Shimon Peres appelait Israël à rêver et à innover
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Shimon Peres appelait Israël à rêver et à innover

L’ancien président et Premier ministre, mort mercredi à 93 ans, incarnait l'entrepreneuriat israélien

L'ancien président Shimon Peres assiste au lancement de la "Mini Coupe du Monde pour la Paix" au stade de Herzliya, le 9 mai 2016. (Crédit : AFP/Ahmad Gharabli)
L'ancien président Shimon Peres assiste au lancement de la "Mini Coupe du Monde pour la Paix" au stade de Herzliya, le 9 mai 2016. (Crédit : AFP/Ahmad Gharabli)

L’ancien président Shimon Peres, qui est mort mercredi à l’âge de 93 ans, n’était pas du genre à choisir la solution de facilité, en cherchant toujours de nouvelles idées, que ce soit dans le combat pour la paix ou pour promouvoir de nouvelles technologies.

Peres appelait Israël à adopter l’innovation, étant donné l’absence de ressources naturelles dans le pays dit du miel et du lait. Même s’il était polarisant en tant que politicien, haï par certains, adorés par d’autres, il a été respecté sans équivoque pour son énergie infinie, son optimisme et sa curiosité. Il croyait que tout pouvait être réussi si l’on s’en donne vraiment les moyens.

Rêver, c’est simplement être pragmatique, disait-il.

Peres a été membre de la Knesset pendant presque un demi-siècle, entre 1959 et 2007, et a occupé quasiment tous les postes ministériels importants au fil des ans. En 1994, il a reçu le Prix Nobel de la Paix avec Yitzhak Rabin, alors Premier ministre, et le dirigeant palestinien Yasser Arafat, pour la négociation des Accords d’Oslo.

De gauche à droite, le dirigeant palestinien Yasser Arafat, le ministre des Affaires étrangères Shimon Peres et le Premier ministre Yitzhak Rabin, les trois lauréats du Prix Nobel de la Paix 1994, à Oslo. (Crédit : GPO via Getty Images)
De gauche à droite, le dirigeant palestinien Yasser Arafat, le ministre des Affaires étrangères Shimon Peres et le Premier ministre Yitzhak Rabin, les trois lauréats du Prix Nobel de la Paix 1994, à Oslo. (Crédit : GPO via Getty Images)

En tant que Premier ministre en 1985, Peres a présidé un plan de stabilisation économique qui a entraîné la naissance de l’économie moderne d’Israël. Pendant son long voyage pour définir l’Etat auquel il croyait, il a également joué un rôle crucial pour promouvoir la culture entrepreneuriale qui définit aujourd’hui la start-up nation.

« Toute ma vie, j’ai travaillé pour faire en sorte que l’avenir d’Israël soit basé sur la science et la technologie ainsi que sur un engagement moral sans faille », avait déclaré Peres en juillet, quand il avait posé la première pierre du Centre d’innovation israélien, qui fera partie du Centre Peres pour la paix de Jaffa.

« Ils disaient que j’étais un rêveur. Mais aujourd’hui, quand je vois Israël, nous pouvons tous voir clairement que plus le rêve est grand, plus les résultats sont spectaculaires. »

De gauche à droite : le président Reuven Rivlin, l'ancien président Shimon Peres, et le Premier ministre Benjamin Netanyahu avec des casques de réalité virtuelle, pendant l'inauguration du Centre pur l'innovation, le 21 juillet 2016. (Crédit : autorisation)
De gauche à droite : le président Reuven Rivlin, l’ancien président Shimon Peres, et le Premier ministre Benjamin Netanyahu avec des casques de réalité virtuelle, pendant l’inauguration du Centre pur l’innovation, le 21 juillet 2016. (Crédit : autorisation)

Start-up Nation, le livre à succès qui décrit la montée de l’industrie high-tech israélienne, raconte comment, en tant que responsable des achats militaires dans les années 1050, Peres, avec l’Américain Al Schwimmer, avait commencé à rêver de lancer une industrie aéronautique dans le tout nouveau pays.

