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Transports: Regev critiquée pour un projet qui désavantage les habitants des villes riches

Le ministère des Transports a considérablement baissé le prix du pass mensuel pour les zones périphériques, qui comprennent Jérusalem et la plupart des villes haredi et arabes

La ministre des Transports Miri Regev arrivant à une réunion hebdomadaire du cabinet au Bureau du Premier ministre, à Jérusalem, le 7 mai 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
La ministre des Transports Miri Regev arrivant à une réunion hebdomadaire du cabinet au Bureau du Premier ministre, à Jérusalem, le 7 mai 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le projet, dévoilé mercredi et destiné à éviter une hausse du prix des transports publics, provoque un véritable raz de marée de critiques pour son iniquité, car les avantages ne bénéficient qu’à certaines municipalités alors que le programme est financé par les villes les plus riches situées dans le centre du pays.

Les habitants des grandes villes du centre – comme Tel Aviv, Modiin, Rishon Lezion, Petah Tikva, Rosh Haayin, Herzliya ou Rehovot – devraient bientôt payer bien plus cher que dans d’autres villes au moment d’acheter leur laissez-passer mensuel.

Les habitants de Jérusalem et de la quasi-totalité des villes haredi et arabes, comme des implantations de Cisjordanie, bénéficieraient automatiquement de tarifs réduits, indépendamment de leur situation personnelle.

Selon le journal financier Calcalist, un habitant de Bat Yam, une zone socio-économique déshéritée, paierait 305 shekels pour son laissez-passer mensuel, là où les riverains de Givatayim, situé juste à côté, paieraient 610 shekels, soit une différence de 3 660 shekels par an.

Un communiqué conjoint des ministères des Transports et des Finances a expliqué que le projet avait pour objectif d’éviter une augmentation de 12 % du tarif des bus et des trains.

Il prévoit une réduction de 50 % du tarif des laissez-passer mensuels dans plusieurs villes – celles de la périphérie et les villes les moins riches (dont Jérusalem) – et pour ceux qui bénéficient de prestations de la part de l’Institut national d’assurance [bituah leumi], c’est-à-dire les personnes âgées ou handicapées.

Vue d’une machine, à l’intérieur d’un bus, qui permet aux passagers d’acheter leur billet, à Jérusalem, le 15 décembre 2020. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les soldats démobilisés bénéficieront d’une année gratuite de transport et les jeunes de 18 à 26 ans d’une réduction de 33 %.

La ministre des Transports, Miri Regev, a expliqué que ces tarifs réduits seraient accordés aux utilisateurs de laissez-passer mensuels afin d’encourager les gens à utiliser les transports en commun plutôt que leur voiture pour réduire les embouteillages.

Les trajets individuels en bus et en train resteront au même prix dans tout le pays.

Selon le communiqué, ces avantages seraient financés par « le ministère des Transports, le ministère des Finances et l’Autorité pour le développement de la population haredi » ainsi que par la hausse des tarifs du tramway.

Le premier tronçon du tramway de Tel Aviv devrait ouvrir en août prochain.

Le projet ne précise pas le niveau de hausse des tarifs, mais les médias israéliens l’estiment à 8 ou 9 shekels par trajet, contre 5,5 shekels pour un voyage en bus ou en tramway à Jérusalem, lui aussi susceptible d’augmenter.

La nouvelle station de métro Allenby de la ligne Rouge à Tel Aviv, le 23 juin 2022. Une partie du réseau de transport en commun est souterraine. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

La cheffe du parti Avoda, Merav Michaeli, ex-ministre des Transports, a accusé Regev d’avoir conclu un « accord véreux » avec les députés haredi.

« Les laïcs vont payer pour les haredi. Les habitants de Ramat Gan et Petah Tikva pour ceux de Bnei Brak », a tweeté Michaeli.

« Il n’y a plus d’égalité : il y a désormais une population qui travaille et une autre, pour laquelle nous travaillons tous. »

Le député Avoda Gilad Kariv a critiqué le projet de réduction des tarifs dans les villes haredi au détriment d’autres régions : « On ne peut pas baisser les tarifs que pour quelques-uns », a-t-il déclaré. « Cette époque-là est révolue. »

La députée Avoda Naama Lazimi a déclaré qu’une telle approche ne faisait qu’alimenter les clivages dans le pays.

« Dans la périphérie sociale et dans les quartiers les plus anciens, il y a des gens qui ont besoin d’un tarif réduit pour les transports en commun. Même ceux qui n’ont pas beaucoup d’enfants peuvent souffrir d’insécurité alimentaire », a-t-elle écrit.

« Dans la périphérie également, il y en a qui seraient ravis d’avoir les mêmes budgets et les mêmes investissement dans l’éducation que ceux qui se trouvent au-delà de la Ligne verte. »

L’ex-ministre des Communications, Yoaz Hendel, a déclaré que le projet de Regev semblait « taillé pour inciter à la haine ».

« Que va en penser quelqu’un qui a fait son service, qui paie ses impôts et qui se trouve en difficulté ? », a-t-il demandé.

« Il faut aider la population haredi à sortir de la pauvreté et à s’intégrer… Mais déverser sur elle l’argent des impôts du reste de la population est une stupidité et une injustice économique. »

Illustration : Un bus à Tel Aviv le 6 février 2017. (Crédit : Sebi Berens/Flash90)

Ce projet n’est pas sans en rappeler un autre, également très controversé, visant à redistribuer les impôts fonciers locaux des zones aisées vers les municipalités plus pauvres.

Dans le cadre de ce projet du Fonds Arnona, le gouvernement prélèverait un pourcentage des impôts fonciers collectés par les autorités municipales auprès des entreprises pour alimenter un fonds destiné à aider les municipalités pourvu d’une activité commerciale plus modeste.

Des voix critiques reprochent à la coalition de vouloir utiliser ces fonds pour financer les demandes sectorielles de ses partenaires de coalition, comme les subventions à la communauté haredi. Ils ont également relevé que les implantations de Cisjordanie étaient exemptées de contribution à ce fonds mais pourraient en bénéficier, et que celui-ci était fait de telle manière que les municipalités arabes seraient moins susceptibles de recevoir des prestations.

Le Fonds Arnona a été créé cette année, mais il n’est pas impossible que le gouvernement en modifie le principe au regard des vives réactions auquel il fait face.

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