Soutenus par Corbyn, 3 000 pro-Palestiniens défilent à Londres
Rechercher

Soutenus par Corbyn, 3 000 pro-Palestiniens défilent à Londres

Ahed Tamimi, icône palestinienne, a pris la tête du défilé ou le chef du Labour a appelé à condamner Israël suite aux flambées à Gaza - sans parler des roquettes

Des manifestants pro-palestiniens traversent Regent Street, à Londres, le 11 mai 2019 (Capture d'écran : Twitter)
Des manifestants pro-palestiniens traversent Regent Street, à Londres, le 11 mai 2019 (Capture d'écran : Twitter)

Environ 3 000 à 4 000 activistes pro-Palestiniens ont défilé dans Londres samedi, appelant à « libérer la Palestine » et à la fin des « attaques sans précédent » qui auraient récemment été menées par Israël contre les Palestiniens.

Les manifestants – qui ont scandé « la Palestine sera libre » et qui ont demandé un « droit au retour » en faveur des réfugiés palestiniens, selon le Guardian — commémoraient le 71e anniversaire de la « Nakba », ou catastrophe – comme les Palestiniens appellent les événements qui ont entouré la formation de l’Etat d’Israël.

A la tête du défilé se trouvait Ahed Tamimi, une jeune fille de 18 ans devenue une icône de la cause palestinienne après avoir été emprisonnée pour avoir giflé un soldat israélien, un incident filmé qui était devenu viral.

Lors de la manifestation, Tamimi s’est qualifiée de combattante de la liberté. « Du fleuve à la mer, la Palestine sera libre », a-t-elle dit.

Tamimi avait écopé d’une peine de huit mois de prison en Israël pour avoir bousculé et giflé des soldats de Tsahal qui se trouvaient aux abords de son habitation, dans le village de Nabi Saleh, en Cisjordanie, à la fin de l’année dernière. Elle s’est depuis rendue dans toute l’Europe et au Moyen-Orient et est considérée comme une icône de la campagne menée contre le contrôle israélien en Cisjordanie.

La Palestinienne Ahed Tamimi (C), âgée de 16 ans, assiste à une audience devant le tribunal militaire d’Ofer, en Cisjordanie, le 1er janvier 2018 (Crédit : Photo AFP / Ahmad Gharabli)

Une contre-manifestation modeste a été organisée par des militants pro-Israéliens, qui ont brandi des drapeaux bleu et blanc et qui ont exprimé leur soutien au droit à l’auto-défense de l’Etat juif.

Le chef du parti travailliste britannique, Jeremy Corbyn, a exprimé sa solidarité avec les milliers de manifestants de Londres, avant le défilé.

« Nous ne pouvons pas ne rien faire ou garder le silence devant le déni continu des droits des Palestiniens et leur droit à la justice », a-t-il écrit sur sa page Facebook. « Le parti du Labour condamne les violations continues faites aux droits de l’Homme par les forces israéliennes et notamment les tirs en direction de manifestants non-armés à Gaza… qui exigent leurs droits ».

Il y a eu, la semaine dernière, une escalade des tensions le long de la frontière. Sept cent roquettes ont été tirées vers le territoire israélien et des centaines de frappes aériennes de Tsahal ont été menées en représailles.

S’il a fait référence aux violences, Corbyn n’a pas mentionné les agressions palestiniennes.

« L’escalade de violences survenue durant des raids contre Gaza, qui ont fait 25 morts du côté palestinien et quatre du côté israélien, sont à la fois bouleversantes et dangereuses », a-t-il noté.

Accusant le gouvernement britannique de conserver un silence assourdissant, il a demandé la condamnation « du meurtre de manifestants – des enfants, des personnels médicaux, des journalistes » – et des autres civils et réclamé que les « ventes d’armes à Israël soient gelées » par le Royaume-Uni.

