Statut de Jérusalem : le Fatah appelle à la poursuite des manifestations
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Statut de Jérusalem : le Fatah appelle à la poursuite des manifestations

Le président de l'AP a aussi refusé de recevoir le vice-président américain ; Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté dans divers pays depuis l'annonce de Trump

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas pose pour des photos au Parlement européen à Bruxelles le 23 juin 2016 (Crédit : THIERRY CHARLIER / AFP / Getty Images via JTA)
Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas pose pour des photos au Parlement européen à Bruxelles le 23 juin 2016 (Crédit : THIERRY CHARLIER / AFP / Getty Images via JTA)

Le Fatah du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a appelé les Palestiniens à poursuivre leurs manifestations contre la décision des Etats-Unis de reconnaître Israël comme capitale d’Israël.

Dans une déclaration publiée samedi soir, après trois journées de violence lors desquelles quatre Palestiniens ont été tués et des dizaines blessés, le Fatah a appelé à « poursuivre la confrontation et à l’élargir à tous les points où l’armée israélienne est présente ».

En signe de protestation contre la décision sur Jérusalem annoncée mercredi par le président Donald Trump, Abbas a décidé de ne pas recevoir le vice-président américain Mike Pence lors de sa visite prévue mi-décembre en Israël et en Cisjordanie, a indiqué à l’AFP son conseiller Majdi al-Khalidi.

Réunis au Caire, les ministres des Affaires étrangères des pays membres de la Ligue arabe ont appelé Washington à revenir sur sa décision.

Dans une résolution publiée dimanche matin et dont l’AFP s’est procurée une copie, les ministres arabes estiment que les Etats-Unis se sont « retirés comme parrains et intermédiaires du processus de paix » israélo-palestinien et demandent qu’ils « annulent leur décision sur Jérusalem ».

Le président américain Donald Trump tient un mémorandum signé après avoir prononcé son discours concernant Jérusalem depuis la Maison-Blanche, à Washington, le 6 décembre 2017, sous le regard du vice-président américain Mike Pence (Crédit : Saul Loeb / AFP)

Des Palestiniens sont de nouveau descendus dans les rues samedi à Jérusalem-Est et en Cisjordanie ainsi que dans la bande de Gaza.

Ils ont lancé des pierres sur les soldats israéliens qui ont riposté en tirant des balles en caoutchouc ou des balles réelles et des gaz lacrymogènes, selon l’armée.

A Jérusalem-Est, annexée par Israël, la police a dispersé des manifestants avec des grenades assourdissantes.

Selon le Croissant-Rouge, 171 Palestiniens ont été blessés en Cisjordanie et 60 dans la bande de Gaza pendant la journée de samedi par des tirs ou des coups des forces de sécurité ou intoxiqués par inhalation de gaz lacrymogène.

Avertissement israélien

Deux Palestiniens ont été tués dans des heurts vendredi et deux membres du mouvement terroriste palestinien du Hamas ont péri samedi dans des raids menés par l’aviation israélienne en riposte à des tirs de roquettes venus de la bande de Gaza. Les tirs de roquettes n’ont pas fait de victimes.

L’armée a déclaré que les raids visaient des cibles militaires dans la bande de Gaza contrôlée par le Hamas.

Le coordinateur du ministère de la Défense aux activités gouvernementales dans les territoires, le général de division Yoav Mordechai, avertit le groupe terroriste du Jihad islamique palestinien de ne pas attaquer Israël dans une vidéo du 11 novembre 2017 (Capture d’écran : /YouTube)

Un haut responsable militaire israélien, le général Yoav Mordechaï, a averti samedi qu’une poursuite des tirs depuis l’enclave palestinienne provoquerait une « sévère » réponse de la part d’Israël.

L’actuelle vague de violence est survenue après l’annonce faite mercredi par Donald Trump que les Etats-Unis reconnaissent désormais Jérusalem comme la capitale d’Israël et vont à terme y transférer leur ambassade, rompant avec des décennies de diplomatie américaine et internationale.

Jérusalem, avec ses lieux saints juifs, chrétiens et musulmans, est un sujet passionnel. Depuis la création d’Israël en 1948, la communauté internationale n’a jamais reconnu cette ville comme capitale. Elle considère que son « statut final » doit être négocié entre Israéliens et Palestiniens.

Après l’annexion de Jérusalem-Est, Israël a proclamé toute la ville comme sa capitale « éternelle et indivisible ». L’ONU n’a jamais reconnu cette annexion. Les Palestiniens veulent faire de Jérusalem-Est la capitale de l’Etat auquel ils aspirent.

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté dans divers pays depuis la déclaration de M. Trump. Des rassemblements ont eu lieu samedi notamment à Istanbul, au Koweït et à Paris.

Un gendarme observe un drapeau israélien et un autre brandit un drapeau américain alors qu’ils regardent des manifestants invisibles participant à une manifestation anti-israélienne à Paris le 9 décembre 2017 (Crédit : AFP / Zakaria ABDELKAFI)

Dans la capitale française, les manifestants, plusieurs centaines, protestaient à la fois contre la décision de Donald Trump et contre la venue du Premier ministre israélien Banjamin Netanyahu, attendu à Paris dimanche pour une rencontre avec le président Emmanuel Macron.

M. Macron a qualifié mercredi de « regrettable » l’annonce de M. Trump, alors que M. Netanyahu a déclaré que le président américain, avec cette décision, était « entré à jamais dans l’histoire (de Jérusalem) ».

Pour les ambassadeurs de France, du Royaume-Uni, d’Italie, de Suède et d’Allemagne à l’ONU, la décision de M. Trump « ne favorise pas la perspective de paix dans la région ».

Rencontres annulées

Face au tollé, l’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley, a assuré que les Etats-Unis restaient engagés dans le processus de paix israélo-palestinien, au point mort depuis 2014.

Avant M. Abbas, le grand imam d’Al-Azhar, influente institution de l’islam siégeant au Caire, a annulé sa rencontre avec M. Pence prévue en Egypte le 20 décembre.

 » ‘Que votre troisième Intifada soit à la hauteur de votre foi dans votre cause et de l’amour de votre nation. Nous sommes avec vous et ne vous laisserons pas tomber’, » a déclaré Ahmed al-Tayeb.

Le pape des coptes d’Egypte Tawadros II a lui aussi indiqué samedi qu’il refusait de recevoir M. Pence.

Le patriarche copte orthodoxe Tawadros II (Crédit : capture d’écran YouTube)
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