Shoah : Blinken reconnaît l’échec du département d’Etat à sauver les Juifs
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Shoah : Blinken reconnaît l’échec du département d’Etat à sauver les Juifs

Le secrétaire d'État américain a incriminé le diplomate Breckinridge Long qui, selon lui, a empêché les Juifs de trouver un refuge aux Etats-Unis pendant le génocide nazi

Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken au département d'État de Washington, le 5 avril 2021. (Crédit : Al Drago/Pool via AP)
Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken au département d'État de Washington, le 5 avril 2021. (Crédit : Al Drago/Pool via AP)

WASHINGTON (JTA) — Les commémorations de Yom HaShoah sont, par nature, des appels à reconnaître les responsabilités assumées face aux atrocités du passé et du présent.

Antony Blinken, le secrétaire d’État américain, a utilisé cette opportunité pour reconnaître les responsabilités de son propre département – reconnaissant qu’il avait négligé les Juifs pendant l’ère nazie. Il a également lancé un appel à agir pour prendre la défense des populations persécutées dans le monde d’aujourd’hui.

Blinklen, qui a prononcé ce discours déterminant jeudi lors d’un événement organisé par le musée de la Shoah américain, a vivement critiqué le secrétaire d’État adjoint pendant la Seconde Guerre mondiale, Breckinridge Long, qui avait bloqué l’entrée aux États-Unis des Juifs qui fuyaient l’Europe nazie, et qui avait aussi menti au Congrès sur le sujet du génocide nazi.

« Il avait le pouvoir immense d’aider ces persécutés du monde », a déclaré Blinken lors de l’événement qui a eu lieu cette année via visioconférence pour cause de pandémie de coronavirus. « Et pourtant, alors que les nazis commençaient à systématiquement rassembler les Juifs, à les exécuter, Long a durci et durci encore les conditions de refuge pour les Juifs aux Etats-Unis ».

Breckinridge Long (Crédit : Domaine public/Wikipedia)

Long avait également volontairement fait disparaître les informations données par des sources qui se trouvaient alors à l’étranger faisant état du génocide nazi.

Blinken, qui a indiqué avoir lui-même grandi dans l’ombre du récit de la survie de son beau-père pendant la Shoah, a ajouté que l’échec de Long devait être un enseignement profitant aux décisionnaires politiques américains contemporains, qu’il s’agisse des attaques menées contre les minorités aux États-Unis ou la nécessité de dénoncer les persécutions à l’encontre des opprimés dans le monde.

La différence la plus prononcée entre les responsables de l’administration Biden et ceux de l’administration Trump est peut-être la manière d’appréhender le traitement des minorités et la défense des droits humains. Le président Donald Trump avait manié une rhétorique souvent intolérante et attisé la haine, diminuant également la défense par les États-Unis des droits de l’Homme à l’étranger.

Le porte-parole de Blinken, Ned Price, en prévenant les journalistes de ce discours, a fait un lien explicite entre la Shoah et le monde contemporain.

« Nous nous souvenons non seulement de ce qui est arrivé mais également de ce qui a permis qu’une atrocité telle que la Shoah puisse survenir », a-t-il dit. « Nous tentons d’examiner les actions menées par nos institutions et par les sociétés auxquelles nous appartenons pour mieux comprendre ce qu’elles ont fait – et aussi ce qu’elles n’ont pas fait ».

Jill Biden, la First Lady américaine, a également pris la parole lors de Yom HaShoah dans un discours retransmis par vidéo devant les JFNA (Jewish Federations of North America).

Dans son allocution, Biden s’est concentrée sur les aides accordées aux survivants de la Shoah, saluant le groupe JFNA pour ses programmes qui sont financés en partie par le gouvernement fédéral dans le cadre d’une initiative qui avait été lancée par le président Joe Biden lorsqu’il était vice-président.

« Aujourd’hui, 80 000 survivants vivent ici, aux États-Unis, et ils sont encore trop nombreux à se battre contre le traumatisme et contre la pauvreté », a-t-elle déclaré.

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