Trump : Israël « devra prendre une décision » sur la guerre de Gaza
Netanyahu a affirmé qu'Israël a autorisé l'entrée de l'aide à Gaza tout au long de la guerre et a insisté sur le fait que le Hamas a volé des fournitures

Le président américain Donald Trump a déclaré dimanche qu’Israël « devra prendre une décision » concernant Gaza, alors que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a nié que Jérusalem avait une quelconque responsabilité à assumer dans la pénurie généralisée d’aides humanitaires qui touche le territoire.
Trump, qui effectue actuellement une visite de quatre jours en Écosse, a été interrogé par un journaliste sur les images d’enfants affamés en provenance de Gaza, des images qu’il a jugées « terribles ».
Mais il a rapidement ajouté : « Ils volent la nourriture », sans préciser de qui il parlait – même s’il faisait probablement allusion au Hamas, qu’Israël accuse régulièrement de voler l’assistance à son profit.
Le président a fait remarquer le don, par les États-Unis, de 60 millions de dollars à la très controversée Fondation humanitaire de Gaza, qui a pris en charge la distribution des aides dans la bande – notant avec dépit que « aucun autre pays n’a donné quoi que ce soit ».
« On se sent un peu mal quand on fait ça et que d’autres pays ne donnent rien », a-t-il dit alors qu’il était assis aux côtés de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. « Personne d’autre que nous n’a fait de don. Et personne ne nous a dit : ‘Merci beaucoup’. Ce serait bien d’avoir au moins droit à un ‘Merci’. »
« Nous donnons beaucoup d’argent, beaucoup de nourriture, beaucoup de tout », a-t-il affirmé. « Si nous n’avions pas été là, je pense que les gens seraient morts de faim, franchement. Ils seraient morts de faim – et ce n’est pas comme s’ils mangeaient bien ».
Le montant réel qui a été octroyé à la GHF par les États-Unis est de 30 millions de dollars, et les États-Unis sont loin d’être le seul pays à faire des dons d’aide humanitaire. Ils ne sont même pas le plus grand donateur parmi les autres nations du monde, les Émirats arabes unis ayant fourni une assistance plus importante en termes de pourcentage.
REPORTER: Should Israel be doing more to allow food in Gaza?
TRUMP: Say it?
REPORTER: Should Israel be doing more to allow food in Gaza?
TRUMP: What is she saying?
SOMEONE ELSE: Should Israel be doing more to allow food in Gaza?
TRUMP: You really at least want to have… pic.twitter.com/BJhUIXdxzM
— Aaron Rupar (@atrupar) July 27, 2025
Netanyahu répond aux accusations de famine
Commentant la série de changements approuvés dans le système d’aide à Gaza, samedi dans la soirée, dans un contexte de critiques généralisées concernant des informations de plus en plus nombreuses portant sur des décès liés à la famine, le Premier ministre israélien, comme Trump, a insisté sur le fait que, sans lui, les habitants de Gaza seraient morts de faim depuis longtemps.
S’exprimant lors d’une conférence, à Jérusalem, qui était organisée par Paula White, conseillère de Trump et pasteure évangélique de premier plan, Netanyahu a indiqué au public qui s’était réuni que « il n’y a aucune politique visant à affamer Gaza et il n’y a pas de famine à Gaza ».
Il a dit qu’Israël avait « permis l’entrée dans la bande de Gaza des quantités exigées par le droit international » – à savoir environ 1,9 million de tonnes d’assistance depuis le début de la guerre, au mois d’octobre 2023.
Israël « a autorisé l’acheminement de l’aide humanitaire pendant toute la durée de la guerre… Sinon, il n’y aurait plus d’habitants à Gaza », a-t-il ajouté, reprochant au Hamas d’intercepter l’assistance et « d’accuser Israël de ne pas l’avoir fournie ».
Afin d’expliquer les changements soudains survenus dans la politique israélienne d’assistance humanitaire dans la bande de Gaza, Netanyahu a indiqué que la décision de mettre en place des pauses de dix heures dans les combats, dans les zones densément peuplées de l’enclave côtière, avait été prise après que certaines agences « bien intentionnées », ainsi que les Nations Unies, ont trouvé des « excuses » pour ne pas fournir les aides à l’arrière des différents fronts malgré la présence de « couloirs de sécurité ».
« Nous venons de l’annoncer officiellement », a-t-il fait remarquer, affirmant qu’il y a toujours eu des itinéraires sûrs que les convois de l’ONU ont été en mesure d’emprunter.
« Il existe des couloirs sûrs et l’ONU n’aura plus d’excuses. Il n’y a plus d’excuses. Arrêtez de mentir… Arrêtez d’accuser délibérément Israël en proférant des mensonges flagrants », s’est-il emporté.
Au cours de la conférence, le Premier ministre a remercié les sionistes évangéliques d’avoir apporté leur soutien à Israël face aux « fausses allégations », a-t-il dit, qui ont pu être lancées dans le cadre de la guerre à Gaza.
