Kakhol lavan coule son projet de loi de démission d’un Premier ministre inculpé
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Kakhol lavan coule son projet de loi de démission d’un Premier ministre inculpé

Le parti centriste est raillé par ses anciens alliés pour s'être opposé à une proposition qu'il avait présentée avant de rejoindre le gouvernement dirigé par Netanyahu

Le président de Kakhol lavan Benny Gantz (g) et le Premier ministre Benjamin Netanyahu à la Knesset le 17 mai 2020. (Crédit : Knesset)
Le président de Kakhol lavan Benny Gantz (g) et le Premier ministre Benjamin Netanyahu à la Knesset le 17 mai 2020. (Crédit : Knesset)

Un projet de loi qui obligerait le Premier ministre Benjamin Netanyahu à démissionner en raison des accusations criminelles portées contre lui a été rejeté mercredi par la Knesset.

Parmi les partis qui se sont opposés au projet de loi, on trouve Kakhol lavan qui, en mars, avait soumis la proposition législative avec Yisrael Beytenu avant de décider de se joindre à un gouvernement dirigé par Netanyahu dans un revirement surprise. Le leader de Kakhol lavan, Benny Gantz, a fait campagne pour remplacer Netanyahu et sa décision de former une coalition avec le Premier ministre a conduit à l’éclatement de son alliance centriste.

Le projet de loi, présenté par le député Yisrael Beytenu Eli Avidar, a été rejeté à 60 contre 23 lors d’une lecture préliminaire.

En plus d’exiger qu’un Premier ministre démissionne dans les 30 jours suivant sa mise en accusation, le projet de loi aurait également obligé les ministres et vice-ministres à démissionner de leurs fonctions au lendemain des accusations portées contre eux.

Le chef de l’opposition Yair Lapid à la Knesset lors de la présentation du 35e gouvernement d’Israël, le 17 mai 2020. (Knesset/Adina Veldman)

Alors qu’un arrêt de la Cour suprême de justice prononcé en 1993 oblige les ministres ou les vice-ministres à démissionner s’ils sont mis en accusation, les Premiers ministres n’ont pas à le faire.

Gantz, qui est aujourd’hui ministre de la Défense et Premier ministre d’alternance, a été raillé lors du vote par son ancien allié, le chef de l’opposition Yair Lapid.

« C’est le document original de ce projet de loi qui a été signé et soumis en mars. La première signature est celle de Benny Gantz, et la seconde celle d’Avi Nissenkorn, qui est devenu le ministre de la Justice d’Israël », a déclaré M. Lapid.

Lors de la session plénière, le chef d’Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, et le ministre des Communications, David Amsalem, ont eu des échanges acérés sur le projet de loi.

Amsalem, un membre du parti Likud de Netanyahu, a accusé le faucon Liberman d’agir par animosité envers Netanyahu et de « se joindre à la députée Heba Yazbak… qui glorifie les martyrs. » Le ministre du Likud faisait référence à un post Facebook de 2015 partagé par Yazbak faisant l’éloge d’un terroriste assassiné.

« Vous avez été réduit à vous prostituer », a dit M. Liberman à propos d’Amsalem. « Les choses que vous avez dites n’ont aucun rapport avec la réalité. »

Le leader d’Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, tient une conférence de presse à Neve Ilan, près de Jérusalem, le 11 mars 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

M. Liberman a également noté que quand Ehud Olmert, le prédécesseur de Netanyahu au poste de Premier ministre, faisait l’objet d’une enquête pour corruption présumée (bien avant qu’il ne soit finalement inculpé), Netanyahu l’a appelé à se retirer.

Netanyahu, qui a été accusé de corruption, d’escroquerie et d’abus de confiance, est devenu le mois dernier le premier Premier ministre israélien en exercice à être traduit en justice. Il nie les méfaits et affirme sans preuve que les accusations sont une tentative de ses rivaux politiques, des médias, de la police et des procureurs pour le forcer à quitter ses fonctions.

A LIRE – Etat d’Israël vs. Netanyahu : détails de l’acte d’accusation du Premier ministre

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