Sharansky au régulateur israélien : Fermez les options binaires “répugnantes et immorales”
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‘Les nuisances aux victimes, aux demandeurs d’emploi trompés et qui sont impliqués et contaminés, et à l’Etat d’Israël sont profondes’

Sharansky au régulateur israélien : Fermez les options binaires “répugnantes et immorales”

Le chef de l’Agence juive appelle tous les immigrants à rester éloignés de l’industrie, “qui utilise des méthodes immorales pour attirer des victimes innocentes”

Natan Sharansky, président de l'Agence juive, devant la Vieille Ville de Jérusalem. (Crédit : Oren Fixler/Flash90)
Natan Sharansky, président de l'Agence juive, devant la Vieille Ville de Jérusalem. (Crédit : Oren Fixler/Flash90)

Qualifiant l’industrie des options binaires d’Israël de « répugnante », « immorale » et profondément nuisible au pays, Natan Sharansky a appelé lundi le régulateur israélien à faire tout ce qui était en son pouvoir pour la fermer.

Sharansky, qui dirige l’Agence juive, l’organisation cruciale qui est responsable de l’immigration et de l’intégration des juifs de la Diaspora en Israël, a déclaré que l’Agence alerte tous les immigrants et d’autres employés potentiels pour qu’ils restent éloignés de l’industrie, « qui utilise des méthodes immorales pour attirer des victimes innocentes. »

Dans un communiqué publié au lendemain de la déclaration au Times of Israël du président de l’Autorité des titres d’Israël, Shmuel Hauser, qui affirmait que l’arnaque mondiale perpétrée par des entreprises israéliennes nuisait énormément à la réputation d’Israël et qui a promis de réprimer l’industrie frauduleuse, Sharansky a déclaré qu’il avait été « consterné d’apprendre la large manipulation perpétrée contre des personnes naïves et innocentes par des entreprises qui vendent des services de transactions d’options binaires. »

Sharansky a déclaré que l’Agence juive avait « constamment dirigé nos professionnels à rejeter les offres d’emploi provenant d’entreprises d’options binaires, et à alerter tous les immigrants et d’autres employés potentiels contre l’emploi dans cette industrie, qui utilise des méthodes immorales pour attirer des victimes innocentes. »

Il a ajouté qu’il écrirait au Conseil des associations d’immigrants en Israël, pour lui demander de faire la même chose.

« Les nuisances aux victimes, aux demandeurs d’emploi trompés et qui sont impliqués et contaminés, et à l’Etat d’Israël sont profondes », a déclaré Sharansky, ancien prisonnier de Sion en ex-URSS, ancien député et ancien ministre. « J’appelle l’autorité de régulation à faire ce qu’elle peut pour empêcher cette industrie répugnante d’agir depuis Israël. »

Le président de l'Agence juive, Nathan Sharansky rejoint la famille Ammar pour allumer la troisième bougie de Hanukka pendant une cérémonie d'accueil de dizaines d'immigrants juifs de France en Israël, le 8 décembre 2015. (Crédit : Nathan Roi/Agence juive pour Israël)
Le président de l’Agence juive, Nathan Sharansky rejoint la famille Ammar pour allumer la troisième bougie de Hanukka pendant une cérémonie d’accueil de dizaines d’immigrants juifs de France en Israël, le 8 décembre 2015. (Crédit : Nathan Roi/Agence juive pour Israël)

Le Times of Israël a détaillé ces derniers mois la fraude massive des entreprises d’options binaires israéliennes, en commençant en mars par un article intitulé « Les loups de Tel Aviv ». Les firmes frauduleuses prétendent guider leurs clients pour des investissements lucratifs à court terme, mais utilisent en réalité différentes ruses, dont la désinformation, la manipulation de plate-formes de transactions truquées et le refus direct de rendre les dépôts d’argent, pour voler l’argent de leurs clients.

L’Autorité des titres d’Israël (ATI) a à présent interdit à toutes les entreprises d’options binaires de cibler des Israéliens, mais elles restent libres de démarcher des clients à l’étranger. Les Etats-Unis ont interdit aux entreprises d’options binaires étrangères de cibler leurs citoyens, et de nombreux pays, dont les Etats-Unis, le Canada et la France, enquêtent sur la fraude des entreprises d’options binaires basées en Israël au nom de leurs citoyens qui ont été trompés.

