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Tragédie de Nahal Tzafit: deux anciens employés accusés d’homicide après la crue

Les anciens directeur et conseiller de l'académie Bnei Zion sont accusés d'avoir ignoré les alertes météo et maintenu une randonnée lors de laquelle 10 jeunes gens ont péri

Des forces de secours près du lieu où 10 jeunes Israéliens ont été emportés par les inondations dans le lit de la rivière Tzafit, près de la mer Morte dans le sud d'Israël, le 26 avril 2018. (Maor Kinsbursky / Flash90
Des forces de secours près du lieu où 10 jeunes Israéliens ont été emportés par les inondations dans le lit de la rivière Tzafit, près de la mer Morte dans le sud d'Israël, le 26 avril 2018. (Maor Kinsbursky / Flash90

Deux anciens employés d’une académie prémilitaire qui avaient organisé une randonnée l’an dernier près de la mer Morte lors de laquelle 10 adolescents avaient trouvé la mort à cause d’une crue éclair, ont été mis en examen.

Yuval Zion, l’ancien directeur et Aviv Bardichev, l’un des conseillers, ont été inculpés par le tribunal de Beer Sheva de 10 chefs d’accusations chacun d’homicide par négligence, un crime passible d’une peine de prison pouvant aller jusqu’à 12 ans par chef d’accusation.

Les procureurs ont également accusé les anciens employés d’avoir causé des lésions corporelles graves en organisant la randonnée à Nahal Tzafit en avril 2018.

Ils ont été accusés d’homicide, malgré les recommandations de la police préconisant une accusation d’homicide involontaire parce qu’il n’avait pas été mis au courant des conditions météo en amont de la randonnée, à l’inverse de Bardichev.

Les bénévoles du service de secours ZAKA transportent les corps des adolescents israéliens tués lors d’une crue subite à proximité de la mer Morte, le 26 avril 2018 (-Crédit : ZAKA)

Dans l’acte d’accusation, les procureurs ont déclaré que « l’imprudence » des prévenus et leur refus de prendre des mesures de précaution ont causé la mort de 10 lycéens et fait deux blessés.

Les administrateurs de l’académie Bnei Zion avaient, selon l’acte d’accusation, insisté pour partir en randonnée près de la mer Morte avec 25 étudiants, en dépit des alertes météo inquiétantes qui leur avaient été transmises.

Yuval Kahan. (Autorisation : Académie prémilitaire Bnei Zion)

Bardichev est accusé d’avoir modifié l’itinéraire de l’excursion, annulant le passage près de la rivière Tzeelim au profit de celle de Tzfit, malgré les mises en garde des services météorologiques qui préconisaient de ne pas se rendre dans la région en raison des crues. L’éducateur avait même reçu un e-mail déconseillant les randonnées dans la région.

Kahan, de son côté, aurait eu connaissance du changement d’itinéraire, mais choisi de faire confiance à Bardichev, ignorant les alertes intempéries et les mauvaises conditions météos.

Dans un message WhatsApp diffusé avant la randonnée, ils ont assuré aux participants qu’il n’y avait aucune raison de s’inquiéter.

Les étudiants ont été pris au piège dans une crue pendant qu’ils traversaient le Nahal Tzafit, une promenade populaire le long d’un lit de rivière au sud de la mer Morte.

Montage photo des 9 des 10 victimes d’une inondation soudaine dans le sud d’Israël le 27 avril 2018 : Ilan Bar Shalom (en haut à gauche), Shani Shamir (en haut, au centre), Agam Levy (en haut à droite), Romi Cohen ( milieu, gauche), Tzur Alfi (milieu, centre), Ella Or (milieu, droite), Gali Balali (bas, gauche), Maayan Barhum (bas, centre), Yael Sadan (bas, droite) (Crédit : Autorisation Facebook)

Neuf jeunes filles et un jeune homme ont péri, emportés par la crue : Shani Shamir, Ella Or, Maayan Barhum, Yael Sadan, Tzur Alfi, Agam Levy, Romi Cohen, Gali Balali, Adi Raanan et Ilan Bar Shalom.

Après la mise en accusation lundi, les parents des adolescents décédés ont exprimé leur soulagement.

« C’est une journée difficile – peut-être la plus difficile – mais c’est rassurant de savoir que des accusations plus lourdes ont été déposées, et qu’aucun d’eux ne s’en tirera comme ça », a déclaré Itzik Or, père de Ella, aux médias israéliens.

« J’espère juste que la cour les traitera avec justice pendant le procès et la condamnation, parce que c’est une tragédie qui n’aurait jamais dû se produire », a-t-il dit.

D’autres parents ont demandé la création d’une commission indépendante pour enquêter sur l’incident et gérer la supervision des académies prémilitaires.

Les amis et la familles près de la tombe d’Ella Or au cours de ses funérailles à Mishor Adumim après sa mort, aux côtés de neuf autres adolescents, causée par une crue soudaine. Photo prise le 27 avril 2018 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Nous voulons un changement dans la supervision aux ministères de l’Education et de la Défense », a déclaré Romi Cohen, le père d’Ofer. « L’Etat doit en faire une priorité nationale. »

« Nous n’avons d’autre choix que d’accepter cette mise en accusation telle qu’elle est, et même si les juges appliquent la sanction la plus dure et qu’ils vont en prison pour 10-12 ans, cela ne nous apaisera pas », a-t-il ajouté.

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