Syrie : Le chef de l’espionnage russe en visite en Israël
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Syrie : Le chef de l’espionnage russe en visite en Israël

Le chef de la sécurité aurait indiqué à Sergey Naryshkin qu'Israël n'est pas lié au cessez-le-feu en Syrie et au plan de paix avancé par la Russie, l'Iran et la Turquie

Sergey Naryshkin. (CC BY-SA 4.0, Svklimkin, Wikimedia Commons)
Sergey Naryshkin. (CC BY-SA 4.0, Svklimkin, Wikimedia Commons)

Le directeur des services de renseignements étrangers russes serait venu jeudi en Israël pour livrer des informations aux responsables sécuritaires israéliens sur une récente rencontre qui a eu lieu entre les présidents de Russie, de Turquie et d’Iran, consacrée à la recherche d’une solution politique à la guerre civile syrienne.

Tandis qu’il se trouvait en Israël, Sergey Naryshkin a rencontré le ministre de la Défense Avigdor Liberman, le chef du Mossad Yossi Cohen, et le conseiller à la Sécurité nationale Meir Ben Shabbat, a rapporté lundi la Dixième chaîne.

Au cours de la rencontre, Naryshkin a livré des informations sur une réunion qui avait eu lieu vingt-quatre heures auparavant entre Vladimir Poutine, le président turc Recep Tayyip Erdogan et le président iranien Hassan Rouhani à Sochi (Russie), au cours de laquelle les trois chefs d’Etat ont évoqué la négociation d’une fin pacifique à la guerre civile syrienne qui ravage le pays depuis six ans.

Les responsables israéliens, pour leur part, ont répété à Naryshkin qu’Israël n’est en aucun cas lié au cessez-le-feu dans le sud de la Syrie qui a été signé au début du mois, pas plus qu’à un quelconque accord résultant de la rencontre de Poutine avec Erdogan et Rouhani. Les responsables ont également précisé qu’Israël continuerait à agir militairement pour garantir ses intérêts sécuritaires, selon la Dixième chaîne.

En réponse au reportage, un porte-parole du ministère de la Défense a indiqué que « nous ne faisons jamais aucun commentaire sur les réunions qui peuvent avoir eu lieu ou non avec les responsables étrangers des renseignements ».

La semaine dernière, Poutine s’est entretenu par téléphone avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le président américain Donald Trump et d’autres leaders pour les tenir informés sur une réunion organisée avec Assad et sur les discussions avec Erdogan et Rouhani.

Le président russe Vladimir poutine, à gauche, avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu avant leur réunion à Sotchi, le 23 août 2017. (Crédit : Alexey Nikolsky/Sputnik/AFP)

La visite de Naryshkin en Israël survient en amont de nouveaux pourparlers de paix soutenus par l’ONU qui devraient commencer cette semaine à Genève.

Alors que la Syrie et ses appuis iraniens et russes cherchent à cimenter leurs avancées suite à une série de victoires récemment remportées sur le terrain, Israël ne cesse de faire part davantage de son opposition à une présence militaire iranienne chez son voisin du nord.

Selon un reportage diffusé sur la chaîne Hadashot (ancienne Deuxième chaîne), dimanche soir, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a averti le président syrien Bashar Assad via un tiers qu’Israël interviendra militairement dans la guerre civile syrienne si Assad devait permettre à l’Iran de s’implanter en Syrie au niveau militaire.

Cette mise en garde spécifie qu’Israël sortira de la politique de non-intervention que l’Etat juif a maintenue tout au long des six années de guerre civile, a indiqué Yaari, si Assad « invite les forces iraniennes à s’établir en Syrie via un accord de quelque sorte qu’il soit ».

L’Iran a founi un soutien logistique, technique, financier et de formation significatif au régime et aux forces d’Assad et a déployé des conseillers militaires et des troupes de combat en Syrie. La République islamique arme, entraîne et finance également le Hezbollah, le groupe terroriste chiite libanais, qui a envoyé des milliers d’hommes armés se battre aux côtés des soldats d’Assad.

Jusqu’à présent, Israël a offert une aide médicale et humanitaire aux victimes de la guerre de l’autre côté de la frontière, a riposté lorsque des tirs traversaient la frontière, a mené des frappes aériennes pour viser les réserves et les convois d’armement à destination de l’organisation terroriste du Hezbollah. Mais « il n’y a pas eu de ciblage direct de l’armée syrienne ou d’Assad », a noté Yaari.

Ce reportage a noté de manière frappante que cette non-intervention a contrasté avec les politiques israéliennes antérieures. En 2006, par exemple, des avions israéliens avaient dépassé le mur du son (340 mètres par seconde) en survolant le palais présidentiel d’Assad à Lattaquié, ce qui avait été perçu comme une mise en garde lancée à ce dernier suite à son soutien apporté à des groupes terroristes palestiniens.

La référence à toute « invitation » à l’Iran ou « accord » – a continué le reportage – émane du fait que l’Iran et la Russie débattent d’arrangements futurs pour la Syrie selon lesquels toutes les forces étrangères seraient amenées à quitter le pays, à l’exception de celles qui se trouvent sur le territoire syrien suite à un accord ou à une invitation d’Assad.

Les forces russes se sont engagées en Syrie sur la base d’une telle invitation et l’objectif de Netanyahu, avec cet avertissement, « est de dissuader Assad de lancer » une invitation similaire à l’Iran.

Les Iraniens, a noté le reportage, veulent construire « une base navale, éventuellement pour les sous-marins, une base aérienne et des usines pour des armes de précision ».

Au début du mois, la BBC, citant un responsable sécuritaire occidental, a fait savoir que l’Iran était en train d’établir une base permanente sur un site utilisé par l’armée syrienne à proximité d’el-Kiswah, à 14 kilomètres au sud de Damas et à 50 kilomètres de la frontière israélienne.

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