Shaked, à la tête de HaYamin HaHadash, prône la fusion des listes de droite
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Shaked, à la tête de HaYamin HaHadash, prône la fusion des listes de droite

Après que HaYamin HaHadash a échoué à franchir le seuil électoral en avril, l'ex-ministre indique que les fusions "sont l'assurance-vie de la droite idéologique"

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Ayelet Shaked lors d'une conférence de presse à Ramat Gan, où elle a annoncé qu'elle avait pris la direction du parti HaYamin HaHadash, le 21 juillet 2019. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)
Ayelet Shaked lors d'une conférence de presse à Ramat Gan, où elle a annoncé qu'elle avait pris la direction du parti HaYamin HaHadash, le 21 juillet 2019. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Prenant les rênes de HaYamin HaHadash des mains de Naftali Bennett dimanche, Ayelet Shaked a appelé les autres factions de son bloc politique à s’unir sous sa gouvernance en amont des prochaines élections du mois de septembre.

« Les fusions seront les politiques d’assurance-vie de la droite idéologique », a déclaré Shaked lors d’une conférence de presse organisée à Ramat Gan au cours de laquelle elle a annoncé, sous les acclamations, avoir pris la tête de la formation devant des dizaines de partisans.

Au mois d’avril, l’ex-ministre de la Justice s’était présentée en tant que co-dirigeante de HaYamin HaHadash, mais elle se trouvait derrière Bennett sur la liste du parti – auquel il avait manqué environ 1500 voix pour franchir le seuil électoral d’entrée à la Knesset.

Et aujourd’hui à la barre de la formation, elle tente d’empêcher un nouvel échec en s’alliant avec d’autres factions de droite.

« J’appelle les chefs des partis se situant idéologiquement à la droite du Likud à s’unir. Les différences qui nous séparent sont négligeables face aux défis qui se trouvent devant nous », a clamé Shaked.

Ayelet Shaked et Naftali Bennett lors d’une conférence de presse à Ramat Gan, où Shaked a annoncé qu’elle avait pris la direction du parti HaYamin HaHadash, le 21 juillet 2019 (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Les spéculations sont allées bon train, ces derniers mois, sur l’avenir politique de cette populaire ex-ministre de la Justice. Après la défaite électorale de HaYamin HaHadash, les collègues de Shaked avaient indiqué qu’elle était sur le point de rejoindre le Likud.

Une possibilité qui aurait été écartée par l’épouse du Premier ministre Benjamin Netanyahu, Sara, qui, selon les rumeurs, se serait querellée avec Shaked et Bennett quand les deux travaillaient pour le leader du Likud entre 2006 et 2008.

La possibilité d’une présentation sur la liste du Likud s’évanouissant, Shaked s’était entretenue ces dernières semaines avec Bennett ainsi qu’avec Rafi Peretz, dirigeant de l’Union des partis de droite, alors qu’elle cherchait à revenir en politique en tant que leader d’une faction.

Jusqu’à présent, Peretz aura résisté à l’idée de se retirer pour laisser la place à Shaked, et ce malgré de récents sondages qui ont indiqué que l’ex-ministre de la Justice rapporterait plus de suffrages que le ministre de l’Education actuel, plus novice.

Peretz a par ailleurs suscité deux tempêtes politiques ces dernières semaines pour avoir qualifié le taux de mariages mixtes chez les Juifs américains de « seconde Shoah » et en affirmant qu’il avait envoyé des étudiants suivre des thérapies de conversion pour les homosexuels, une pratique qui, selon lui, avait porté ses fruits. Il avait plus tard fait volte-face, clamant être opposé à cette méthode pseudo-scientifique.

Peretz avait toutefois estimé qu’il serait inapproprié qu’une femme laïque comme Shaked prenne la tête de sa formation nationale-religieuse.

Le leader de l’Union des partis de droite avait été soutenu en cela par un groupe d’éminents rabbins de son camp qui avaient dénoncé la perspective de voir une femme – religieuse ou laïque – à la tête d’un parti politique.

Ayelet Shaked lors d’une conférence de presse à Ramat Gan, où Shaked a annoncé qu’elle avait pris la direction du parti HaYamin HaHadash, le 21 juillet 2019 (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Shaked s’est exprimée sur ces réserves lors de la conférence de presse de dimanche : « Pour les prochaines élections, il n’y avait aucun parti dirigé par une femme. Et aujourd’hui, il y en a un », a-t-elle déclaré sous les applaudissements de ses soutiens.

Si Shaked n’a pas encore dit son dernier mot sur une alliance avec Peretz, elle aura trouvé en Bennett un partenaire plus volontaire, qui a été le premier à s’écarter pour lui laisser la place.

Présentant Shaked à Ramat Gan, Bennett a expliqué qu’après les élections, « j’ai reconnu mes responsabilités concernant les résultats. Et je fais aujourd’hui ce que je dois faire ».

