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Trump prédit un cessez-le-feu solide

Le président US affirme que le Hamas "prépare les otages avant leur libération", confirmant qu'il se rendra en Égypte pour rencontrer "de nombreux dirigeants" après avoir visité Israël pour s'adresser à la Knesset

Le président américain Donald Trump annonce un accord visant à réduire les prix des médicaments avec le laboratoire pharmaceutique AstraZeneca dans le bureau ovale de la Maison Blanche à Washington, le 10 octobre 2025. (Crédit : Saul Loeb/AFP)
Le président américain Donald Trump annonce un accord visant à réduire les prix des médicaments avec le laboratoire pharmaceutique AstraZeneca dans le bureau ovale de la Maison Blanche à Washington, le 10 octobre 2025. (Crédit : Saul Loeb/AFP)

Vendredi, le président américain Donald Trump a déclaré s’attendre à un cessez-le-feu durable entre Israël et le Hamas, invoquant le fait que tous « sont tous fatigués de se battre », après que les soldats israéliens se sont retirés de Gaza dans le cadre de la première phase de l’accord qu’il a négocié.

« C’est un excellent accord pour Israël, mais aussi pour tout le monde », a-t-il fait savoir aux journalistes dans le Bureau ovale. « Je peux vous le dire, j’ai vu les Israéliens danser dans les rues, mais tout le monde dansait aussi au Qatar, en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis et dans de nombreux autres pays. »

Trump a indiqué que les otages devaient être relâchés lundi, après le retrait partiel de l’armée israélienne, et que le Hamas « s’affairait désormais à les récupérer » avant qu’ils ne soient libérés de la bande de Gaza.

« Les otages se trouvent dans des endroits assez difficiles d’accès, sous terre (…) Seules quelques personnes savent où ils sont (…) Les terroristes doivent aussi également récupérer environ 28 corps sans vie. Certains de ces corps sont en train d’être déterrés. »

Trump a confirmé qu’il s’apprêtait à rencontrer « nombre de dirigeants » en Égypte, lundi, pour échanger sur l’avenir de Gaza dévastée, précisant que la réunion se tiendrait probablement au Caire. Il a ajouté qu’il prendrait également la parole à la Knesset, lors de son passage en Israël, dans la matinée.

Selon le site d’information Axios, le sommet organisé en Égypte par le président Abdel Fattah el-Sissi vise à assurer au plan de paix de Trump pour Gaza le soutien de la communauté internationale, alors que les discussions se poursuivent sur des questions cruciales, parmi lesquelles la gouvernance, la sécurité et la reconstruction après la guerre.

Des invitations ont été envoyées aux dirigeants ou aux ministres des Affaires étrangères d’Allemagne, de France, de Grande-Bretagne, d’Italie, du Qatar, des Émirats arabes unis, de Jordanie, de Turquie, d’Arabie saoudite, du Pakistan et d’Indonésie. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu ne devrait pas être présent, a rapporté un responsable américain à Axios.

Durant sa visite, Trump devrait participer à une cérémonie de signature en compagnie des trois garants de l’accord sur Gaza : l’Égypte, le Qatar et la Turquie.

Autour de la table se trouvent, de gauche à droite, le ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis, Sheikh Abdullah bin Zayed Al Nahyan, le président indonésien Prabowo Subianto, l’émir du Qatar Sheikh Tamim bin Hamad al-Thani, le président turc Recep Tayyip Erdogan, le président américain Donald Trump, le roi Abdallah II de Jordanie, le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif et le Premier ministre égyptien Mostafa Madbouly, pour une réunion multilatérale sur la situation à Gaza, en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York, le 23 septembre 2025. (Photo de Brendan SMIALOWSKI / AFP)

Dans son allocution à la Maison Blanche, Trump s’est dit convaincu que le cessez-le-feu à Gaza conduirait à une paix plus large au Moyen-Orient.

« Il reste actuellement quelques petits foyers, mais ils sont extrêmement petits (…) Ils seront très faciles à éteindre. Ces incendies seront très rapidement maîtrisés », a-t-il estimé.

Trump a également affirmé que le Hamas avait perdu 58 000 personnes. Il avait, en début de semaine, avancé le chiffre de 70 000. Le bilan du ministère de la Santé administré par le Hamas fait actuellement état de plus de 67 000 morts à Gaza depuis l’attaque du groupe terroriste du 7 octobre 2023 qui a déclenché la guerre, un chiffre toutefois invérifiable, qui ne fait pas la distinction entre civils et hommes armés.