« Nous avons un huitième front sur lequel nous devons combattre – c’est la bataille pour la vérité. Et je ne vois personne qui puisse mener cette bataille à nos côtés… mieux que [nos] nombreux amis chrétiens ».
Il a averti que l’alliance entre Israël et les chrétiens était « remise en cause aujourd’hui par le fondamentalisme islamiste qui cherche à soumettre tous les musulmans qu’il considère comme des infidèles, qui cherche à éradiquer la présence américaine – et évidemment israélienne – au Moyen-Orient ».
Dans la journée de dimanche, avant la conférence, le Premier ministre a également rejeté les affirmations faites par l’ONU concernant les livraisons des aides à Gaza lors d’une visite effectuée sur la base aérienne de Ramon, dans le désert du Néguev.
Dans ce qui a semblé être un appel du pied à ses alliés d’extrême-droite et aux partisans de sa coalition – qui estiment que l’autorisation qui a été donnée par Israël concernant l’entrée de l’assistance humanitaire porte atteinte à l’effort de guerre – Netanyahu a expliqué que même si Israël « continuera à se battre… jusqu’à la victoire complète », le pays devait également continuer à autoriser des approvisionnements au sein de l’enclave côtière.
« Nous éliminerons le Hamas », a dit le Premier ministre, ajoutant que « quelle que soit la voie que nous choisirons, nous devrons continuer à autoriser l’entrée d’un minimum d’assistance humanitaire ». Il a affirmé que « c’est ce que nous avons fait jusqu’à présent ».
Contrairement à ce qu’a dit le Premier ministre, Israël n’a pas toujours autorisé l’entrée des aides, que ce soit en quantités minimales ou plus importantes, dans le territoire palestinien déchiré par la guerre. L’État juif a ainsi mis en place un blocus total et interdit l’entrée de toute assistance dans la bande entre les mois de mars et de mai, cette année.
Et lorsque les acheminements ont repris, les quantités d’assistance – denrées alimentaires et autres matériels – se sont révélées être nettement moindres. Une grande partie du processus a ainsi été perturbé par la Fondation humanitaire à Gaza, un organisme controversé qui est soutenu par les États-Unis et par Israël. Cette dernière a suscité un tollé à l’international dans le sillage d’informations qui ont fait état de centaines de morts parmi les civils venus chercher des colis d’aide humanitaire dans ses centres de distribution, des civils qui ont été tués par balle par les soldats israéliens au cours d’incidents quasi-quotidiens.
Cela n’a été que la semaine dernière, alors qu’Israël était accusé d’affamer les habitants de Gaza, que Netanyahu a augmenté de manière considérable le volume et les itinéraires d’acheminement de l’aide entrant dans la bande de Gaza.
Le porte-parole de l’armée israélienne, le général de brigade Effie Defrin, a également insisté sur le fait qu’Israël n’avait pas soumis la population palestinienne de la bande de Gaza à la famine, et il a maintenu qu’Israël se souciait davantage des civils de Gaza que le Hamas.
« Nous continuons à mener un processus d’acheminement de l’assistance internationale tout en poursuivant les combats. C’est Israël qui est à l’origine des sites de distribution de l’aide, avec la GHF… Il s’agit d’empêcher la famine à Gaza », a commenté Defrin lors d’une conférence de presse, énumérant les divers moyens qui permettent à Israël d’autoriser l’entrée et le transport des aides au sein de l’enclave côtière.
Defrin a répété que le Hamas volait l’assistance aux civils, qu’il la cachait dans ses tunnels et qu’il menait en même temps « une campagne mensongère sur la famine qui sévirait dans la bande de Gaza ».
« Les photos en provenance de Gaza sont difficiles et elles entrent dans le cadre de cette fausse campagne », a-t-il déclaré, réaffirmant qu’il n’y avait « pas de famine délibérée dans la bande de Gaza » et qu’Israël « agissait conformément au droit international ».
« Nous nous soucions davantage de nourrir des habitants de Gaza que ce n’est le cas du Hamas », a-t-il insisté. « Le Hamas s’efforce délibérément d’aggraver les conditions de vie de la population. Le Hamas tente de toutes ses forces de saboter les sites de distribution de la GHF et l’arrivée des aides humanitaires dans la bande de Gaza ».
Un avenir incertain après l’échec des négociations sur le cessez-le-feu
Prenant la parole devant des journalistes lors d’un déplacement en Écosse dans la journée de dimanche, Trump a évoqué la décision de rapatrier les négociateurs qui, au Qatar, participaient aux pourparlers sur un éventuel accord de cessez-le-feu dans la bande de Gaza – accord qui ouvrirait la porte à la remise en liberté des otages israéliens détenus au sein de l’enclave – en raison de la colère suscitée par les réactions du Hamas aux propositions qui lui ont été soumises.
