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Shlom Asiraich collecte des fonds aux États-Unis pour des terroristes juifs en Israël

L'argent collecté est notamment redistribué à l'assassin d'Yitzhak Rabin et à deux hommes reconnus coupables du meurtre de Palestiniens

Yosef Haim Ben-David, l'un des Juifs reconnus coupables du meurtre de Muhammed Abu Khdeir, sous escorte policière au tribunal de district de Jérusalem, pour son appel, le 8 février 2018. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Yosef Haim Ben-David, l'un des Juifs reconnus coupables du meurtre de Muhammed Abu Khdeir, sous escorte policière au tribunal de district de Jérusalem, pour son appel, le 8 février 2018. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Une organisation israélienne à but non lucratif – qui s’est donnée pour but d’aider des prisonniers juifs reconnus coupables de crimes de haine et leurs proches – collecte désormais des dons exempts d’impôts auprès de citoyens américains, a révélé une enquête de l’agence Associated Press et de la plateforme d’investigation israélienne Shomrim.

Selon les écrits de l’association Shlom Asiraich, parmi ses bénéficiaires se trouvent en effet Yigal Amir, qui a assassiné le Premier ministre Yitzhak Rabin en 1995 ; Amiram Ben-Uliel, reconnu coupable en 2015 du meurtre d’un bébé palestinien et de ses parents dans un incendie criminel ; et Yosef Chaim Ben David, reconnu coupable de l’enlèvement et du meurtre par le feu d’un adolescent palestinien de 16 ans à Jérusalem en 2014.

Le groupe soutient également Yishai Schlissel, un ultra-orthodoxe extrémiste qui a mortellement poignardé une adolescente israélienne de 16 ans pendant le défilé de la gay pride à Jérusalem en 2015, rapporte l’enquête journalistique.

Le nom de l’organisation, « Shlom Asiraich », signifie « Le bien-être de vos prisonniers ». Elle collecte des fonds en Israël depuis au moins 2018 et a été officiellement enregistrée en tant qu’association à but non lucratif en 2020. Elle est dirigée par un groupe composé principalement d’Israéliens résidant dans des implantations de Cisjordanie connues pour leur extrémisme.

Plusieurs fondateurs de l’association ont eux-mêmes été interrogés par les autorités israéliennes pour des crimes contre des Palestiniens, et certains ont même été arrêtés et inculpés.

Yigal Amir, l’assassin du Premier ministre Yitzhak Rabin, durant une audience à Tel Aviv, le 1er novembre 2007. (Crédit : AP Photo/Ariel Schalit)

La famille de Ben-Uliel, qui purge trois peines à perpétuité, avait publié une lettre remerciant l’organisation sur la page Facebook de celle-ci.

Les montants récoltés aux États-Unis par la branche américaine de Shlom Asiraich restent inconnus. Étant donné que Shlom Asiraich est une organisation relativement récente, les registres des organisations à but non lucratif en Israël n’apportent que peu d’informations et n’indiquent pas combien d’argent elle a récolté.

L’organisation affirme néanmoins avoir levé 150 000 shekels. Elle est liée à World of Tzedaka, une plateforme de crowdfunding à but non lucratif basée dans le New Jersey qui entend « permettre à tout individu ou organisation de collecter des fonds pour sa cause spécifique ». D’autres campagnes de la plateforme visent davantage à aider des familles juives en détresse.

Selon l’Associated Press, Shlom Asiraich a été enregistré en tant qu’association à but non lucratif auprès des autorités israéliennes par Chanamel Dorfman, avocat et l’un des principaux conseillers d’Otzma Yehudit, parti d’Itamar Ben Gvir, le nouveau ministre israélien de la Sécurité nationale, d’extrême droite. Il a néanmoins déclaré au journal Israel Hayom qu’il avait agi simplement en tant qu’avocat. « Si j’avais su que c’est ce que fait cette organisation, je ne l’aurais pas enregistrée », a-t-il assuré.

Le député d’Otzma Yehudit, Itamar Ben Gvir, à gauche, et son conseiller Chanamel Dorfman. (Capture d’écran / Treizième chaîne ; used in accordance with Clause 27a of the Copyright Law)

Shlom Asiraich comme World of Tzedaka ont refusé de répondre à des questions de la presse.

De nombreuses organisations israéliennes collectent depuis des décennies des fonds à l’étranger, notamment aux États-Unis, via des branches locales. Cela permet aux citoyens étrangers de payer par carte bancaire et de demander une déduction fiscale aux autorités. Jusqu’alors, il s’agissait cependant de causes soutenant des hôpitaux, des universités, ou caritatives, et non liées à des projets extrémistes. Selon Noga Zivan, consultant pour des organisations à but non lucratif en Israël, les organisations juives américaines ont fait don à elles seules de deux milliards de dollars à des causes en Israël chaque année, de 2018 à 2020.

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