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Téhéran met en garde Washington contre une déstabilisation de la région

Ebrahim Raisi affirme que la République islamique "n'acceptera aucune insécurité ou crise dans la région", alors que Biden souligne son engagement à maîtriser l'Iran

Le candidat à la présidentielle iranienne Ebrahim Raissi, pendant un rassemblement de campagne à Eslamshahr, au sud-ouest de Téhéran, en Iran, le 6 juin 2021. (Crédit : Vahid Salemi/AP)
Le candidat à la présidentielle iranienne Ebrahim Raissi, pendant un rassemblement de campagne à Eslamshahr, au sud-ouest de Téhéran, en Iran, le 6 juin 2021. (Crédit : Vahid Salemi/AP)

Réagissant à la signature du partenariat stratégique israélo-américain, le président iranien Ebrahim Raïssi a mis en garde Washington et ses alliés contre toute tentative, selon lui, de déstabiliser la région.

« Je déclare aux Américains et à leurs alliés régionaux que la nation iranienne n’acceptera aucune insécurité et crise dans la région », a-t-il soutenu, prévenant que « toute erreur dans cette région sera accueillie par une réponse ferme et regrettable ».

« L’Iran islamique est plus fort que jamais et le pouvoir des Américains est plus faible que jamais et ils savent que le projet de pression maximale sur l’Iran a échoué, mais ils répètent cette expérience », a-t-il ajouté.

Le dirigeant iranien a également déclaré que « le régime sioniste devrait savoir que la normalisation des relations avec certains pays ne les sécurisera en aucune façon », une référence possible aux efforts de Washington pour faire progresser les liens entre Israël et l’Arabie saoudite.

Israël craint entre autres qu’une levée des sanctions regarnisse les coffres de l’Iran ce qui lui permettrait d’accroître son soutien à ses alliés régionaux comme les groupes terroristes du Hezbollah libanais ou du Hamas palestinien, bêtes noires de l’Etat hébreu.

Les Etats-Unis de Biden, qui tentent d’étendre le processus de normalisation entre Israël et des pays arabes lancé par Donald Trump, « s’engagent à œuvrer avec d’autres partenaires face aux agressions et activités déstabilisantes de l’Iran », stipule la déclaration.

Le Hamas, au pouvoir à Gaza, a cette semaine « mis en garde contre l’élargissement du processus de normalisation » et dénoncé la visite de M. Biden qui « incarne le soutien absolu des Etats-Unis à l’occupation (israélienne) ».

La « Déclaration de Jérusalem » souligne par ailleurs que les Etats-Unis et Israël coopèreront pour développer des systèmes de défense au laser afin de « défendre l’espace aérien d’Israël ».

A LIRE : Texte intégral de la « Déclaration de Jérusalem » par les Etats-Unis et Israël

Dès son arrivée à Tel-Aviv mercredi, l’armée israélienne a présenté à M. Biden des vidéos montrant des interceptions de drones par le « Iron Beam », un nouveau dispositif de défense antiaérienne au laser.

Front commun malgré des divergences

Les Etats-Unis et Israël ont fait front commun jeudi, malgré des divergences sur la marche à suivre, pour s’assurer que l’Iran ne se dote « jamais » de l’arme nucléaire, Washington promettant d’utiliser « toute » sa puissance pour y parvenir.

A l’occasion de sa première visite au Moyen-Orient, Joe Biden a signé avec le Premier ministre israélien Yaïr Lapid la « Déclaration de Jérusalem sur le partenariat stratégique entre les Etats-Unis et Israël », consacré en partie au dossier du nucléaire iranien.

Le président américain Joe Biden et le Premier ministre Yair Lapid, signent une déclaration à Jérusalem, le 14 juillet 2022. (Crédit : Mandel NGAN / AFP)

Selon ce texte, les Etats-Unis « s’engagent à ne jamais permettre à l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire et à utiliser tous les éléments de leur puissance nationale pour s’en assurer ».

L’attitude à adopter vis-à-vis de Téhéran est une source de flottement entre les Etats-Unis, qui voudraient tenter la voie diplomatique en ressuscitant un accord de 2015 visant à garantir le caractère civil du programme nucléaire iranien, et Israël, qui s’oppose à ce pacte international et souhaite le maintien des sanctions contre l’Iran.

Considéré par les experts comme la seule puissance nucléaire du Moyen-Orient, Israël accuse l’Iran, son ennemi juré, de chercher à se doter de la bombe atomique, ce que ce pays dément catégoriquement.

« C’était une erreur gigantesque du dernier président de se retirer de l’accord car ils (les Iraniens) sont plus près de l’arme atomique aujourd’hui qu’ils ne l’étaient auparavant », a déclaré M. Biden dans un entretien à la chaîne israélienne 12 diffusé mercredi soir.

Il faisait référence au retrait unilatéral de l’accord sur le nucléaire décidé en 2018 par l’ancien président américain Donald Trump qui a réimposé de sévères sanctions à l’Iran, entraînant en riposte le désengagement progressif de Téhéran de l’accord de 2015.

Interrogé s’il était prêt à utiliser la force pour s’assurer que l’Iran n’obtienne pas l’arme atomique, M. Biden a répondu : « oui, si c’est en dernier recours ».

Mais jeudi, M. Biden a affirmé privilégier la voie diplomatique, tout en précisant que les Etats-Unis n’allaient « pas attendre indéfiniment » l’Iran pour parvenir à un accord visant à relancer le pacte moribond de 2015, alors que les négociations piétinent.

Des dirigeants israéliens ont répété ces derniers mois que leur pays entendait conserver sa « liberté d’action » face à l’Iran même en cas d’accord sur le nucléaire.

« La seule chose qui stoppera l’Iran est de savoir que s’il continue de développer son programme nucléaire, le monde libre usera de la force. La seule façon de l’arrêter est une menace militaire crédible », a déclaré jeudi M. Lapid lors d’un point de presse avec M. Biden.

Or dans la « Déclaration de Jérusalem », Washington s’engage « à préserver et à renforcer la capacité d’Israël à dissuader ses ennemis et à se défendre contre toute menace ».

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