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Suspension au Conseil de l’ONU : La Russie s’indigne du soutien d’Israël

Le ministère des Affaires étrangères russe affirme qu'Israël utilise l'invasion de l'Ukraine pour faire diversion avec le conflit israélo-palestinien

Le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid tient une conférence de presse à Tel Aviv, le 14 avril 2022. (Crédit: Avshalom Sassoni/Flash90)
Le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid tient une conférence de presse à Tel Aviv, le 14 avril 2022. (Crédit: Avshalom Sassoni/Flash90)

Moscou a fustigé vendredi le ministre des Affaires étrangères israélien Yair Lapid plus d’une semaine après qu’Israël s’est joint à d’autres pays pour suspendre la Russie du Conseil des droits de l’homme de l’ONU en raison de son invasion de l’Ukraine.

Une déclaration du ministère russe des Affaires étrangères a accusé Lapid d’une « attaque anti-russe » du fait de ses commentaires après le vote de l’Assemblée générale la semaine dernière. Ce n’est que la deuxième fois qu’un pays a été privé de ses droits d’adhésion au conseil.

« On y voit là une tentative de détourner l’attention de la communauté internationale de l’un des plus longs conflits non résolus – le conflit israélo-palestinien en profitant de la situation autour de l’Ukraine », a déclaré le ministère.

La déclaration s’est poursuivie en injuriant Israël au sujet de « l’occupation illégale et l’annexion rampante des territoires palestiniens ». Il a également dénoncé le blocus de la bande de Gaza dirigée par le Hamas, qui, selon Israël, est nécessaire pour empêcher les armes d’atteindre les groupes terroristes dans l’enclave.

« Il convient également de noter que… la plus longue occupation de l’histoire mondiale d’après-guerre est menée avec la connivence tacite des principaux pays occidentaux et le soutien réel des États-Unis », selon le communiqué.

On ne sait pas exactement ce que Lapid – qui a accusé la Russie de crimes de guerre en Ukraine – a dit après le vote du 7 avril pour attirer la colère de Moscou.

Un communiqué du ministère des Affaires étrangères de l’époque dénonçait « l’invasion injustifiée » de l’Ukraine et accusait les forces russes de « tuer des civils innocents ». Le communiqué cite Lapid disant qu’il n’y a pas eu de changement dans la position d’Israël envers le Conseil des droits de l’homme, qui, selon Jérusalem, a un parti pris anti-israélien, sans faire référence à la Russie ou à son invasion de l’Ukraine.

Il n’y a eu aucune réponse de Lapid ou du ministère des Affaires étrangères à la déclaration russe.

Nadiya Trubchaninova, 70 ans, est assise à côté d’un sac en plastique contenant le corps de son fils Vadym Trubchaninov, 48 ans, tué par des soldats russes à Boutcha le 30 mars, dans la périphérie de Kiev, en Ukraine, le 12 avril 2022. (Crédit: Photo AP/Rodrigo Abd)

Israël a évité de s’aligner trop étroitement sur l’un ou l’autre camp depuis que les troupes russes ont envahi l’Ukraine le 24 février. C’est l’un des rares pays à entretenir des relations relativement chaleureuses tant avec l’Ukraine, une démocratie occidentale, qu’avec la Russie, qui contrôle l’espace aérien au-dessus de la Syrie, dans lequel Israël opère pour cibler les mandataires iraniens.

Mais jeudi, elle a de nouveau rejoint le bloc des pays qui ont voté contre la Russie – une position qu’elle a maintenue depuis qu’elle s’est attirée les foudres de l’administration Biden pour avoir refusé de co-parrainer la première résolution du Conseil de sécurité des Nations unies contre l’invasion de l’Ukraine par Moscou en février. Depuis, Israël s’aligne sur l’Occident pour condamner la Russie dans plusieurs résolutions de l’ONU.

Jérusalem s’est également rapprochée lentement de la position occidentale contre la Russie de manière plus générale, bien qu’il y ait eu une délégation de responsabilité entre le Premier ministre Naftali Bennett, qui jusqu’à récemment cherchait à servir de médiateur entre les parties et évitait largement de critiquer la Russie, et le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid, qui a été beaucoup plus virulent dans ses critiques. Les deux hommes ont condamné le massacre qui a eu lieu à Boutcha, mais seul Lapid a désigné la Russie comme responsable.

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