Tsahal lève les restrictions aux déplacements depuis et vers Ramallah
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Tsahal lève les restrictions aux déplacements depuis et vers Ramallah

L'appareil sécuritaire israélien s'était inquiété du risque que d'autres Palestiniens autorisés à porter une arme à feu ne s'en servent contre des Israéliens

Les forces de sécurité israéliennes sur les lieux d'une fusillade à un checkpoint proche de Beit El, une implantation israélienne en Cisjordanie, le 31 janvier 2016. (Crédit : AFP / ABBAS MOMANI)
Les forces de sécurité israéliennes sur les lieux d'une fusillade à un checkpoint proche de Beit El, une implantation israélienne en Cisjordanie, le 31 janvier 2016. (Crédit : AFP / ABBAS MOMANI)

L’armée israélienne a levé lundi soir les restrictions aux déplacements depuis et vers Ramallah, en Cisjordanie, après une journée de limitations de ces déplacements, au lendemain d’une attaque contre des soldats.

L’armée a indiqué dans un communiqué que « suite à une évaluation de la situation, les points de passage vers et en provenance de Ramallah ont retrouvé une activité normale. »

C’était la première fois que l’armée prenait une telle mesure pour la ville, capitale économique palestinienne de la Cijordanie où siège le pouvoir palestinien, depuis le début en octobre de la vague actuelle de violences.

Cette série d’attaques anti-israéliennes quasiment quotidiennes s’est poursuivie lundi : un Palestinien, identifié par la police palestinienne comme Ahmed Toba, âgé de 17 ans, a tenté de poignarder des soldats israéliens qui s’apprêtaient à le contrôler près de Salit en Cisjordanie, a indiqué l’armée israélienne. « Face à la menace immédiate, les soldats l’ont abattu », a-t-elle dit.

Des responsables militaires israéliens avaient décidé dans un premier temps d’interdire l’entrée de Ramallah à ses non résidents, quelques heures après une attaque dimanche au cours de laquelle un membre important de la sécurité palestinienne, Amjad Soukkari, avait ouvert le feu sur des soldats israéliens et blessé trois d’entre eux au checkpoint de Beit-El, juste à l’entrée de Ramallah, avant d’être abattu.

L’appareil sécuritaire israélien s’était inquiété du risque que d’autres Palestiniens autorisés à porter une arme à feu ne s’en servent contre des Israéliens.

Amjad Soukkari, âgé d’une trentaine d’années, était un garde du corps du procureur général de l’Autorité palestinienne.

L’armée avait étendu les restrictions de déplacements lundi après-midi aux sorties de la ville palestinienne.

L’armée est plus soucieuse de contrôler les sorties de Ramallah pour empêcher des éléments violents venus de la ville de perpétrer des attentats de l’extérieur, a indiqué un responsable militaire à l’AFP.

La plupart des attaques menées ces quatre derniers mois contre des civils, des soldats ou des policiers israéliens ont été le fait de Palestiniens isolés, jeunes voire très jeunes, et armés de couteaux.

Le checkpoint de Beit-El, ainsi que les autres donnant sur le nord de la Cisjordanie, ont été fermés lundi matin, à l’exception d’un seul, ont constaté des journalistes de l’AFP. Là, de longues files de véhicules, contrôlés un à un par des soldats israéliens, se sont formées dans le sens de la sortie.

« Combien de temps cela va-t-il durer ? », se demandait Aline, une Palestinienne d’une trentaine d’années passagère des taxis jaunes caractéristiques. « A chaque fois que quelqu’un tire sur les soldats israéliens ? Ce n’est pas le président (de l’Autorité palestinienne) qui souffre, ce sont les gens normaux », se désole-t-elle.

Les diplomates ou les humanitaires, nombreux à se rendre à Ramallah chaque jour, paraissaient circuler sans encombre, ont indiqué plusieurs d’entre eux à l’AFP.

Mahdi Zaïd, lui, a dû descendre au checkpoint du bus qui devait l’emmener de Ramallah à Naplouse. Un premier soldat israélien « a commencé par prendre mes papiers, il les a contrôlés, me les a rendus et tout était bon, jusqu’à ce qu’un autre n’arrive, ne prenne mes papiers, s’éloigne cinq ou dix minutes et revienne me dire que je ne passerais pas », relate le jeune homme de 28 ans.

« Je devais passer un examen d’embauche. Cela faisait un an que j’attendais ça », dit-il avec fatalisme.

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