Tsahal va restituer le corps du Palestinien de 58 ans suspecté de terrorisme
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Tsahal va restituer le corps du Palestinien de 58 ans suspecté de terrorisme

Les proches de l'homme d'affaires Hamdan al-Arda nient l'allégation de l'armée selon laquelle il aurait tenté d'envoyer des troupes en Cisjordanie en décembre

Hamdan al-Adra, 58 ans, d'Araba, près de Jénine. Il a été abattu alors qu'il aurait fait une tentative d'attaque à la voiture-bélier contre des soldats - un récit que la famille du Palestinien rejette (Capture d'écran : Twitter)
Hamdan al-Adra, 58 ans, d'Araba, près de Jénine. Il a été abattu alors qu'il aurait fait une tentative d'attaque à la voiture-bélier contre des soldats - un récit que la famille du Palestinien rejette (Capture d'écran : Twitter)

Les membres de la famille d’un homme d’affaires palestinien, que des soldats israéliens ont abattu le mois dernier alors qu’il aurait tenté de commettre une attaque à la voiture-bélier, ont déclaré jeudi que l’Autorité palestinienne les avait informés qu’Israël allait restituer dans les prochains jours la dépouille de leur proche.

En décembre, l’armée israélienne a déclaré que des soldats avaient abattu Hamdan al-Arda alors qu’il tentait de percuter des soldats à Al-Bireh, une ville adjacente à Ramallah. À l’époque, l’armée a déclaré qu’un soldat avait été légèrement blessé lors de l’incident.

Les membres de la famille d’Arda ont déclaré qu’ils ne croyaient pas aux allégations de Tsahal portées contre lui, alors que les experts en sécurité israéliens ont déclaré qu’il ne correspondait pas au profil d’un terroriste.

Deux membres de la famille ont déclaré jeudi au Times of Israel que la Commission des affaires civiles de l’AP les avait informés qu’Israël avait décidé de leur remettre le corps d’Arda dans les prochains jours.

Lorsqu’on lui a demandé si Israël allait bientôt remettre le corps d’Arda à sa famille, le Coordonnateur des activités gouvernementales dans les territoires, l’organe du ministère de la Défense chargé des relations avec les Palestiniens, a transmis la question à Tsahal, qui a refusé de répondre.

Image d’une lettre que Daniel Yishon, un officier travaillant pour le conseiller juridique de Tsahal, a envoyée à Mohammed Abu Sneinah, un avocat basé à Jérusalem qui a demandé aux autorités israéliennes de remettre le corps de Hamdan al-Arda à sa famille. (Crédit : Khalil al-Arda)

Dans une lettre récente adressée à Mohammed Abu Sneinah, un avocat basé à Jérusalem qui a demandé aux autorités israéliennes de remettre le corps d’Arda à sa famille, Daniel Yishon, un officier travaillant pour le conseiller juridique de l’armée israélienne, a déclaré qu’il a « été décidé de remettre le corps de Hamdan Arda à sa famille pour être inhumé ». La lettre a été fournie au Times of Israel par Khalil al-Arda, un membre de la famille de Hamdan.

Abu Sneinah a dit avoir reçu la lettre mercredi, après que Tsahal lui a dit à deux reprises en décembre qu’il étudiait la possibilité de restituer la dépouille d’Arda à sa famille.

Firas al-Arda, le fils aîné de Hamdan, a déclaré qu’il ne croit pas à l’affirmation de l’armée selon laquelle son père aurait tenté de perpétrer une attaque à la voiture-bélier.

« Le récit de l’armée n’est pas vrai », a déclaré Firas au Times of Israel à la mi-décembre. « Il rentrait chez lui et n’était pas quelqu’un qui aurait fait exprès de heurter quelqu’un avec sa voiture. »

A LIRE : « Une histoire impossible », selon les proches du Palestinien à la voiture-bélier

Hamdan, qui était un père de 58 ans, de deux fils et trois filles, était propriétaire d’une usine d’aluminium à Al-Bireh. Il était originaire d’Araba, un village près de Jénine, mais vivait depuis plusieurs années dans un appartement à Al-Bireh.

Mohammad al-Arda, l’un des cousins de Hamdan, a également déclaré qu’il ne croyait pas aux allégations de l’armée concernant son parent.

« C’est impossible qu’il ait essayé d’écraser les soldats. Il n’était pas impliqué dans les affaires nationales et politiques », a déclaré Mohammad lors d’un appel téléphonique le mois dernier. « Il s’inquiétait surtout pour son entreprise et sa famille. »

Une porte-parole de Tsahal a déclaré jeudi que l’armée maintenait son affirmation initiale selon laquelle Hamdan avait tenté de commettre un attentat à la voiture-bélier.

Interrogé jeudi pour savoir si le Shin Bet soutenait que Hamdan avait commis un attentat à la voiture, un porte-parole du service de sécurité n’a pas répondu.

Shlomo Brom, général de brigade à la retraite de Tsahal, a déclaré en décembre que le profil de Hamdan ne correspondait pas à celui de la plupart des terroristes palestiniens. « Il ne correspond pas au profil habituel [d’un terroriste]. La plupart sont généralement jeunes et sans instruction. »

Peter Lerner, ancien porte-parole de Tsahal, s’est fait l’écho des commentaires de Bron, mais a également indiqué qu’il connaissait des terroristes palestiniens dont le profil ressemble à celui de Hamdan.

Soldats israéliens lors d’un raid dans le village de Shuweika, près de la ville de Tulkarem en Cisjordanie, le 20 octobre 2018. (Nasser Ishtayeh/Flash90)

« Je dirais que ce phénomène n’est pas très répandu », a déclaré M. Lerner lors d’un appel téléphonique en décembre, faisant allusion à des terroristes palestiniens plus âgés qui ont un emploi et une famille. « Mais je dirais aussi que ce n’est pas complètement inédit. »

Au cours des trois dernières années et demie, l’écrasante majorité des Palestiniens qui ont mené des attaques contre des Israéliens avaient moins de 30 ans.

Jeudi, Firas a déclaré que les forces de sécurité israéliennes ne l’avaient pas interrogé, lui et les membres de sa famille, sur son père depuis l’incident de décembre.

« S’ils pensaient vraiment qu’il avait fait quelque chose, ils nous auraient interrogés », a dit Firas lors d’un appel téléphonique. « Personne ne nous a convoqués ou interrogés sur lui ou sur ce qui s’est passé. »

Les porte-parole de Tsahal et du Shin Bet n’ont pas donné de réponse aux questions sur le fait qu’ils avaient interrogé ou pas des membres de la famille Arda sur Hamdan.

M. Lerner a déclaré que la question de savoir si les forces de sécurité israéliennes interrogent les membres de la famille des agresseurs présumés dépend généralement du type d’attaque que les membres de leur famille auraient perpétrée.

« S’il s’agit d’une attaque solitaire, les membres de la famille sont généralement interrogés. Mais s’il s’agit d’une attaque organisée, ils ne seront pas nécessairement interrogés », a déclaré Lerner jeudi.

Jeudi, Firas a déclaré qu’il avait passé les dernières semaines à téléphoner pour demander la libération du corps de son père.

« Depuis des semaines, je fais tout ce que je peux pour pouvoir l’enterrer », a-t-il dit. « Ça a été vraiment douloureux et angoissant. »

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