Tel Aviv : Le sex-shop casher d’une fille de rabbin vend du piquant pour couples
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Tel Aviv : Le sex-shop casher d’une fille de rabbin vend du piquant pour couples

Les accessoires pour adultes proposés par Chana Boteach, 28 ans, fille du rabbin américain Shmuley, ont pour but de diffuser "la lumière du judaïsme" sans honte

Chana Boteach posant devant des accessoires dans sa boutique Kosher Sex à Tel Aviv, le 10 juillet 2019. (Shoshanna Solomon/Times of Israel)
Chana Boteach posant devant des accessoires dans sa boutique Kosher Sex à Tel Aviv, le 10 juillet 2019. (Shoshanna Solomon/Times of Israel)

Comment un sex toy peut-il être casher ? est la première question soulevée après que le Times of Israel a reçu une invitation à visiter un sex-shop casher qui a récemment ouvert ses portes au cœur de Tel Aviv.

Fondée par Chana Boteach, fille du célèbre et clivant rabbin orthodoxe américain Shmuley Boteach, auteur de livres comme « Kosher Sex : A Recipe for Passion and Intimacy » et « Why Can’t I Fall in Love : A 12 Step Program », la boutique du 25 rue Montefiore à Tel Aviv n’a rien de louche à ce sujet.

En fait, en approchant de la boutique, on a d’abord été déconcerté. Sur la vitrine, on pouvait lire « Kosher Sex » en lettres noires et violettes, mais au premier coup d’œil de l’extérieur, on ne voyait que des vêtements.

« Les vêtements sont un moyen de faciliter l’entrée » pour les clients, explique Boteach, 28 ans, vêtue d’un jean noir et d’un débardeur.

La boutique Kosher Sex a ouvert ses portes à Tel Aviv fin juin. (Shoshanna Solomon/Times of Israel)

Son amie Christina Dickens, qui conçoit et retravaille des vêtements vintage, prévoyait également d’ouvrir un magasin, et les deux femmes ont décidé de s’installer ensemble pour rendre la chose moins intimidante pour les clients à la recherche d’accessoires sexuels, explique Boteach. D’où le nom commun du magasin : Foreign Denim X Kosher Sex.

« Ils regardent les vêtements et jettent un coup d’œil » sur les autres choses, dit Boteach.

Les « autres choses » sont discrètement placées sur une table basse ronde dans un coin du magasin, et sur des étagères murales. À droite, plus près de la vitrine, se trouvent des accessoires tels que des bandeaux, des menottes en soie, des plumes, des bijoux corporels, des bougies, des glands de tétons, des parfums et des huiles. Il y a aussi des jeux de hasard où les couples lancent des dés et reçoivent des instructions sur ce qu’ils doivent faire ensuite.

Vêtements design et vintage de Christina Dickens exposés au Kosher Sex store à Tel Aviv, le 10 juillet 2019. (Shoshanna Solomon/Times of Israel)

A gauche se trouvent les accessoires les plus hardcore, bien qu’ils soient d’apparence innocente. Les couleurs pastel claires et les lignes douces les font ressembler plus à des articles ménagers du designer italien de bon goût Alessi – salières, ouvre-bouteilles, porte-rouleaux de cuisine – qu’à des sex toys.

« Nous avons une gamme de produits très variés et je m’assure que tout soit sans danger pour le corps et bon pour l’environnement », dit Boteach. « Rien n’est vulgaire. La sexualité est complexe. Ce sont des objets qui peuvent être utilisés avec un partenaire pour créer plus d’intimité. »

Des sex toys de couleur pastel exposés dans la boutique Kosher Sex à Tel Aviv, le 10 juillet 2019. (Shoshanna Solomon/Times of Israel)

Parmi les articles exposés, on peut citer un vibromasseur à piles en silicone souple appelé Zen ; un vibromasseur à doigts appelé Fin qui est rechargeable par USB et devient une extension du doigt ; un vibromasseur mains libres rechargeable – un appareil en forme d’œuf rose clair dont les bras peuvent envelopper un point de plaisir ; et un vibromasseur rechargeable « baguette magique ». Le Minamo, un gadget en silicone souple vibrant bleu clair, est conçu pour s’adapter en douceur aux contours du corps féminin.

Alors, qu’est-ce qui fait qu’un toy est casher ? C’est la finalité des objets, explique Boteach. Les aides sexuelles sont destinées à « aider les couples mariés à créer de l’intimité dans une relation ».

« Ce sont des objets qui servent à créer plus d’intimité avec un partenaire », a ajouté Boteach. « Les gens se marient et restent dans une relation pendant longtemps. Les accessoires peuvent aider les gens à pimenter les choses entre eux. Il est très difficile de perpétuer le désir et la nouveauté dans une relation à long terme. Vous devez redécouvrir l’intimité entre deux personnes, et pour cela vous devez apprendre quelque chose de nouveau tout le temps, et ces objets peuvent vous aider à le faire. »

Mme Boteach dit ne pas se soucier des réactions hostiles ou de l’approbation des rabbins. « Mon père est rabbin », dit-elle en riant. « Je me contenterai de son approbation. »

Elle a ajouté qu’un rabbin est récemment entré dans son magasin et lui a dit que ce qu’elle faisait « est très important ».

« Le judaïsme a tant à offrir », dit-elle. « La sexualité n’est pas un tabou. On y parle du mariage et de la sainteté et de ce que l’on devrait vivre dans une relation. Un homme a le commandement de satisfaire sa femme. Il y a tant de sagesse dans le judaïsme », et ce message doit être diffusé.

Des livres du rabbin Shmuley Boteach « Kosher Sex : A Recipe for Passion and Intimacy » (Une recette pour la passion et la vie intime) sont exposées dans la boutique Kosher Sex à Tel Aviv, aux côtés de certains des accessoires proposés. (Shoshanna Solomon/Times of Israel)

Les livres « Kosher Sex » de son père sont exposés et en vente dans le magasin, pour donner aux clients une perspective plus complète de leur vie sexuelle. Sur son comptoir, Boteach propose également de petites boîtes contenant des bougies de Shabbat, à distribuer aux femmes pour les encourager à allumer des bougies le vendredi soir.

La boutique, qui vend également en ligne, a ouvert ses portes fin juin et Boteach est toujours en attente des autorisations nécessaires auprès du ministère de la Santé et de l’Institut de normalisation et de certification pour les produits qu’elle importe.

« J’ai encore une tonne de choses à offrir », dit-elle, y compris des produits pour aider les femmes enceintes ou ménopausées et pour soulager la douleur que ressentent certaines personnes pendant les rapports sexuels. « Tout ce qui peut aider les gens », dit-elle.

Boteach, qui a immigré en Israël en 2011, a déclaré que cette boutique faisait partie de sa mission dans la vie.

« Le judaïsme est le centre de ma vie, mais je vis aussi dans un monde moderne », dit-elle. « Je veux concilier les deux. C’est ma façon d’apporter la lumière du judaïsme dans ce monde. »

Pendant que Boteach parle, Merav, 42 ans, qui préfère ne pas révéler son nom de famille, entre dans le magasin. C’est une femme laïque et une cliente. Elle avait acheté un vibromasseur Zen à l’ouverture du magasin et venait maintenant pour y jeter un autre coup d’œil.

« Je suis déjà allée dans de nombreux sex-shops », dit Merav. « Mais Chana vous donne l’impression d’acheter quelque chose dont vous avez besoin, sans avoir honte. Elle vous explique comment utiliser un vibromasseur comme elle vous expliquerait comment appliquer de la crème sur votre visage. »

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