Le Hamas continue de demander la libération d’importants chefs terroristes

Par ailleurs, le Hamas, le Jihad islamique et le Front populaire de libération de la Palestine ont publié vendredi une déclaration commune rejetant toute « tutelle étrangère » sur Gaza, soulignant que la gouvernance de l’enclave côtière relevait exclusivement des affaires internes palestiniennes.

Les groupes terroristes ont également fait part de leur souhait de tirer parti de la participation arabe et internationale à la reconstruction de l’enclave.

Ils ont de surcroît annoncé qu’ils accepteraient de respecter l’accord négocié par les États-Unis malgré le refus d’Israël de relâcher un certain nombre de prisonniers qu’ils réclament. Un haut responsable du Hamas a toutefois indiqué que le groupe terroriste était en contact avec les médiateurs au sujet de plusieurs dirigeants terroristes palestiniens dont Israël avait refusé la libération dans le cadre de l’accord. Il s’agit notamment de Marwan Barghouti et d’Ahmad Saadat.

« Le mouvement (Hamas) continue d’insister pour qu’ils soient libérés. Les négociations sont toujours en cours », a déclaré Mousa Abu Marzouk à la chaîne de télévision Al-Jazeera, basée au Qatar.

Israël, selon lui, a rejeté plusieurs des autres noms proposés. Interrogé sur le fait de savoir si parmi ceux-ci figuraient Abdullah Barghouti, Hassan Salama, Ibrahim Hamed et Abbas al-Sayyed, il a répondu : « Oui. Ce sont ces noms, les plus connus, que l’occupant rejette systématiquement. »

Moussa Abu Marzouk, membre du bureau politique du Hamas, au premier plan, assiste aux funérailles de Saleh Arouri, à Beyrouth, au Liban, le 4 janvier 2024. (Crédit : AP Photo/Hussein Malla)

Vendredi matin, Israël a publié la liste des prisonniers devant être relâchés, et a commencé à informer les familles dont les proches ont été assassinés par ces détenus. Le ministère des Prisonniers du Hamas a toutefois, pour sa part, déclaré qu’aucun accord n’avait encore été trouvé sur l’identité des détenus à relâcher. La chaîne qatarie Al Araby TV a cité des sources selon lesquelles la liste omettait certains noms sur lesquels les médiateurs s’étaient pourtant mis d’accord.

Conformément à la décision du gouvernement publiée vendredi, sur les 250 prisonniers qui seront libérés, 15 seront relâchés à Jérusalem-Est, 100 en Cisjordanie et 135, condamnés pour meurtre ou fabrication d’armes, seront expulsés vers Gaza ou ailleurs.

Selon la décision du gouvernement,  Israël libérera en outre 1 722 Gazaouis, dont 22 mineurs, arrêtés pendant la guerre à Gaza et n’ayant pas pris part à l’attaque menée par le Hamas le 7 octobre. Sur les 1 722 Gazaouis, 1 411 sont détenus par les services pénitentiaires israéliens et 311 par l’armée israélienne, précise la décision.

Israël s’apprête également à restituer « les corps sans vie de 360 terroristes gazaouis », indique la décision, sans préciser si certains d’entre eux avaient participé au pogrom du 7 octobre. Les médias israéliens ont rapporté jeudi qu’Israël avait toutefois rejeté la demande du Hamas de rendre les corps des frères Yahya et Mohammed Sinwar, qui ont successivement dirigé le Hamas avant d’être abattus par Israël en octobre dernier et en mai dernier, respectivement.

Israël relâchera les prisonniers et rendra les corps immédiatement et uniquement après que le Hamas aura libéré les 48 otages restants, dont 20 sont encore en vie, 26 ont été confirmés morts et deux sont dans un état critique, selon la décision. Parmi les otages figurent 47 des 251 personnes enlevées lors de l’invasion du 7 octobre, ainsi que la dépouille d’un soldat tué au combat pendant la guerre de Gaza en 2014.

Des chars et des véhicules blindés de la 188e brigade blindée sortent de la bande de Gaza, tôt le 10 octobre 2025. (Amutat Barak 188)

Dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu et de libération des otages, le Hamas disposait de 72 heures pour libérer les otages une fois que l’armée israélienne aurait achevé sa première phase de retrait. Vendredi à midi, l’armée a annoncé avoir achevé son retrait, ce qui signifie donc que les otages doivent être relâchés lundi à la même heure. La libération des prisonniers palestiniens et la restitution des corps devrait avoir lieu peu après.

Le Hamas a cependant indiqué qu’il lui faudrait plus de 72 heures pour exhumer les restes des otages assassinés. Une annexe classifiée à la décision du gouvernement publiée vendredi détaille les mesures qu’Israël prendrait si le Hamas ne libérait pas les 48 otages à temps.

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