient été remises en liberté, à l’exception d’un suspect qui aurait tenté de s’emparer de l’arme d’un agent.

Lors de sa comparution au tribunal de première instance de Tel Aviv pour autoriser sa mise en détention provisoire, jeudi, le juge a relevé des manques dans le récit de la police.

L’agent de police a en effet déclaré au tribunal que le suspect portait une chemise brune, alors que le détenu portait un vêtement gris.

Le juge a néanmoins accepté de prolonger sa détention provisoire de 24 heures.

Jeudi également, le ministre de la Sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir, en charge de la police, a exprimé son soutien aux policiers qui ont encadré les manifestations de grande ampleur.

Ces manifestations se sont déroulées au moment-même où la Commission de la Constitution, du Droit et de la Justice de la Knesset approuvait en première lecture, et en plénière, un projet de loi destiné à restreindre la compétence de la Cour Suprême pour invalider les lois, sous les huées de l’opposition envers le président de la Commission, le député Simcha Rothman, pour sa gestion du processus législatif.

Les opposants à la réforme estiment qu’elle affaiblira l’assise démocratique d’Israël, supprimera un élément clé de ses contrepouvoirs et privera les minorités de toute protection. Ses partisans, en revanche, assurent qu’elle est indispensable pour réfréner l’activisme de la Cour Suprême.

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