Même si les autres ministres s’étaient étouffés à cette idée, disant qu’Israël ne pouvait même pas produire des vélos, Peres a prévalu, et a prévalu à nouveau avec l’idée de lancer l’industrie nucléaire d’Israël, en ignorant les règles, la finançant hors du budget et travaillant avec des scientifiques établis.

En tant que vice-ministre de la Défense, il a injecté des financements dans la recherche et le développement militaire, créant les bases de l’avantage militaire qualitatif qu’a aujourd’hui Israël.

« Peres était un personnage unique dans l’histoire de la start-up nation, et c’est la raison pour laquelle il est la personne la plus citée dans notre livre », a déclaré par téléphone Saul Singer, qui a coécrit le livre avec Dan Senor.

« Sa carrière a couvert toute l’histoire du pays, et il a joué un rôle critique en aidant Israël à passer d’une économie socialiste, descendante, et concentrée, à une économie de la concurrence concentrée sur l’innovation. »

« Il a passé toute sa carrière au gouvernement mais pensait et agissait comme un entrepreneur en termes de construction de nouvelles choses et en regardant plus loin. Il a toujours regardé vers le futur et c’est ce qui l’a maintenu jeune », a ajouté Singer.

Peres exhortait ses concitoyens à rejoindre sa quête d’excellence, que ce soit en luttant pour la paix, en comblant les fractures sociales ou en créant des technologies pour améliorer le monde.

« Shimon Peres manquera grandement à la communauté technologique d’Israël », a déclaré Jon Medved, un vétéran de l’industrie high-tech israélienne et PDG de OurCrowd, une plateforme de financement participatif sur capitaux propres.

« C’était un dirigeant et un homme d’Etat visionnaire, qui représentait le meilleur de la créativité et de l’innovation d’Israël. »

L'ancien président Shimon Peres (au centre), avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) et le président Reuven Rivlin pour la cérémonie de pose de la première pierre du Centre d'innovation israélien, le 21 juillet 2016. (Crédit : autorisation)
L’ancien président Shimon Peres (au centre), avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) et le président Reuven Rivlin pour la cérémonie de pose de la première pierre du Centre d’innovation israélien, le 21 juillet 2016. (Crédit : autorisation)

« Peres était le prophète de notre nation high-tech, et un homme qui savait comment lire la carte de la technologie parfois mieux que ceux qui sont dans le domaine », a déclaré Maxine Fassberg, PDG d’Intel Israël.

L’objectif du centre d’innovation de Peres est d’attirer des invités du monde entier pour étudier les réussites d’Israël dans le domaine du high-tech et de lutter pour combler les fossés entre les populations juives et arabes et riches et pauvres, et mener des collaborations régionales, avait déclaré Peres en juillet pour l’inauguration du centre.

« Nous prouverons que l’innovation n’a pas de limite et pas de barrière. L’innovation permet le dialogue entre les nations et entre les peuples. Elle permettra aux jeunes, juifs, musulmans et chrétiens, de s’engager dans la science et la technologie égalitairement. Ici, nous soulignerons que nous pouvons promouvoir la paix depuis l’enfance, et nous allumerons l’imagination de chaque petit garçon et de chaque petite fille et enrichirons leurs rêves », avait-il déclaré.

Peres avait également appelé les voisins d’Israël à unir leurs forces pour créer une « région start-up ».

« La paix, l’innovation et la science doivent être le royaume de tout. Ce n’est pas seulement Israël qui doit bénéficier du fruit de l’innovation, mais toute la région, avait-il déclaré. Adoptons la route de la paix et de l’innovation, qui sera toujours meilleure que la guerre et le terrorisme. »

Il avait conclu en disant que « finalement, je n’ai qu’une petite demande : Israël est un rêve devenu vrai. Permettez-moi de continuer à rêver. »

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