Strasbourg : une amende pour le renversement de la stèle de l’ancienne synagogue
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Strasbourg : une amende pour le renversement de la stèle de l’ancienne synagogue

La stèle marquant l'emplacement de l'ancien lieu de culte détruit par les nazis en 1940, avait été retrouvée renversée, peu après la profanation d'un cimetière juif de Quatzenheim

La stèle de 1,6 tonne commémorant le site de l’Ancienne Synagogue de Strasbourg, détruite par les nazis au cours de la Seconde Guerre mondiale, après avoir été vandalisée pendant la nuit du 2 mars 2019 à Strasbourg, en France. (Crédit : FREDERICK FLORIN / AFP)
La stèle de 1,6 tonne commémorant le site de l’Ancienne Synagogue de Strasbourg, détruite par les nazis au cours de la Seconde Guerre mondiale, après avoir été vandalisée pendant la nuit du 2 mars 2019 à Strasbourg, en France. (Crédit : FREDERICK FLORIN / AFP)

Un automobiliste a été condamné mardi à 600 euros d’amende et deux mois de suspension de permis pour avoir accidentellement renversé avec son véhicule la stèle de l’ancienne synagogue de Strasbourg, un incident qui avait suscité une vive émotion en plein contexte d’actes antisémites.

Le tribunal correctionnel de Strasbourg a également prononcé une amende de 4e classe de 150 euros à l’encontre du prévenu, âgé de 32 ans et qui comparaissait pour « défaut de maîtrise du véhicule » et « délit de fuite ».

Lors de l’audience le 25 juin, il avait contesté les faits, qui datent de début mars. « J’étais bien sur les lieux mais je n’ai rien fait », a-t-il déclaré mardi à l’AFP. « A cause de cette histoire, j’ai perdu mon boulot » de comptable, a-t-il expliqué, sans indiquer dans l’immédiat s’il entendait faire appel.

Le ministère public avait requis à son encontre une amende de 500 euros et deux mois de suspension du permis ainsi qu’une amende contraventionnelle de 300 euros pour défaut de maîtrise.

Les faits s’étaient produits dans la nuit du 1er au 2 mars. La stèle marquant l’emplacement de l’ancienne synagogue de Strasbourg, détruite par les nazis en 1940, avait été retrouvée au petit matin renversée, quelque temps après la profanation d’un cimetière juif de Quatzenheim, près de Strasbourg.

Cérémonie d’hommage à Quatzenheim après un acte de vandalisme, le 3 mars 2019. (Crédit : FREDERICK FLORIN / AFP)

Immédiatement, la piste d’un nouvel acte antisémite avait été évoquée et de nombreuses voix s’étaient élevées pour le condamner.

Mais quelques jours plus tard, la thèse de l’accident avait finalement été retenue par les enquêteurs : l’examen de la vidéosurveillance et l’audition de différents témoins avaient permis d’identifier cet automobiliste.

Placé en garde à vue, ce trentenaire sans histoire avait reconnu avoir oublié des affaires dans la boîte de nuit, située près de la stèle et dont il sortait avec une amie. Il avait fait marche arrière pour se garer près de l’établissement. Sa passagère a indiqué avoir entendu un choc. Son véhicule présentait plusieurs impacts à l’arrière.

Il avait en revanche nié avoir percuté la stèle.

Son avocate, Me Sendegul Aras, avait plaidé la relaxe, estimant que « l’enquête avait été bâclée » et que la vidéosurveillance, notamment, n’avait pas permis d’identifier formellement le véhicule. L’hypothèse d’un camion de nettoyage, présent sur place au même moment et qui aurait pu endommager la stèle, « n’a pas été suffisamment creusée », a-t-elle expliqué à l’AFP.

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