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Shin Bet : Un Israélien et un Gazaoui accusés d’espionnage pour le Hamas

Le Hamas aurait recruté des citoyens israéliens et des Palestiniens qui avaient un permis d'entrée en Israël pour recueillir des informations sur Tsahal et préparer des attaques

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Des systèmes de missiles de défense Dôme de Fer sont photographiés dans la ville de Sderot, dans le sud d'Israël, le 24 avril 2021. (Crédit : Jack Guez/AFP)
Des systèmes de missiles de défense Dôme de Fer sont photographiés dans la ville de Sderot, dans le sud d'Israël, le 24 avril 2021. (Crédit : Jack Guez/AFP)

Les forces de sécurité israéliennes ont arrêté le mois dernier deux hommes, un Arabe israélien et un Palestinien de la bande de Gaza, qui sont soupçonnés d’espionner Israël pour le compte du groupe terroriste palestinien du Hamas, a déclaré jeudi l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet.

L’agence a déclaré que les deux hommes recueillaient des informations sur l’armée israélienne et le Dôme de fer, son système de batteries de défense antimissile.

Ils ont été arrêtés le 29 novembre et des actes d’accusation ont été déposés, contre l’Arabe israélien devant le tribunal du district sud de Beer Sheva, et contre le suspect palestinien devant le tribunal du district central de Lod jeudi, ce qui a incité le Shin Bet à publier des informations sur cette affaire.

Le suspect palestinien, Mammoud Ahmad, 33 ans, était entré légalement en Israël à plusieurs reprises avec un permis valide. Selon le Shin Bet, Ahmad a été recruté par le Hamas en 2019 et, pendant son séjour en Israël cette année-là, il a recueilli des renseignements sur les batteries du Dôme de fer à travers le pays et « photographié secrètement des soldats de l’armée israélienne dans la gare routière centrale d’Ashkelon. »

Un incendie fait rage dans une raffinerie à Ashkelon, tôt le 12 mai 2021, après qu’elle a été touchée par des roquettes tirées par le groupe terroriste Hamas la veille. (Jack Guez/AFP)

L’acte d’accusation contre Ahmad indique une réticence à espionner pour le Hamas, puisqu’il a omis à plusieurs reprises, apparemment délibérément, de photographier les batteries du Dôme de fer que le groupe terroriste lui avait demandé de trouver.

Ses supérieurs hiérarchiques du Hamas l’ont réprimandé à plusieurs reprises et, dans un cas, lui ont interdit de quitter Gaza pour travailler en Israël. Finalement, Ahmad a localisé l’une des batteries Dôme de fer qu’il avait été chargé de trouver, près de la ville de Gan Yavne, dans le centre d’Israël, et a donné des informations sur le site à ses supérieurs.

En outre, Ahmad aurait photographié un groupe de soldats de Tsahal à la gare routière d’Ashkelon, sur les instructions de ses commanditaires.

« Par ces actes, l’accusé est devenu un membre actif du groupe terroriste et a fini par fournir sciemment à l’ennemi des informations dont il savait qu’elles seraient utiles à l’ennemi et avec lesquelles l’accusé avait l’intention de nuire à la sécurité nationale », ont écrit les procureurs dans l’acte d’accusation.

Le moment où une roquette s’est abattue sur la Route 4, près de Gan Yavne, le 12 novembre 2019 (Capture d’écran/Treizième chaîne)

Ahmad a été accusé d’appartenance à une organisation terroriste, d’avoir fourni des informations à l’ennemi et d’espionnage.

Le suspect israélien, Hasin Biari, résident de Jaffa, aurait été recruté par le Hamas au cours de l’année écoulée alors qu’il visitait Gaza, selon le Shin Bet. Selon le dossier d’accusation, Biari est né dans la bande de Gaza et sa femme y vit toujours.

En avril 2021, Biari s’est rendu dans la bande pour y rendre visite à sa famille et c’est alors qu’il est entré en contact avec un agent du Hamas, qui l’a recruté dans les rangs de l’organisation, selon l’acte d’accusation.

« Il a pu effectuer des missions de collecte de renseignements sur les bases militaires, les soldats de Tsahal et les batteries Dôme de Fer à travers le pays. En outre, le Hamas a demandé à Biari d’inciter la population arabe d’Israël à s’opposer au pays, d’acquérir des armes et de mener des attaques terroristes en territoire israélien », a déclaré l’agence de sécurité.

Hasan Biari, à gauche, un Arabe israélien soupçonné d’espionner l’armée israélienne pour le compte du groupe terroriste Hamas, arrêté le 29 novembre 2021, et son responsable présumé, Muhammad Halawa. (Shin Bet)

Selon l’acte d’accusation, Biari avait pour mission spécifique de photographier une batterie de Dôme de fer située près de la communauté de Nirit, dans le centre d’Israël, et s’est rendu deux fois dans la zone après avoir échoué à trouver la batterie la première fois.

Biari a été inculpé de trois chefs d’accusation : avoir contacté un agent étranger, donné des informations à l’ennemi et divulgué la décision de commettre une trahison.

Selon le Shin Bet, les deux hommes étaient dirigés par un agent du Hamas, Muhammad Halawa.

L’acte d’accusation intervient dans le cadre d’un débat en cours en Israël sur la question d’autoriser un grand nombre de Palestiniens de la bande de Gaza à travailler en Israël, un geste que l’armée israélienne a historiquement soutenu comme une mesure de stabilisation en stimulant l’économie gazaouie, et auquel le Shin Bet s’est généralement opposé, craignant qu’il ne soit utilisé de façon abusive par le Hamas pour mener et coordonner des attaques contre Israël et les Israéliens.

Les membres de l’aile armée du Hamas lors de funérailles d’un membre du groupe terroriste à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 15 novembre 2021. (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)

En effet, dans sa déclaration sur Biari et Ahmad, le Shin Bet a fait note de cette préoccupation.

« Cette enquête s’ajoute aux enquêtes précédentes des deux dernières années contre l’infrastructure de renseignement [du Hamas], et révèle à nouveau le fait que le Hamas profite des passages frontaliers pour faire progresser les activités terroristes en Israël et amène les gens à mettre leur famille en danger en Israël et dans la bande de Gaza ».

« Cette annonce démontre comment le Hamas profite des autorisations des commerçants pour mener des activités terroristes », a déclaré l’agence. (Pour des raisons essentiellement bureaucratiques, les permis de travail des Palestiniens de la bande de Gaza sont appelés permis de commerçant, malgré le fait que beaucoup de ceux qui les détiennent travaillent comme ouvriers, souvent dans la construction).

En octobre, Jérusalem a élargi le programme de permis de travail afin d’autoriser jusqu’à 10 000 travailleurs de la bande de Gaza à entrer en Israël, dans le cadre des efforts en cours pour parvenir à un accord de cessez-le-feu avec le Hamas.

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