Trump : c’est à Israël de financer l’aide à l’AP, pas à Washington – médias
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Trump : c’est à Israël de financer l’aide à l’AP, pas à Washington – médias

"Si c'est important pour Netanyahu, il n'a qu'à verser 12 millions de dollars aux Palestiniens", a déclaré le président américain après une demande d'aide par Jérusalem

Le président américain Donald Trump, (à gauche), accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à la Maison Blanche, à Washington, le 25 mars 2019. (Crédit : Manuel Balce Ceneta/AP)
Le président américain Donald Trump, (à gauche), accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à la Maison Blanche, à Washington, le 25 mars 2019. (Crédit : Manuel Balce Ceneta/AP)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a demandé au début de l’année aux Etats-Unis de transférer des fonds aux forces de sécurité palestiniennes en Cisjordanie afin de soutenir les efforts de lutte anti-terroriste, mais le président américain Donald Trump avait répondu à Netanyahu qu’il n’avait qu’à financer cela lui-même, selon un rapport d’Axios mercredi.

Selon l’article de Barak Ravid, qui est également journaliste à la Treizième chaîne israélienne, Israël a formulé cette demande après avoir appris que le département d’Etat disposait de 12 millions de dollars censés être alloués aux Palestiniens, mais qui n’avaient pas été versés en raison des coupes budgétaires dans les aides destinées aux Palestiniens.

Israël qui souhaite préserver les relations sécuritaires avec l’Autorité palestinienne et qui coopère avec ses forces de sécurité en Cisjordanie, a demandé à ce que ces fonds soient remis aux instances chargées de la sécurité.

Selon l’article, Trump aurait répondu : « Si c’est important pour Netanyahu, il n’a qu’à verser 12 millions de dollars aux Palestiniens ».

Le ‘Cinéma Jénine, l’un des cinémas les plus connus des territoires palestiniens, ferme ses portes faute d’entrées. Photographié à Jénine, en Cisjordanie, le 30 novembre 2016. (Crédit : Jaafar Ashtiyeh/AFP)

L’aide américaine aux services de sécurité palestiniens a pris fin au début de l’année, à la demande des Palestiniens, afin d’anticiper les poursuites pour financement du terrorisme. L’AP a demandé à ce que le financement soit suspendu début janvier, par crainte de générer de coûteux procès à cause de l’US Anti-Terrorism Clarification Act (ATCA), entré en vigueur le 1er février.

Selon ce texte, les tribunaux américains auront la compétence de juger les affaires impliquant toute partie étrangère accusée de soutenir le terrorisme et acceptant l’aide américaine.

En pratique, les victimes américaines du terrorisme palestinien pourraient ainsi porter plainte contre l’AP et l’OLP devant les magistrats des Etats-Unis pour être indemnisés – potentiellement à hauteur de centaines de millions de dollars – si l’instance de Ramallah devait accepter seulement un centime de l’aide américaine.

Au cours de l’année passée, l’administration Trump a envoyé plus de 60 millions de dollars à l’AP en aides sécuritaires en Cisjordanie, qui coopère étroitement avec ses homologues israéliens contre le Hamas et autres groupes.

Les médias avaient déclaré à l’époque que les autorités israéliennes avaient fait part de leur inquiétude concernant l’impact de cette décision sur la sécurité, et avaient demandé à ce qu’une solution alternative soit trouvée.

Les autorités israéliennes et américaines avaient régulièrement accusé l’AP d’encourager la violence en versant des fonds aux familles des terroristes détenus en Israël ou tués lors d’attentats contre des Israéliens. L’AP affirme que les paiements sont une allocation pour les familles ayant perdu leur principale source de financement et nie encourager la violence de cette façon.

Les forces de sécurités palestiniennes à Hébron, le 14 novembre 2017. (Crédit : Wisam Hashlamoun/Flash90)

Depuis son arrivée à la Maison Blanche, Trump a supprimé des millions de dollars d’assistance aux Palestiniens, notamment son soutien à l’UNRWA et quasiment 200 millions de dollars alloués aux programmes humanitaires en Cisjordanie et à Gaza.

L’an dernier, ces coupes ont mis fin à l’assistance alimentaire accordée à 180 000 Palestiniens par le biais du Programme alimentaire mondiale, et des infrastructures sanitaires et des hôpitaux ont perdu leur financement. Des projets comme le traitement des eaux usées à Gaza ont également été suspendus.

La Maison Blanche avait déclaré que ces coupes budgétaires inédites sont destinées à faire pression sur l’Autorité palestinienne, qui a rejeté les efforts de paix depuis la reconnaissance de la Jérusalem comme capitale d’Israël par Trump en 2017.

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