Trêve à Gaza : Israël demanderait le retour des corps des soldats
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Trêve à Gaza : Israël demanderait le retour des corps des soldats

L'envoyé qatari qui convoyait des fonds a été retardé par des responsables israéliens à la frontière avec Gaza, ont dit des sources palestiniennes, sur fond de tensions croissantes

Photo montage des soldats de Tsahal Oron Shaul (à gauche) et Hadar Goldin (à droite).
Photo montage des soldats de Tsahal Oron Shaul (à gauche) et Hadar Goldin (à droite).

Des sources du Hamas ont indiqué samedi qu’Israël avait demandé au groupe terroriste une reprise des pourparlers sur le retour des dépouilles des soldats tombés au combat en échange du calme dans la bande de Gaza.

Les sources ont indiqué au site d’information Arabic 21 que le Hamas avait refusé la demande, selon un reportage de la Treizième chaîne.

Le Hamas détiendrait les corps des soldats israéliens Oron Shaul et Hadar Goldin, dont les dépouilles ont été capturées par le groupe terroriste lorsqu’ils ont été tués dans la bande au cours de l’opération Bordure protectrice.

Le groupe terroriste a aussi placé en détention les civils israéliens Abera Mengistu et Hisham al-Sayed.

Le coordinateur spécial des Nations unies pour le processus de paix au Moyen-Orient Nickolay Mladenov lors d’une conférence de presse au cours d’une visite à Gaza, le 15 juillet 2018. (Crédit : (Wissam Nassar/Flash90)

Le reportage a ajouté que l’envoyé de l’ONU au Moyen-Orient, Nickolay Mladenov, travaillait pour empêcher une plus importante détérioration de la situation entre Israël et le Hamas.

Mladenov aurait transmis un message du Hamas à Israël. Le groupe terroriste y attribuerait la responsabilité de toute escalade future à Jérusalem, affirmant que l’Etat juif ne remplit pas les conditions exigées dans l’accord officieux de cessez-le-feu. Mladenov a expliqué au Hamas qu’Israël voulait le maintien du calme.

Pour sa part, l’envoyé qatari qui était supposé entrer à Gaza avec une livraison de fonds en liquide, samedi, a été retardé par Israël, ont noté des sources palestiniennes auprès du journal Al Quds, selon des informations véhiculées par les médias israéliens.

Les responsables israéliens ont retenu l’envoyé pour évoquer avec lui différents sujets liés à l’accord de paix officieux. Le délégué devrait rencontrer les leaders du Hamas et les tenir au courant des développements survenus durant la trêve.

Samedi, une nouvelle recrudescence des violences a éclaté, avec notamment deux nuits d’attaque à la roquette qui ont entraîné des frappes de représailles ainsi qu’une série de ballons incendiaires envoyés au sein de l’Etat juif.

Plusieurs milliers de Palestiniens se sont réunis le long de la frontière à l’occasion des manifestations hebdomadaires du vendredi, et plusieurs centaines d’entre eux ont participé à de violentes émeutes. Les manifestants ont lancé des dispositifs explosifs et des pierres sur les soldats israéliens. Ils ont également tenté de prendre d’assaut la clôture de sécurité à un endroit.

Les soldats ont répondu à l’aide de gaz lacrymogènes et de tirs à balles réelles. Selon le ministère de la Santé de Gaza, 46 personnes ont été blessées.

Les ballons incendiaires ont été à l’origine d’au moins sept feux, causant notamment deux sinistres importants à proximité des kibboutzim Nahal Oz et Kfar Aza. Les flammes ont également endommagé la réserve naturelle de Beeri.

Les équipes de sapeurs-pompiers et les résidents locaux sont parvenus à les éteindre, a fait savoir le service des incendies.

Les pompiers se battent contre un incendie déclenché par des ballons chargés de combustibles envoyés depuis Gaza, le 14 juin 2019. (Crédit : Service des incendies et des secours)

Les avions-chasseurs israéliens ont accompli des frappes multiples au sein de l’enclave côtière vendredi, avant l’aube, quelques heures après qu’une roquette s’est abattue sur une école religieuse du sud d’Israël, entraînant des dégâts matériels. L’armée a fait savoir dans un communiqué que ses appareils avaient visé « plusieurs cibles terroristes, notamment des infrastructures terroristes dans des complexes militaires ».

