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Trump: le transfert de l’ambassade, une preuve de l’affinité avec le peuple juif

Interrogé par Fox News sur les accusations selon lesquelles il alimente l'extrémisme, le président américain a souligné que ses actions profitent à l'Etat juif

Le président américain Donald Trump a rejeté lundi les accusations selon lesquelles ses propos encourageraient l’antisémitisme, et a indiqué que le déménagement de l’ambassade américaine à Jérusalem et la reconnaissance de la ville comme capitale d’Israël sont des preuves de son affinité avec le peuple juif.

Trump a accordé une interview à Laura Ingraham de Fox News la veille de sa visite à Pittsburgh, où les funérailles des 11 victimes de l’attaque antisémite contre une synagogue sont prévues.

Interrogé sur les allégations selon lesquelles ses déclarations encouragent les racistes et les antisémites, M. Trump a indiqué qu’il venait de recevoir des remerciements de la part du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le remerciant pour le transfert de l’ambassade à Jérusalem plus tôt cette année.

« Je viens de recevoir une distinction de l’Etat d’Israël », a déclaré M. Trump, qui a fait remarquer que même si les présidents précédents avaient promis de transférer la mission diplomatique de Tel Aviv dans la capitale, il était le seul à l’avoir effectivement fait.

« Cet horrible être humain, cette horrible personne qui a tiré n’est pas un partisan de Donald Trump parce qu’il a dit que j’étais trop proche d’Israël », a fait observer Trump, à propos de Robert Bowers, l’homme accusé d’avoir commis une fusillade mortelle à Pittsburgh samedi. « Cela semblait être son raisonnement. »

Trump a été accusé d’attiser la haine raciale et de ne pas condamner catégoriquement les partisans de la suprématie blanche et du racisme. L’un des survivants de la fusillade de la synagogue a comparé le président aux nazis.

Une femme se recueille devant un mémorial pour les victimes de la fusillade mortelle dans la synagogue Tree of Life, dans le quartier Squirrel Hill de Pittsburgh, le 27 octobre. (Crédit : SMIALOWSKI/AFP)

Ingraham a également rappelé que la fille de Trump est juive et qu’il a des petits-enfants juifs.

Bowers aurait crié « Tous les Juifs doivent mourir » lorsqu’il est entré dans la synagogue « Arbre de Vie », une congrégation libérale, et a commencé à tirer.

Le président a déclaré qu’il était d’accord avec Jeffrey Myers, le rabbin de la synagogue, qui, lundi, a appelé Trump et d’autres dirigeants américains à agir en « arrêtant les paroles de haine ».

Photo du permis de conduire de Robert Bowers, meurtrier présumé de la synagogue de Pittsburgh. (Crédit : DOT de Pennsylvanie)

Bien que Bowers n’ait pas spécifiquement mentionné les liens entre les États-Unis et Israël, il aurait écrit des articles antisémites et anti-immigrants sur Gab, un réseau social d’extrême-droite similaire à Twitter. Son dernier message, quelques heures avant la fusillade, disait : « Le HIAS aime faire venir des envahisseurs pour tuer notre peuple. Je ne peux pas rester là à regarder les miens se faire massacrer. Allez au diable, j’y vais. »

Le HIAS, qui était au départ la Hebrew Immigrant Aid Society [Société d’aide aux immigrants Juifs], est une organisation à but non lucratif juive américaine qui fournit une aide humanitaire aux réfugiés et aux immigrants.

M. Trump devait se rendre mardi dans le centre historique de la communauté juive de la ville, où les premières funérailles des victimes, âgées de 54 à 97 ans, sont prévues. Il devrait rencontrer les équipes de premiers secours et les dirigeants communautaires. Parmi les victimes figurent des frères, un mari et sa femme, des professeurs, des dentistes et un médecin. On ne sait pas avec certitude si Trump, qui sera rejoint par la Première dame Melania Trump, sa fille Ivanka Trump et son gendre Jared Kushner, rencontrera des membres des familles des victimes.

« J’y vais pour présenter mes condoléances », a indiqué Trump à Fox, « j’irai aussi à l’hôpital pour rencontrer les officiers et certaines des personnes qui ont été si durement blessées ».

La Maison Blanche a déclaré que le but de la visite de M. Trump était « d’exprimer le soutien du peuple américain et de partager le deuil de la communauté de Pittsburgh ».

Le public écoute l’allocution pré-enregistrée de Donald Trump durant l’inauguration de l’ambassade américaine à Jérusalem, le 14 mai 2018 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

L’Autorité palestinienne (AP) boycotte l’administration Trump depuis qu’elle a reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël en décembre et annoncé qu’elle y transférerait son ambassade. Les Palestiniens revendiquent Jérusalem Est, qu’Israël a conquise à la Jordanie pendant la guerre des Six Jours en 1967, comme la capitale de leur futur Etat.

Avec la déclaration de Trump, les États-Unis sont devenus le premier pays à reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël. La décision de déplacer l’ambassade a été suivie par le Guatemala et le Paraguay, bien que ce dernier ait annoncé par la suite qu’il renverrait sa mission diplomatique à Tel Aviv, ce qui a provoqué un conflit diplomatique avec Israël.

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