Tsahal : le prochain conflit avec le Hamas aura lieu à l’initiative d’Israël
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Tsahal : le prochain conflit avec le Hamas aura lieu à l’initiative d’Israël

Un officier israélien a déclaré que le groupe terroriste n'est pas préparé à une future guerre, et alors qu'il produit de nouvelles roquettes, le blocus rend les matériaux difficiles à obtenir

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

La bande de Gaza (Crédit : Courtesy Yad L'shiryon)
La bande de Gaza (Crédit : Courtesy Yad L'shiryon)

Le Hamas réunit des combattants et du matériel à un rythme « surprenant » par sa rapidité dans la bande de Gaza, a déclaré jeudi un officier supérieur de Tsahal aux journalistes, mais le groupe terroriste ne semble pas être prêt pour la reprise d’un conflit direct avec Israël dans un avenir proche.

Il a souligné que l’organisation terroriste n’entrainerait pas à nouveau Israël dans une guerre et que tout conflit futur sera à l’initiative de l’Etat juif.

Depuis l’opération Bordure protectrice en 2014 dans la bande de Gaza, le Hamas a travaillé sans relâche pour remplacer ses rangs diminués et son arsenal de roquettes avec un certain succès, a précisé l’officier du Commandement du Sud aux journalistes.

« Le Hamas est un ennemi très intelligent. Ils me surprennent et apprennent très vite leurs leçons », a-t-il dit.

Presque deux ans après l’été 2014, l’organisation terroriste a reconstitué une partie de ses rangs, principalement ses forces spéciales et ses unités de commandos navales, a ajouté l’officier.

Le Hamas a maintenant environ 5 000 combattants dans ses forces spéciales et a également repeuplé ses rangs moyens et supérieurs avec 25 commandants de bataillons et de brigade, selon l’officiel.

Ses programmes de mortier à courte portée et de roquettes sont également devenus une priorité pour l’organisation, afin de remplacer les milliers de missiles tirés sur Israël lors de l’opération Bordure protectrice. Certaines de ces nouvelles roquettes ont des ogives qui contiennent des centaines de kilos de matériel explosif, qu’Israël n’avait pas vu jusqu’à présent, a dit l’officier.

Des hommes armés des brigades Izz al-Din al-Qassam, la branche militaire du Hamas, pendant un défilé marquant le 28ème anniversaire du mouvement terroriste islamiste, le 11 décembre 2015, à Khan Yunis, dans le sud de la bande de Gaza. (Crédit : Said Khatib/AFP)
Des hommes armés des brigades Izz al-Din al-Qassam, la branche militaire du Hamas, pendant un défilé marquant le 28ème anniversaire du mouvement terroriste islamiste, le 11 décembre 2015, à Khan Yunis, dans le sud de la bande de Gaza. (Crédit : Said Khatib/AFP)

Quelques roquettes à moyen et à long terme ont également été développées, comme en témoignent les tests de tirs organisés dans la mer au large de la côte de Gaza, a dit l’officier. Cependant, ces efforts ont été entravés quelque peu par l’incapacité du Hamas à acquérir les matériaux nécessaires à leur construction, en raison de la supervision attentive d’Israël sur les frontières.

« Le Hamas ne produit pas encore de mortiers en masse en raison de ses difficultés à obtenir des matières premières, » a-t-il dit.

Le groupe a cependant fait des progrès dans la production de drones et d’autres technologies de pointe, sous la direction de l’Iran, a ajouté l’officier.

Non préparés pour une campagne entière contre Israël, l’organisation terroriste, qui gouverne la bande de Gaza depuis près d’une décennie, craint maintenant que l’armée israélienne ne lance une attaque contre elle, au lieu de seulement répondre aux actes d’agression du Hamas, selon l’officier.

« Le Hamas craint une attaque surprise, » dit-il.

Pour cette raison, l’organisation travaille à empêcher les agitateurs de donner à Israël des raisons de mener des opérations dans la bande de Gaza.

« Le Hamas a créé une force défensive qui préserve le cessez-le-feu et empêche les attaques terroristes contre Israël », a déclaré l’officier. « Dans les endroits où il y a eu des tirs de roquettes, le Hamas s’est précipité sur les lieux pour arrêter les tirs ».