Il a déclaré que « Israël devra prendre une décision » en ce qui concerne le conflit et les 50 captifs qui se trouvent encore entre les mains des groupes terroristes de Gaza.
« Je sais ce que je ferais, mais je ne pense pas qu’il soit approprié de le dire, a dit Trump.
Il a affirmé avoir prédit l’échec des négociations, affirmant que le Hamas ne souhaitait pas libérer les derniers otages parce qu’ils constituaient sa dernière monnaie d’échange.
Dimanche, le sénateur républicain Lindsey Graham a adopté une approche encore plus directe que celle de Trump. Dans une interview accordée à NBC News, il a laissé entendre qu’Israël ne serait pas en mesure de négocier une fin satisfaisante à la guerre à Gaza et qu’il n’aurait d’autre choix que de prendre le contrôle du territoire.
Graham est un soutien de longue date d’Israël et ami de Netanyahu, se rend fréquemment dans le pays.
« Je pense que le président Trump a fini par croire, et moi aussi, qu’il est impossible de négocier la fin de la guerre avec le Hamas », a déclaré le sénateur de Caroline du Sud, insinuant que le président s’était éloigné de la perspective d’un accord.
« Ils vont faire à Gaza ce que nous avions fait à Tokyo et à Berlin : prendre le contrôle par la force et tout recommencer à zéro en présentant un avenir meilleur pour les Palestiniens, en espérant que les Arabes prennent le contrôle de la Cisjordanie et de Gaza », a-t-il ajouté, faisant référence à l’occupation des capitales japonaise et allemande par les alliés dirigés par les États-Unis après la Seconde Guerre mondiale.
Des pressions croissantes pour la reconnaissance d’un État palestinien
Alors même qu’Israël réfléchit aux prochaines étapes dans la bande de Gaza, les pressions s’accentuent, parmi les alliés européens de l’État juif, en faveur de la reconnaissance unilatérale d’un État palestinien, comme a décidé de le faire la France.
Le président français Emmanuel Macron a annoncé, jeudi dernier, que son pays reconnaîtrait officiellement un État palestinien lors d’une réunion des Nations unies au mois de septembre.
Une décision qui fait de Paris la capitale européenne la plus puissante à se lancer dans une telle initiative dans le sillage de la Norvège, de l’Espagne, de l’Irlande et de la Slovénie, des pays qui avaient tous annoncé reconnaître l’État de Palestine dans les mois qui avaient suivi le déclenchement de la guerre à Gaza.
Le Premier ministre britannique Keir Starmer, qui prévoyait de rappeler son cabinet – actuellement en congé pour les vacances d’été – pour discuter de la situation à Gaza, fait partie de ceux qui subissent des pressions pour suivre l’exemple de Macron, a fait savoir le Financial Times dans son édition de dimanche.
Le bureau de Starmer n’avait pas répondu à une demande de commentaire de la part de Reuters au moment de la rédaction de cet article.
Le Parlement et le cabinet britanniques sont actuellement en vacances d’été jusqu’au 1er septembre.
Le rappel du cabinet, prévu pour la semaine prochaine, aurait été décidé après que Starmer a déclaré vendredi que le gouvernement britannique ne reconnaîtrait un État palestinien que dans le cadre d’un accord de paix négocié, ce qui a déçu de nombreux membres de son parti du Labour qui souhaitaient qu’il suive l’exemple de la France en prenant des mesures plus rapides.
Plus de 220 députés britanniques, représentant environ un tiers de la Chambre des communes et principalement des députés Travaillistes, ont écrit vendredi une lettre à Starmer, l’exhortant à reprendre en considération la question.
Le chancelier allemand Friedrich Merz est également sous les feux de la rampe, Berlin ayant refusé de se joindre à ses alliés européens au début du mois lorsque ces derniers ont signé un courrier qui condamnait les restrictions imposées par Israël à l’aide destinée à la bande de Gaza.
Merz a fait savoir, dimanche, qu’il s’était entretenu par téléphone avec Netanyahu et qu’il l’avait exhorté à faire « tout ce qui est en son pouvoir pour obtenir un cessez-le-feu immédiat […] et pour permettre à l’aide humanitaire à destination de la population civile affamée de Gaza, une aide dont elle a besoin de toute urgence, d’être acheminée sans délai ».
We will closely monitor developments and, in coordination with France, the UK, other European partners, the United States, and Arab states, decide in the coming days how we can contribute to improving the situation. 2/2
— Bundeskanzler Friedrich Merz (@bundeskanzler) July 27, 2025
« Nous suivrons de près l’évolution de la situation et, en coordination avec la France, le Royaume-Uni, d’autres partenaires européens, les États-Unis et les États arabes, nous déciderons dans les prochains jours de la manière dont nous pouvons contribuer à améliorer la situation », a-t-il noté.
L’équipe du Times of Israel et des agences de presse ont contribué à cet article.