Au cours de la marche, Glyn Secker, secrétaire du mouvement JVL (Jewish Voice for Labour), a fait un discours qui a été chaleureusement applaudi et largement salué, clamant que les Juifs étaient « dans le caniveau » et qu’ils faisaient « partie du problème ».

Secker a également accusé « les rabbins américains » d’attiser la haine des néo-nazis à l’origine des actes de terrorisme antisémite, évoquant notamment la fusillade qui a eu lieu au sein de la synagogue de Poway. Il a affirmé qu’ils libéraient « l’extrême-droite pour remporter des votes déterminants dans les états marginaux qui déterminent les élections présidentielles », selon l’organisation Campaign Against Anti-Semitism.

Il a déclaré que les 119 députés travaillistes « amis d’Israël » étaient « une cinquième colonne dans la formation du Labour ».

Jeremy Corbyn, chef du parti d’opposition britannique travailliste, quitte son domicile dans le nord de Londres le 4 avril 2019. (Photo par Tolga AKMEN / AFP)

Corbyn a également critiqué le plan de paix américain attendu et il a réaffirmé la promesse faite par le Labour de reconnaître un Etat palestinien.

« La paix ne pourra pas se réaliser tant que continueront l’occupation des terres palestiniennes et les implantations illégales, les violations faites aux droits de l’Homme au quotidien et subies par les Palestiniens, et que perdureront les actions du gouvernement israélien, au mépris flagrant du droit international », a écrit Corbyn.

« Si le plan pour le Moyen-Orient du président Trump est, comme on s’y attend, une tentative d’enterrer définitivement le droit des Palestiniens à un Etat viable, aux côtés d’Israël, nous appellerons notre gouvernement et la communauté internationale à le rejeter sans hésitation. Aucun plan de paix ne pourra réussir au détriment des droits des Palestiniens. C’est pour cela qu’un gouvernement travailliste reconnaîtra un état palestinien et qu’il exigera le retour immédiat à des négociations significatives avec pour objectif de trouver une solution durable sur la base des résolutions de l’ONU, du droit international et de la justice qui sont niés depuis trop longtemps ».

Une contre-manifestation en soutien à Israël défile dans les rues de Londres, s’opposant à une marche propalestinienne, le 11 mai 2019 (Crédit : Daniel LEAL-OLIVAS / AFP)

Le leader du Labour a, dans le passé, été critiqué pour avoir qualifié « d’amis » les groupes terroristes du Hamas et du Hezbollah lorsqu’il avait invité des membres des deux organisations lors d’une réunion parlementaire en 2009. Il avait ultérieurement minimisé la portée de ses propos et indiqué qu’il regrettait d’avoir utilisé ce terme.

Il avait également été révélé, l’année dernière, que Cobyn avait pris part à une cérémonie de dépôt de gerbe en l’honneur des terroristes qui avaient été à l’origine du massacre commis lors des Jeux olympiques de Munich, en 1972. Il avait plus tard reconnu qu’il avait « été présent quand la gerbe avait été déposée, mais [je] ne pense pas avoir été, en fait, impliqué là-dedans ».

L’année dernière toujours, le chef travailliste avait été fustigé après la diffusion sur Twitter d’une vidéo de 2013 dans laquelle il semblait comparer le contrôle militaire israélien en Cisjordanie à l’occupation nazie des pays européens pendant la Seconde guerre mondiale.

Selon le Telegraph, Corbyn avait par ailleurs participé en 2012 à une réunion en compagnie de plusieurs terroristes palestiniens condamnés pour meurtre à Doha – partageant la plateforme avec le chef du Hamas de l’époque, Khaled Mashaal.

Corbyn a été accusé d’avoir adopté des attitudes antisémites de manière persistante.

Au début du mois, le journal britannique Times a fait savoir qu’en 2011, Corbyn avait préfacé un livre qui affirmait que les Juifs contrôlaient les systèmes financiers globaux.

JTA a contribué à cet article.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...