La roquette, qui n’a pas explosé, est tombée à l’extérieur d’une yeshiva de Sdérot. Un certain nombre de fenêtres en acier ont été brisées, les débris tombant sur le trottoir. La majorité des étudiants étaient repartis chez eux pour le week-end mais plusieurs personnes se trouvaient néanmoins à l’intérieur du bâtiment.

Un homme aux abords d’une école religieuse de Sdérot, après qu’elle a été touchée par une roquette envoyée depuis la bande de Gaza, le 13 juin 2019. (Crédit : AP/Tsafrir Abayov)

Tôt dans la matinée de jeudi, une roquette tirée depuis Gaza vers la communauté de Nirim, dans le sud du pays, avait été interceptée par le système antimissile du Dôme de fer.

Au vu des tensions accrues, l’armée israélienne a augmenté vendredi le déploiement de ses batteries de défense du Dôme de fer dans le sud du pays.

Les attaques à la roquette ont entraîné des appels croissants des politiciens à une opération militaire majeure, avec notamment l’assassinat des chefs du Hamas.

Aucun groupe palestinien n’a revendiqué la responsabilité des attaques, mais l’armée attribue généralement la responsabilité des violences émanant de l’enclave au Hamas.

Le chef du Hamas, Ismail Haniyeh, a fait savoir vendredi à Mladenov que le Hamas ignorait qui avait lancé les roquettes en direction de l’Etat juif la semaine passée et qu’une enquête avait été ouverte afin de le déterminer.

Le leader du Hamas Ismail Haniyeh visite un bâtiment détruit à Gaza City, le 27 mars 2019. (Crédit : AP Photo/Adel Hana)

Depuis la dernière éruption de violences majeures au début du mois de mai, le Hamas a fait largement en sorte de contenir les activités violentes lors des rassemblements. Néanmoins, son intention de continuer à mettre en œuvre cette politique reste indéterminée.

Des généraux de l’armée israélienne devraient recommander une réponse bien plus forte aux tirs de roquettes et aux ballons incendiaires envoyés depuis la bande de Gaza après les attaques, a fait savoir la Douzième chaîne vendredi.

Citant une source majeure de Tsahal, l’analyste militaire de la Douzième chaîne, Roni Daniel, a expliqué que l’Etat juif est « au bord d’une campagne militaire très grave » et noté que l’armée israélienne réfléchissait à mettre un terme à sa politique de mise en garde des occupants des bâtiments visés par les frappes aériennes, même au coût d’éventuelles victimes.

Les analystes politiques ont noté pour leur part qu’il était improbable que le gouvernement donne son autorisation à une campagne militaire d’ampleur avant les élections du mois de septembre.

Les tensions avec Gaza se sont accrues ces dernières semaines. Israël a notamment interdit aux pêcheurs gazaouis l’accès au large en réponse aux multiples attaques de ballons incendiaires lancés par-delà la frontière.

Le Hamas a accusé Israël de ne pas mettre pleinement en oeuvre un cessez-le-feu officieux conclu entre les deux parties. Jérusalem affirme que les groupes terroristes palestiniens contreviennent aux termes de la trêve.

Un rabbin à l’intérieur d’une école religieuse de Sderot, en Israël, après qu’elle a été touchée par une roquette tirée depuis la bande de Gaza, le 13 juin 2019. (Crédit : AP/Tsafrir Abayov)

Ces tensions menacent de défaire le cessez-le-feu négocié à l’issue d’une escalade majeure des tensions survenue au début du mois de mai. Les deux parties s’étaient affrontées dans des échanges de violences sans précédent depuis des années, entraînant la mort de quatre Israéliens et de 29 Gazaouis.

Selon la Douzième chaîne, l’accord du mois dernier stipule que le Hamas a l’obligation de mettre un terme aux incidents violents le long de la frontière et aux tentatives de franchissement de la frontière maritime avec Israël. Il doit également maintenir une zone-tampon d’environ 300 mètres autour de la frontière et cesser l’envoi de ballons incendiaires vers les communautés israéliennes ainsi que les échauffourées nocturnes opposant les Gazaouis aux forces de sécurité israéliennes.

En échange, l’Etat juif s’est engagé à élargir la zone de pêche autorisée et à permettre la mise en œuvre des programmes « cash-for-work » des Nations unies ainsi que l’entrée des médicaments et autres aides civiles dans la bande. Il a aussi accepté d’ouvrir des négociations sur des affaires relatives à l’électricité, aux postes-frontières, aux soins de santé et aux financements.

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