La Belgique a été la semaine dernière le premier pays européen à interdire l’industrie, une action qui sera officiellement mise en œuvre le 18 août.

Une annonce Facebook pour un emploi dans une compagnie d'options binaires israélienne, publiée le 19 avril 2016. (Crédit : capture d'écran)
Une annonce Facebook pour un emploi dans une compagnie d’options binaires israélienne, publiée le 19 avril 2016. (Crédit : capture d’écran)

Les immigrants de pays francophones et anglophones sont particulièrement appréciés par les entreprises israéliennes frauduleuses, qui ciblent des victimes dans le monde entier et encouragent souvent leurs vendeurs à prendre de fausses identités, à mentir sur leurs compétences financières, et à donner de fausses indications sur l’emplacement d’où ils appellent pendant qu’ils cherchent à persuader les victimes de leur confier leur argent.

La fraude à large échelle s’est étendue ces dix dernières années, et l’ATI s’est jusqu’à présent montrée lente à réagir. Cette année, elle a finalement interdit à toutes les entreprises d’options binaires de cibler des Israéliens, mais elle a déclaré qu’il lui manquait les outils et l’autorité pour empêcher les entreprises israéliennes de cibler des victimes à l’étranger.

La tour Electra, à Tel Aviv, accueille de nombreuses entreprises ayant basé leur activité sur les options binaires (Crédit : Lior4040/Wikipedia)
La tour Electra, à Tel Aviv, accueille de nombreuses entreprises ayant basé leur activité sur les options binaires (Crédit : Lior4040/Wikipedia)

Hauser a cependant déclaré au Times of Israël qu’il recrutait toutes les branches au service de l’application de la loi, demandera une nouvelle législation si nécessaire, et a un soutien politique complet pour affronter la florissante industrie frauduleuse, dont le Times of Israël a parlé, qui emploie des milliers d’Israéliens travaillant dans plus de 100 compagnies qui arnaquent des victimes du monde entier de plusieurs milliards de dollars.

« Je vois cela à un niveau personnel, a déclaré Hauser, non seulement en tant que régulateur, mais aussi en tant que citoyen israélien et en tant que quelqu’un qui est dégoûté par la fraude, et particulièrement par le genre de personnes qui prennent l’argent des malheureux, des orphelins et des veuves. »

Hauser a souligné que bien que l’ATI ne puisse pas « réguler le monde entier », l’échelle et la nature de la fraude basée en Israël nécessite une solution urgente et spécifique, comprenant le changement de la loi si nécessaire.

« Quelque soit la façon dont vous le regardez, en tant qu’être humain, en tant que citoyen, en tant que régulateur, en tant que sioniste, en tant que père, et en tant que grand-père, a déclaré Hauser, cela me semble affreux. »

Le professeur Shmuel Hauser, président de l'Autorité des titres israélienne. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Le professeur Shmuel Hauser, président de l’Autorité des titres israélienne. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Dans quelques mois, a-t-il par conséquent promis, les autorités « monteront d’un cran […] et prendront de grandes mesures » pour réprimer les fraudeurs. Il a déclaré que les différentes institutions d’application de la loi d’Israël, dont les régulateurs et la police, ont eu une réunion consultative à haut niveau, et qu’ils s’associeront pour « formuler la politique, et rapidement, comment traiter ce problème, parce que c’est un problème national. » La réunion, a-t-il déclaré, « décidera des mesures opératives dans le cadre de la loi actuelle, et aussi des mesures nécessaires pour étendre notre juridiction. »

Il y a deux semaines, le député Michael Oren, qui est à présent vice-ministre chargé de la diplomatie publique, a recommandé une enquête sur l’industrie des options binaires d’Israël. Il a déclaré que les révélations sur l’arnaque mondiale massive qui escroquent des milliers de clients internationaux sont « très, très perturbantes » et a prévenu de son potentiel de nuisance à l’image internationale d’Israël.

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