Shaffir offre d’abandonner sa place sur la liste de gauche pour sauver l’union
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Shaffir offre d’abandonner sa place sur la liste de gauche pour sauver l’union

La députée du Camp démocratique dit qu'elle accepte de passer de la 2e à la 3e place si cela signifie que la fusion des 3 partis est maintenue pour le prochain scrutin

La députée Stav Shaffir remercie les partisans après l'annonce des résultats des primaires du parti Travailliste à Tel Aviv, le 11 février 2019 (Crédit : Gili Yaari/Flash90)
La députée Stav Shaffir remercie les partisans après l'annonce des résultats des primaires du parti Travailliste à Tel Aviv, le 11 février 2019 (Crédit : Gili Yaari/Flash90)

La députée Stav Shaffir, qui avait récemment menacé de se présenter en tant qu’indépendante lors des prochaines élections en raison d’une querelle avec le parti du Meretz, l’un des partenaires du Camp démocratique, alliance de trois formations de gauche, a finalement offert d’abandonner la deuxième place sur la liste conjointe pour tenter de préserver cette union.

Des dissensions étaient apparues entre Shaffir et Nitzan Horovitz, le numéro un du Meretz, leader de faction du Camp démocratique qui comprend également le parti des Verts de Shaffir et le Parti démocrate israélien d’Ehud Barak.

Les trois formations s’étaient présentées ensemble lors du scrutin du mois de septembre, gagnant cinq sièges. Toutefois, depuis lors, Shaffir n’a cessé de clamer que le Meretz avait violé les accords passés avec ses autres partenaires et qu’elle se présenterait en indépendante aux côtés de son parti Vert lors du vote du 2 mars.

Samedi, dans un courrier adressé à Horovitz, Shaffir a néanmoins offert de renoncer à sa place de numéro deux sur la liste du Camp démocratique, suggérant qu’elle soit plutôt occupée par un Arabe israélien pour garantir une bonne représentation de la communauté. Tous les autres noms figurant sur la liste, dont le sien, perdraient donc tous une place – Shaffir étant troisième. Elle a demandé également que sur chaque dix places de la liste, cinq soient occupés par des femmes.

« Il n’est pas encore trop tard pour maintenir le partenariat et prendre la tête d’une formidable union qui redonnera de l’espoir à notre camp », a écrit Shaffir à Horovitz.

« Dans les jours à venir, j’ai l’intention de faire tous les efforts possibles pour préserver notre partenariat pour le bien du pays et pour empêcher un scénario dans lequel la rupture du Camp démocratique » soit susceptible d’entraîner le non-franchissement du seuil électoral pour un parti de gauche ou davantage, a-t-elle continué dans sa lettre.

La députée Stav Shaffir remercie les partisans après l’annonce des résultats des primaires du parti Travailliste à Tel Aviv, le 11 février 2019. (Crédit : Gili Yaari/Flash90)

Des sources proches du Meretz ont fait savoir que Shaffir s’était vue offrir la sixième place sur la liste du Camp démocratique, ce qui, selon les sondages, lui ferait perdre son siège à la Knesset.

Toutefois, des sources proches de Shaffir ont laissé entendre qu’elle n’avait pas reçu une telle offre jusqu’à présent, a fait savoir Ynet. Les sources ont précisé qu’un refus par Shaffir de cette « offre généreuse » enverrait le message clair que le Meretz « cherche à fracturer le Camp démocratique ».

Shaffir, qui s’était distinguée auprès du public en prenant la tête de manifestations en faveur de la justice sociale en Israël en 2011, avait quitté le parti Travailliste pour rejoindre le Camp démocratique après que le leader vétéran de la formation, Amir Peretz, a exclu toute fusion avec les partis de gauche suite à son alliance avec Orly Levy-Abekasis et sa faction Gesher de centre-droit avant le précédent scrutin.

En se présentant en indépendant, certains des trois partis – voire tous – auraient pris le risque de ne pas franchir le seuil électoral d’entrée à la Knesset, fixé à 3,25 % et qui représente quatre sièges.

Fusion à droite

Les personnalités de droite ont également évoqué des possibilités de fusion, le Premier ministre Benjamin Netanyahu appelant, samedi, les trois partis à la droite du Likud à s’unir.

« La droite ne pardonnera pas à [Naftali] Bennett, [Bezalel] Smotrich, et [Rafi] Peretz s’ils ne parviennent pas à s’unir dans une seule liste », a écrit Netanyahu sur Twitter, se référant aux dirigeants de HaYamin HaHadash, de l’Union nationale et de HaBayit HaYehudi respectivement.

« Deux listes tomberont probablement en deça du seuil électoral et précipiteront la venue d’un gouvernement de gauche », a-t-il écrit apparemment en référence à l’alliance entre l’Union nationale et Otzma Yehudit.

HaBayit HaYehudi, qui a déjà déclaré son intention de fusionner avec le parti d’extrême droite Otzma Yehudit, a fait écho à Netanyahu, en tweetant un appel à Bennett et Smotrich pour qu’ils rejoignent leurs partis et forment « un grand parti HaBayit HaYehudi ».

« L’expérience passée nous a appris que notre public n’aime pas les divisions et qu’il nous sanctionne pour cela », a tweeté HaBayit HaYehudi. « Les prochaines élections sont cruciales pour tout le camp de la droite et nous ne devons pas les prendre à la légère. »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) et le ministre de la Défense Naftali Bennett visitent une base militaire sur le plateau du Golan qui surplombe le territoire syrien, le 24 novembre 2019. (Crédit ; Atef Safadi/Pool/AFP)

Otzma Yehduit a déclaré dans un communiqué que les préoccupations de Netanyahu étaient justifiées à la lumière des « jeux d’ego et des insultes de certains partis de droite ».

HaYamin HaHadash a tweeté en réponse qu’elle « comprend les préoccupations de Netanyahu », mais a déclaré qu’elle s’efforçait d’éloigner les électeurs du centre-gauche Kakhol lavan ainsi que du parti laïc de droite Yisrael Beytenu.

Les sondages publiés jeudi par les deux principales chaînes de télévision d’information ont donné au Camp démocratique quatre sièges et à HaYamin HaHadash six à huit sièges. L’Union nationale et l’alliance HaBayit HaYehudi-Otzma Yehudit ne parviendraient pas à entrer à la Knesset si elles faisaient cavalier seul, selon la Douzième chaîne, mais obtiendraient quatre sièges si ils se présentaient ensemble.

Le 2 mars, Israël se dirigera vers sa troisième élection en moins d’un an, après que les deux tours de scrutin précédents n’aient produit qu’une impasse politique. Les sondages ont prédit que le vote à venir ne permettra toujours pas de sortir de l’impasse.

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