Sous les missiles iraniens, les Israéliens retournent dans les abris
Selon un habitant de Tel Aviv, le gouvernement "a fait le bon choix" en attaquant l'Iran et en faisant en sorte "de libérer l'Iran de son régime".
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Dans les rues presque vides, en ce matin de Shabbat, quelques personnes courent vers des abris quand hurlent les premières sirènes, comme un réflexe pour ces Israéliens habitués aux alertes.
À Tel Aviv, Orit Baïssa, une femme de 42 ans, s’est précipitée vers un parking avec d’autres habitants du quartier.
« Nous n’avons pas d’abri, pas de pièce sécurisée. Ici, c’est ce qu’il y a de plus sûr », dit-elle à l’AFP.
« Il n’y a rien à préparer. On entend juste l’alerte. Cela fait déjà plus d’un mois qu’on attend ça. »
Les traînées blanches des missiles antimissiles fendent le ciel bleu tandis qu’un avion ravitailleur survole la ville.
« On restera autant qu’il le faudra. Si ça doit durer, on reviendra bien sûr. On apportera des couvertures, des matelas, tout l’équipement nécessaire, et on vivra ici. Comme la fois précédente. »
Résignée, Orit Baïssa garde en mémoire la guerre qui a opposé Israël à l’Iran pendant 12 jours en juin 2025.
Déclenché par une attaque israélienne sans précédent contre la République islamique, à laquelle l’Iran avait riposté par des tirs de drones et de missiles sur Israël, ce conflit avait fait 30 morts et causé d’importants dégâts, notamment dans la région de Tel Aviv, dans celle de Haïfa (au nord) et dans le sud du pays.
Un « hôpital fortifié »
Roï Elba, un habitant de Tel Aviv, confirme : ce parking « est le meilleur endroit qui soit quand il y a du danger dehors ».
« La plupart des immeubles et des appartements du centre-ville n’ont pas de pièce sécurisée, pas d’abri. Alors j’ai décidé de venir ici avec ma chienne Gaïa », explique cet homme âgé de 36 ans.
Certains sont même venus avec des landaus. Des réservistes sont également présents, fusils d’assaut à la main. D’autres prient ou jouent au baby-foot.
À l’hôpital Ichilov, l’un des plus grands de Tel Aviv, le personnel soignant a transféré les patients et le matériel dans le parking souterrain transformé en « hôpital fortifié » dès la première alerte.
« Tous nos services sont opérationnels », explique à l’AFP le docteur Daniel Trotzky, l’un des responsables.
« Nous disposons de blocs opératoires fortifiés, de scanners et de tous les services médicaux. »
« Ici, je me sens tout à fait en sécurité […] tout brille et c’est impeccable », remarque Moshe Lozotsky, un patient de 41 ans.
« Ce matin, je me suis réveillé au son des sirènes ; ils nous ont évacués en deux minutes », raconte-t-il.
« Un meilleur avenir »
Plus au nord, un projectile explose en mer, face à la grande ville portuaire de Haïfa.
Dans la même région, à Tirat Carmel des soldats évacuent des familles d’un immeuble touché par un projectile.
Aux environs de Tel Aviv, des secouristes se sont précipités dans une rue où venaient de tomber des débris.
Les secours ont fait état de deux blessés dans le pays, un adolescent et un homme d’une cinquantaine d’années.
« Un meilleur avenir »
Samedi matin, Israël a lancé, en coordination avec les États-Unis, une vaste attaque contre l’Iran, visant, selon l’armée israélienne, « des centaines de cibles militaires, y compris des lanceurs de missiles ». La République islamique a riposté en tirant des missiles sur plusieurs pays de la région, notamment Israël.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a affirmé que cette opération visait à contrer la « menace existentielle que fait peser le régime terroriste en Iran ».
Roï Elba pense que le gouvernement « a fait le bon choix » en attaquant l’Iran et en faisant en sorte « de libérer l’Iran de son régime ».
Or, un habitant de Tel Aviv, âgé de 36 ans, s’est lui aussi réveillé au son strident des sirènes, « après une longue période de tension ».
« Nous sommes heureux que quelque chose se passe », dit-il.
« Je ne sais pas vraiment ce qu’ils préparent, mais j’espère que cela apportera un meilleur avenir, que cela apportera le calme pour longtemps. »
« Pour tout le monde dans la région, y compris pour le peuple iranien. »
Pendant ce temps, en Cisjordanie, la vie suit son cours presque comme à l’habitude, même si l’armée israélienne a fermé de nombreux postes de contrôle.
« Il y a des guerres depuis l’époque de nos arrière-arrière-grands-parents. Rien ne nous inquiète », confie à l’AFP Ghazala Arar, une habitante du camp de Jalazone, près de Ramallah.
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