Trump et Netanyahu évoquent la « menace iranienne » au téléphone
Rechercher

Trump et Netanyahu évoquent la « menace iranienne » au téléphone

Un communiqué laconique de la Maison Blanche indique que les deux hommes ont également parlé "d'autres questions bilatérales et régionales" critiques, sans donner de détails

Le président américain Donald Trump, (à droite), et le premier ministre Benjamin Netanyahu, à la Maison Blanche à Washington, le 25 mars 2019. (Manuel Balce Ceneta/AP)
Le président américain Donald Trump, (à droite), et le premier ministre Benjamin Netanyahu, à la Maison Blanche à Washington, le 25 mars 2019. (Manuel Balce Ceneta/AP)

Le président américain Donald Trump s’est entretenu dimanche avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu, une conversation qui a essentiellement porté sur « la menace en provenance de l’Iran », a fait savoir la Maison Blanche.

« Les dirigeants ont évoqué la menace de l’Iran ainsi que d’autres questions bilatérales et régionales critiques », a indiqué un communiqué laconique émis dans la soirée.

En Israël, aucune information n’a filtré sur cet appel .

Les deux hommes s’étaient parlé pour la dernière fois le 19 novembre, quand Netanyahu avait remercié le président pour la décision prise par Washington de rejeter la position historique du département d’Etat selon laquelle les implantations de Cisjordanie étaient illégales.

Même si les deux dirigeants ont été des alliés proches, qui se sont enorgueillis de leur amitié auprès de leur base électorale respective, les liens entre les deux hauts-responsables semblent s’être refroidis ces derniers mois alors que le Premier ministre israélien lutte pour rester au pouvoir.

Netanyahu serait de son côté mal à l’aise avec ce qu’il perçoit comme un manque de volonté de la part de Trump de se dresser face aux agressions iraniennes.

Ils se rendront tous les deux à Londres, à la fin de la semaine, pour assister à un sommet de l’OTAN. Tandis que Netanyahu prévoirait de rencontrer plusieurs dirigeants européens, aucun tête-à-tête avec Trump n’a été annoncé.

Cet entretien téléphonique a eu lieu plusieurs heures après que Netanyahu a âprement critiqué les nations européennes, qu’il a accusées de chercher à contourner les sanctions américaines sur l’Iran.

« Alors que le régime iranien est en train de tuer son propre peuple, les pays européens se précipitent pour soutenir ce régime si meurtrier », a tancé le Premier ministre dans une vidéo qui a été rendue publique dimanche, fustigeant les six nouveaux membres européens qui ont adhéré au système de troc INSTEX.

Dans un communiqué séparé, le ministère israélien des Affaires étrangères a indiqué que « la Belgique, le Danemark, la Finlande, les Pays-Bas, la Norvège et la Suède n’auraient pas pu choisir un pire moment. Les centaines d’Iraniens innocents qui ont été tués au cours de la dernière série de manifestations doivent se retourner dans leur tombe ».

Des manifestants anti-gouvernement irakiens brûlent un drapeau iranien pendant des manifestations à Bagdad, en Irak, le 29 novembre 2019 (Crédit : AP Photo/Hadi Mizban)

Des informations portant sur des manifestants tués et arrêtés ont émergé lors du déploiement des forces de sécurité dans les mouvements de protestation qui ont tourné à la violence dans certains secteurs. Des dizaines de banques, de stations-service et de commissariats ont été incendiés.

D’après l’ONG de défense des droits humains Amnesty International, basée à Londres, 161 manifestants auraient été tués.

Dimanche soir, le New York Times a fait savoir que les forces des Gardiens de la révolution avaient massacré d’un seul tenant 100 personnes qui s’étaient cachées dans un marais.

Un accord international conclu en 2015 avait placé des restrictions sur le programme nucléaire de la République islamique en échange de la levée des sanctions appliquées par les pays occidentaux. L’Etat juif s’était opposé à cet accord, affirmant que le régime iranien trouverait le moyen de contrevenir à ses dispositions et qu’il utiliserait la nouvelle marge de manœuvre offerte pour élargir son programme balistique et son soutien aux groupes terroristes de toute la région.

L’année dernière, les Etats-Unis s’étaient retirés unilatéralement du pacte, réimposant des sanctions écrasantes à l’encontre de Téhéran. Le système INSTEX a été créé pour esquiver ces sanctions et maintenir, autant que possible, l’accord conclu.

Des rials iraniens échangés contre des dollars dans une boutique de change dans la capitale iranienne de Téhéran, le 8 août 2018 (Crédit : AFP Photo/Atta Kenare/File)

Israël avait salué la « pression maximale » exercée sur Téhéran par l’administration Trump. Mais Netanyahu a déploré, lundi, que les nations européennes se « pressaient d’apaiser » l’Iran.

Soulignant les manifestations massives contre les régimes et les groupes soutenus par la République islamique dans toute la région, depuis l’Irak jusqu’au Liban, le Premier ministre israélien a déclaré que les populations de la région « n’en peuvent plus. Elles n’en peuvent plus de la corruption. Elles n’en peuvent plus des échecs des économies. Elles n’en peuvent plus du siphonage de leurs richesses et de leurs vies pour les guerres d’agression menées par l’Iran dans la région ».

« Et tandis que les peuples, au Moyen-Orient, se dressent courageusement contre l’Iran et ses hommes de main, nous assistons à quelque chose d’absurde : alors que tout cela se déroule sous nos yeux, les pays d’Europe œuvrent à contourner les sanctions américaines contre l’Iran… Tandis que l’Iran fait exploser des installations pétrolières saoudiennes, tandis que l’Iran se presse d’enrichir de l’uranium pour fabriquer des armes nucléaires, les pays européens se pressent d’apaiser l’Iran en faisant plus de concessions encore ».

Faisant apparemment référence à la Seconde Guerre mondiale, le leader israélien a ajouté que « ces pays européens devraient avoir honte. Est-ce qu’ils n’ont rien compris de l’histoire ? Eh bien, apparemment, c’est le cas ».

« Ils permettent à un Etat fanatique et terroriste de fabriquer des armes nucléaires et des missiles balistiques – entraînant ainsi une catastrophe à venir pour eux et pour tous les autres ».

Le système INSTEX, basé à Paris, fonctionne comme un bureau central qui permet à l’Iran de continuer à vendre et à importer du pétrole et autres produits et services en échange. Ce mécanisme n’a pas encore permis de transactions.

L’Iran a, de son côté, graduellement augmenté l’enrichissement et l’accumulation de matériaux nucléaires en violation de l’accord de 2005, avec pour objectif d’exercer des pressions sur l’Europe pour que cette dernière renforce en conséquence le système INSTEX. Les pays européens ont exprimé leurs craintes face aux initiatives de Téhéran, mais assurent restés engagés dans le pacte sur le nucléaire.

L’adhésion de six nouveaux membres « renforce encore l’INSTEX et montre les efforts livrés par les Européens afin de faciliter le commerce légitime entre l’Europe et l’Iran », ont fait savoir la France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne.

Ce système est « l’expression claire de notre engagement continu dans le cadre du JCPOA (Joint Comprehensive Plan of Action, nom donné à l’accord sur le nucléaire iranien de 2015), a ajouté le trio.

Les trois nations ont insisté sur le fait que Téhéran devait à nouveau se soumettre pleinement et « sans délai » aux dispositions de l’accord.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...