En plus de l’Union des partis de droite, Shaked cherchera également à intégrer Otzma Yehudit et le parti Zehut dans son alliance.

Otzma Yehudit a salué le changement survenu au sein de HaYamin HaHadash dans un communiqué émis peu après la conférence de presse de Shaked, prédisant qu’il « y aura bientôt des alliances plus importantes à évoquer ».

« Quoiqu’il en soit, il est clair qu’il y a une chose aujourd’hui sur laquelle tout le monde est d’accord : Si Otzma Yehudit devait ne pas recevoir les places réservées sur la liste d’union que le parti mérite, nous pourrions bien, Dieu nous en préserve, nous réveiller avec un gouvernement de gauche ».

Depuis le scrutin d’avril, les relations entre Peretz et Otzma Yehudit ont tourné au vinaigre, la faction d’extrême-droite annonçant avoir l’intention de se présenter seul au mois de septembre.

Les disciples auto-proclamés du rabbin extrémiste Meir Kahane ont affirmé que le président de l’Union des partis de droite n’avait pas respecté sa part de l’accord, qui exigeait sa démission ainsi que celle du numéro deux du parti Bezalel Smotrich, après la nomination des deux hommes à des postes de ministre, pour permettre au candidat d’extrême-droite Itamar Ben-Gvir d’intégrer la Knesset.

Pour sa part, Peretz a affirmé qu’avec la dissolution du Parlement israélien au mois de mai, il n’y avait pas eu d’opportunité pour adopter une législation permettant à plus d’un ministre, dans le même parti, de démissionner et de donner sa place à un candidat situé plus bas dans la liste.

En ce qui les concerne, Ben-Gvir et Shaked ont conservé de bons rapports, se rencontrant en tête à tête à plusieurs occasions ces dernières semaines.

Shaked estimerait que si elle se trouve en capacité d’intégrer Otzma Yehudit dans une liste placée sous sa direction en offrant à la formation des places plus importantes que cela n’avait été le cas lors du scrutin du mois d’avril, Peretz n’aura d’autre choix que de rejoindre son parti unifié.

Pour Zehut, Shaked a parlé dimanche soir et pendant plusieurs minutes de l’importance de la politique de libre-échange, utilisant une rhétorique qui soulignait la « liberté » – une notion que le président du parti libertaire Moshe Feiglin a défendu avec force ces derniers mois comme ces dernières années.

Tandis que Netanyahu prône les fusions entre les partis de droite et qu’il a personnellement orchestré celle entre les factions HaBayit HaYehudi, de l’Union nationale et d’Otzma Yehudit, un responsable de l’Union des partis de droite, proche de Peretz, a confirmé dimanche au Times of Israel que le Premier ministre s’était opposé à une alliance plus large entre HaYamin HaHadash et l’Union des partis de droite, téléphonant dimanche à Peretz à trois reprises en lui recommandant vivement de rejeter Shaked.

Le ministre de l’Education sortant Naftali Bennett, à gauche, parle avec le nouveau ministre de l’Education Rafi Peretz au cours d’une cérémonie à Jérusalem, le 26 juin 2019 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Ce responsable qui s’est exprimé auprès du Times of Israel a expliqué que Netanyahu s’opposait à la possibilité d’un seul parti à la droite du Likud, une telle alliance étant susceptible de prendre des sièges au Likud et d’empêcher le Premier ministre de diriger la formation la plus importante.

Le responsable a par ailleurs supposé que Netanyahu pourrait vouloir que HaYamin HaHadash se présente seul afin de prendre des suffrages à Yisrael Beytenu.

Les deux partis ont lutté, ces derniers mois, contre certains des positionnements plus radicaux sur les questions de la religion et de l’Etat, mais une fusion entre HaYamin HaHadash et l’Union des partis de droite permettrait probablement de détourner l’attention de cette question en laissant à Yisrael Beytenu plus d’espace pour en contrôler le narratif.

Le président du parti, Avigdor Liberman, est de plus en plus considéré comme un arbitre au cours du prochain scrutin après avoir refusé de rejoindre la coalition de Netanyahu en raison de désaccords avec les formations ultra-orthodoxes.

Netanyahu chercherait à garder HaYamin HaHadash et l’Union des partis de droite séparés, comme cela avait été le cas pendant le vote d’avril. Au cours d’une rencontre avec Peretz, tard dans la soirée, le Premier ministre devait pousser Peretz à faire revenir la faction d’extrême-droite d’Otzma Yehudit au bercail, selon le responsable.

Pour sa part, Netanyahu a affirmé dimanche qu’il ne s’impliquerait pas dans ces tractations et il a même annulé une réunion prévue avec Peretz dans la soirée à son bureau.

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