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Spoliations nazies : La Fondation Bührle doit faire plus pour savoir d’où viennent ses œuvres

Entre 1936 et 1956, Emil Bührle achète 633 œuvres, dont certaines avaient auparavant été spoliées à des Juifs ou vendues dans l'urgence par leurs propriétaires pour fuir les nazis

La Fondation et Collection Emil G. Bührle à Zurich. (Crédit : Adrian Michael/CC BY-SA 3.0)
La Fondation et Collection Emil G. Bührle à Zurich. (Crédit : Adrian Michael/CC BY-SA 3.0)

La Fondation Emil Bührle doit pousser plus avant l’étude de la provenance des œuvres d’art de la très riche collection amassée par ce marchand d’armes pendant la période nazie et aujourd’hui exposée au Kunsthaus de Zurich, recommande vendredi un nouveau rapport d’experts.

Selon Raphael Gross, historien suisse de renom et président du Musée de l’histoire allemande, il faut faire de nouvelles recherches sur l’identification des anciens propriétaires juifs, sur la confiscation des œuvres, liée à la persécution nazie ou encore les circonstances dans lesquelles les propriétaires ont dû se séparer de leurs œuvres.

« Sans la persécution des Juifs par les nazis, jamais la Collection Bührle n’aurait atteint un tel niveau », tranche l’historien lors d’un point de presse, cité par l’agence Keystone-ATS.

Il avait été mandaté par les autorités locales et le Kunsthaus de Zurich, où est exposée une partie de cette collection qui suscite une virulente polémique depuis de nombreuses années.

Le célèbre musée des beaux arts zurichois a fait l’objet de critiques lors de l’ouverture en 2021 d’un nouveau bâtiment destiné à abriter l’impressionnante collection de 170 pièces de l’industriel et mécène allemand naturalisé suisse, confiée au Kunsthaus par la Fondation Collection E. G. Bührle, qui reste propriétaire des œuvres.

Entre 1936 et 1956, le marchand d’armes achète 633 œuvres : Manet, Renoir, Degas, Monet, Sisley, Cézanne, Rembrandt, Toulouse-Lautrec, Picasso, Braque, Van Gogh ou Gauguin. Certaines avaient auparavant été spoliées à des Juifs ou vendues dans l’urgence par leurs propriétaires pour fuir les nazis.

Jusqu’en 2015, la collection était visible dans un site très confidentiel à Zurich, mais des toiles avaient été dérobées lors d’un hold-up en 2008, ce qui avait poussé le musée à déplacer l’ensemble.

Une étude de cas autour de cinq tableaux emblématiques de la collection a montré des manquements de méthodologie comme un manque de minutie et de persévérance pour savoir exactement dans quelles circonstances le marchand d’armes a pu en faire l’acquisition.

« Madame Cézanne à l’éventail » (1881), de Paul Cézanne (1839-1906).

Ainsi, pour « Madame Cézanne à l’éventail » de Paul Cézanne qui appartenait à l’écrivaine, poète et grande collectionneuse d’art Gertrude Stein. « Sa propriétaire était exposée dans la France occupée à une situation inhérente de persécution », souligne le rapport. Gertrude Stein vend le Cézanne à un marchand d’art « dont il est prouvé qu’il a profité du sort des réfugiés juifs » et « là aussi la provenance de cette œuvre n’est pas encore suffisamment étudiée », poursuit le document.

« L’exigence d’une présentation de la collection dans son contexte historique ne peut être respectée que lorsque de nouvelles recherches sur ces cas supplémentaires auront été entreprises », estime Raphael Gross.

La collection Bürhle n’est pas seule concernée. Le 19 juin, le Kunsthaus a annoncé la vente de « L’homme à l’ombrelle » de Claude Monet de sa collection, après un accord à l’amiable avec les héritiers d’un collectionneur juif persécuté par les nazis et forcé de vendre l’œuvre pour survivre en Suisse.

Le rapport Gross recommande aussi à l’association qui chapeaute le musée de créer un comité formé de spécialistes d’horizons divers pour « développer une méthode d’examen pour les confiscations liées aux nazis » et l’appliquer à la fois aux œuvres du Kunsthaus lui-même et aux prêts à long terme.

Enfin, le rapport estime qu’il est temps de mener une réflexion – si possible publique – autour de l’association avec le nom même d’Emil Bührle, qui est ainsi « mis en valeur ».

« La question se pose de savoir si une institution publique peut le faire en accord avec une attitude morale et éthique ? », souligne le rapport.

La ville, le canton et le Kunsthaus ont annoncé qu’ils prendraient position à la mi-juillet sur les recommandations.

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