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Toujours à la poursuite de Netanyahu, Eli Avidar annonce la création de son parti

En lançant la campagne d'Israël Hofshit, l'ancien ministre d'Yisrael Beytenu promet de se battre pour les libertés individuelles et contre la corruption

Eli Avidar participant à une manifestation contre Benjamin Netanyahu à Jérusalem, le 22 août 2020. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)
Eli Avidar participant à une manifestation contre Benjamin Netanyahu à Jérusalem, le 22 août 2020. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

L’ancien député de Yisrael Beytenu, Eli Avidar, a lancé son nouveau parti libertaire mardi, promettant d’utiliser sa faction Israël Hofshit (« Israël Libre ») pour poursuivre des réformes de la justice pénale qui rendront impossible pour une personne mise en examen de servir comme Premier ministre.

Avidar, qui a acquis une certaine notoriété grâce à son rôle actif dans les manifestations anti-corruption de 2020-2021 contre le Premier ministre de l’époque, Benjamin Netanyahu, s’est séparé du gouvernement et de son ancien parti en février, et a critiqué ses anciens alliés mardi pour ne pas avoir réussi à faire passer une loi visant à empêcher Netanyahu de reprendre le pouvoir.

Il est temps pour un « Israël libre de tout dictateur, de toute corruption, de toute coercition, de toute peur, de toute incitation, du tout racisme, de toute intimidation, de toute exploitation, de tout crime organisé et de politiciens fragiles qui oscillent sans cesse afin de se précipiter dans les bras de Netanyahu au moment de la vérité », a écrit Avidar dans une déclaration annonçant la formation de son nouveau parti.

Bien qu’il ait évoqué une candidature indépendante depuis des mois, Avidar se joint la course à la Knesset du 1er novembre après une année tumultueuse en politique. Entré à la Knesset avec le parti laïc de droite Yisrael Beytenu en 2019, Avidar s’est éloigné du parti après n’avoir pas obtenu de poste ministériel lors de la formation du gouvernement sortant actuel en juin 2021.

Il a ensuite été ramené dans la coalition via un poste ministériel au sein du bureau du Premier ministre, qu’il a également rejeté par la suite en raison de son manque d’influence.

Après avoir mené une campagne agressive contre la corruption et le gaspillage, Avidar s’est vu reprocher d’avoir accepté de siéger dans un gouvernement déjà hypertrophié.

Les membres de Yisrael Beytenu Alex Kushnir, à gauche, Eli Avidar, au centre et le chef du parti Avigdor Liberman lors d’un pique-nique pour la fête de l’indépendance d’Israël, le 10 mai 2019. (Crédit : Facebook)

Il n’a pas indiqué de direction politique spécifique pour son nouveau parti, mais a indiqué qu’il mettrait en avant les valeurs libertaires.

« Le parti fera avancer les projets de loi sur les accusés criminels, la réforme de la gouvernance, un nouveau contrat avec le citoyen, l’éthique, et se battra pour le droit de chaque citoyen à s’épanouir avec respect et à vivre comme il l’entend », a-t-il écrit.

Le législateur a été un défenseur passionné des libertés individuelles et a critiqué le gouvernement dans lequel il a siégé pendant six mois pour avoir suivi les traces de la direction précédente en imposant des règles de pandémie de grande envergure restreignant les libertés individuelles.

Le député Eli Avidar, du parti Yisrael Beytenu, à la Knesset le 21 juin2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Il a d’abord refusé de se faire vacciner contre la COVID-19 et s’est insurgé contre les décideurs politiques qui « font pression » sur les citoyens pour qu’ils se fassent vacciner. Il n’a reconnu s’être fait vacciner que quelques jours avant de prêter serment au cabinet.

L’une de ses principales initiatives à la Knesset était le projet de loi sur les accusés criminels, qui aurait empêché les politiciens inculpés de former un gouvernement. Cependant, cette initiative, ainsi que d’autres visant apparemment à bannir Netanyahu de la scène politique, a été bloquée en l’absence de soutien total de la coalition.

« Tous ceux qui ont refusé de faire passer le projet de loi sur les accusés criminels ont conduit au renversement du ‘gouvernement du changement’ et ont soutenu la politique du gouvernement Netanyahu de piétinement des droits civils », a écrit Avidar mardi.

Le premier ministre de l’époque Naftali Bennett, à droite, et le député Yisrael Beytenu Eli Avidar assistant à une séance plénière à la Knesset, le 12 juillet 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Il a déclaré que les politiciens qui ne soutiennent pas les initiatives « le paieront dans les urnes ».

« Il est temps qu’Israël se libère de Netanyahu et que tout individu inculpé pénalement ne puisse pas former un gouvernement », a-t-il écrit dans la déclaration.

Avidar devra faire face à une foule d’autres partis qui se disputeront les voix des Israéliens lors des prochaines élections, et il pourrait tenter de fusionner sa faction avec un parti de même sensibilité si les sondages montrent qu’il tombe sous le seuil des 4 sièges.

Le parti n’a pas encore fourni sa liste de membres, mais a déclaré qu’il le ferait ultérieurement. Les listes des partis doivent être finalisées et soumises avant le 15 septembre.

Les projets d’Avidar pour le nouveau parti ont été signalés pour la première fois en mars. À l’époque, l’ancien premier ministre Ehud Barak aurait été impliqué dans l’initiative, bien qu’un porte-parole d’Israël Hofshit ait déclaré mardi que Barak ne faisait pas partie de la faction naissante.

Dossier : Omri Paz, fondateur et PDG de Vegan Friendly, à gauche, avec le député Yisrael Beytenu Eli Avidar en 2019. (Crédit : Avec l’aimable autorisation/Zman Yisrael)

Le parti a fait face à son premier défi dès le départ, de la part du chef d’une ONG portant le même nom en hébreu qui œuvre pour la séparation de la religion et de l’État.

« Avec tout le respect qui est dû au député Avidar et aux tendances politiques passagères, il n’y a qu’un seul Israël Hofshit. Nous utiliserons tous les moyens légaux pour l’empêcher d’utiliser le nom de l’organisation à des fins politiques », a déclaré le directeur exécutif Uri Keidar.

Un porte-parole de la faction a répondu qu’il n’avait absolument pas l’intention de changer de nom.

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