« #Sijetaitunjuif » : Un hashtag antisémite en tête des « tendances » Twitter
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« #Sijetaitunjuif » : Un hashtag antisémite en tête des « tendances » Twitter

De nombreux messages antisémites ont été publiés hier sur le réseau social, provoquant une levée de boucliers des associations juives et l'indifférence des responsables politiques

Le logo du réseau social Twitter. Illustration. (Crédit: Leon Neal/AFP)
Le logo du réseau social Twitter. Illustration. (Crédit: Leon Neal/AFP)

Une campagne antisémite a été lancée hier par des utilisateurs Twitter sous le hashtag « #sijetaitunjuif », apparaissant même en raison du grand nombre de tweets haineux publiés en tête des « Tendances » Twitter en une du site quelques heures avant son retrait.

Face aux nombreux messages antisémites, aux clichés sur les Juifs ou aux soi-disantes ‘blagues’ sur la Shoah, plusieurs associations juives et responsables associatifs ont réagi.

Le CRIF a ainsi invité les utilisateurs du réseau social à lui signaler les tweets de cette nature.

« Twitter nous a rapidement indiqué qu’ils avaient agi de manière à ce que le # n’apparaisse plus dans les ‘tendances du jour’ et que leurs modérateurs monitoraient le hashtag à chaque instant », a indiqué l’association dans un communiqué.

« Nous sommes intervenus une fois que le mot-clé était déjà en tête des tendances, et non auparavant, pour ne pas participer à son succès », a expliqué la LICRA à BFM. « On veut également s’en servir d’exemple, pour que les gens comprennent qu’il s’agit de délit. Nous avons signalé ces propos à Twitter et comptons les signaler à la justice. »

Des captures d’écran laissent à penser que l’un des comptes à l’origine de la campagne antisémite serait tenu par un partisan de l’Etat islamique.

Un autre compte, « PangolinMalin », « compte suivi par 5 391 personnes et ouvertement haineux » selon Noémie Madar, présidente de l’UEJF, serait lui aussi à l’origine du hashtag.

Ces comptes anonymes à l’origine du mot-clé ont depuis été supprimés du réseau social.

Contacté par BFM, l’un des créateurs du hashtag – dont le compte a depuis été supprimé – a expliqué avoir lancé l’initiative avec six amis. Selon lui, sa volonté était de publier des contenus antisémites « afin de voir si les gens allaient défendre les Juifs ».

« Nous ne pensions pas ce qu’on a dit. Nous sommes là pour défendre les Juifs et non pour les insulter, mais les gens ont suivi du mauvais côté. Je n’ai rien contre les Juifs », a prétendu le jeune homme de 16 ans auprès de BFM.

Cette campagne haineuse survient quelques jours après l’adoption à l’Assemblée nationale de la loi de la députée LREM Laetitia Avia visant à lutter contre la cyber haine.

Si les responsables politiques sont présents en nombre sur Twitter, peu d’entre eux ont réagi au hashtag, malgré l’importance qu’il a prise. Seuls Eric Ciotti des Républicains et Julien Odoul et Jean Messiha du Rassemblement National ont exprimé leur consternation. Quelques autres personnalités, comme Bernard-Henri Lévy et Véronique Genest, ont également réagi.

La semaine dernière, quatre associations anti-racistes françaises, l’UEJF, SOS Racisme, SOS Homophobie et J’accuse, ont assigné Twitter en référé devant le tribunal judiciaire de Paris « pour son inaction face au déferlement de contenus de haine durant le confinement ».

Ils réclamaient ainsi la désignation d’un expert judiciaire qui « pourra faire la lumière sur les moyens mis en œuvre par Twitter pour modérer les contenus de haine ».

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