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« Succès » d’une hotline pour femmes religieuses discriminées au travail en Israël

Sujettes à une grande pression sociale, les femmes ultra-orthodoxes peinent trop souvent à faire valoir leur droit. Elles gagnent en moyenne 35 % de moins que les hommes

Des femmes ultra-orthodoxes sur leur lieu de travail (Credit photo: Nati Shohat / Flash90)
Des femmes ultra-orthodoxes sur leur lieu de travail (Credit photo: Nati Shohat / Flash90)

Un an après son lancement, quel est le bilan de la ligne téléphonique mise à disposition des femmes religieuses ultra-orthodoxes pour les problèmes liés au travail ?

Lancée en octobre 2017 par l’association « Réseau des femmes israéliennes » cette « hotline » offre un espace d’écoute et de conseil à ces femmes « sujettes à des discriminations sur le marché du travail bien plus souvent que les autres Israéliennes, » rapporte La Croix.

Elle a reçu environ 900 appels sur cette période alors qu’Amit Koborom, la responsable de la ligne d’écoute en prévoyait 300. Elle explique les difficultés rencontrées par les femmes ultra-orthodoxes par la « vie en communauté qui peut être une grande source de pression. Quand elles sont victimes d’abus, elles ont parfois peur de se plaindre ».

« Faute de bien connaître leur droit, beaucoup d’entre elles sont sous-payées ou peinent à faire respecter leur acquis sociaux les plus élémentaires, » décrit le quotidien.

Les femmes haredim gagnent en moyenne 37,5 % de moins que les autres travailleuses israéliennes, et sont généralement la source de revenu principale du foyer, leur mari consacrant une partie importante de leur temps à l’étude de la Torah.

Ruth Colian, la dirigeante du parti politique des femmes ultra-orthodoxes, UBizchutan : Haredi Women Making Change devant les bâtiments de la Knesset à Jérusalem, le 25 janvier 2015 (Crédit : Hadas Parush / Flash90)

En 2015 Ruth Colian, 33 ans et mère de quatre enfants avait lancé un parti politique autour des problématiques de ces femmes à l’occasion des élections législatives.

Il s’appelait « Bezhutan : des femmes harédis (ultra-orthodoxes) impulsent le changement »

Les femmes de cette communauté, qui représente environ 10 % de la population israélienne, souffrent notamment de discriminations salariales, de violences domestiques, d’oppression de la part des rabbins, avait-t-elle souligné lors d’une conférence de presse.

Le pourcentage de mortalité pour le cancer du sein est ainsi deux fois plus élevé chez les femmes ultra-orthodoxes que dans le reste de la population, car les examens préventifs sont considérés comme « indécents », avait déploré Colian.

Elle a rappelé que lors d’une réunion de la commission de la Santé du Parlement consacrée à ce sujet, aucun des 18 députés ultra-orthodoxes – tous des hommes – n’était présent.

Son parti a récolté 1 802 voix, soit 0,03 % des bulletins lors de l’élection, pas assez pour siéger à la Knesset.

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