En un an et demi depuis la guerre de 2014, plusieurs dizaines de roquettes ont été tirées sur Israël, presque entièrement par des organisations terroristes en dehors du Hamas.

« Même les récents incidents d’engins explosifs improvisés ont été effectuées par des groupes de voyous », a-t-il dit.

Lors du dernier incident qui a eu lieu vendredi matin la semaine dernière, un engin explosif improvisé a explosé près d’un bulldozer israélien D9, ne causant aucune blessure ou dommage matériel.

« Le Hamas a tenu compte de nous et nous a envoyé des messages comme quoi il travaille à contrecarrer les attaques terroristes contre nous [dans la bande de Gaza] », a déclaré l’officier.

Cependant, le groupe a également et largement encouragé et applaudi la vague d’attentats terroristes qui ont lieu en Cisjordanie et en Israël depuis six mois, a-t-il ajouté.

« Ceci est l’opinion de l’armée israélienne et des autres services de sécurité », a déclaré l’officier.

Israël se prépare à la guerre

L’armée israélienne ne sera plus entraînée dans un conflit avec le Hamas, mais lancera toute attaque contre le groupe terroriste, a dit l’officier.

« Nous ne suivrons pas les traces de l’ennemi », a-t-il ajouté.

L’armée israélienne a donc élaboré un plan de bataille complet pour ses troupes, y compris les « détails et caractéristiques determinantes » des bataillons ennemis.

« Nous avons un plan pour submerger la branche militaire du Hamas. Chacun de nos bataillons va se battre selon son plan, tuer le plus grand nombre des membres du Hamas que possible et nuira à l’infrastructure de l’organisation autant que possible », a-t-il dit.

“Ce plan repose sur la défense de la zone entourant la bande de Gaza – sous l’autorité de la Division de Gaza – tout en déplaçant les [zones où les troupes] se rassemblent loin de la menace des tirs de mortiers », a déclaré l’officier.

Ceci est sans doute une leçon apprise lors de l’opération Bordure protectrice de 2014, où quelques-unes des pertes militaires israéliennes provenaient de tirs directs d’obus de mortier sur les camps de Tsahal mis en place au bord de la frontière.

« Nous avons besoin d’être surprenants et énergiques. Notre puissance aérienne sera plus utile et efficace. Pas seulement une puissance de tir ordinaire. Le plan nous permettra différentes options, comme dissuader des tirs, et jusqu’à l’occupation complète de la bande de Gaza », a déclaré l’officier du Commandement Sud.

Le "Calife" Abu Bakr al-Baghdadi s'adressant aux Musulmans dans une mosquée de Mossoul, en Irak. (Crédit : Capture d'Écran YouTube)
Le « Calife » Abu Bakr al-Baghdadi s’adressant aux Musulmans dans une mosquée de Mossoul, en Irak. (Crédit : Capture d’Écran YouTube)

Ne pas oublier l’État islamique

À travers la frontière sud-ouest d’Israël, un petit, mais vicieux allié de l’État islamique mène une guerre sanglante avec les forces égyptiennes depuis 2011.

Alors que les combats sont massivement restés à l’intérieur du Sinaï et contre l’Egypte, nous comprenons en Israël que l’Etat juif sera la prochaine cible.

« Nous avons un intérêt à ce que l’armée égyptienne batte l’État islamique et ne perde pas son contrôle sur le nord du Sinaï », a déclaré l’officier.

Environ 1 000 combattants de l’Etat islamique sont actuellement dans la péninsule, selon les officiers, et ils sont équipés d’armes anti-aériennes de pointe et de l’assistance du Hamas, a dit l’officier.

« Nous avons accordé [aux Egyptiens] la plupart de leurs demandes d’amener temporairement leurs troupes sur le territoire aérien et terrestre du Sinaï », a-t-il dit, se référant au traité de paix entre Israël et l’Egypte, qui limite le nombre de soldats qui peuvent entrer dans la péninsule.

« Cependant, nous avons refusé l’entrée de l’artillerie dans la zone », a-t-il ajouté.

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