Tunnels « explosifs » du Hezbollah: L’armée israélienne met en garde les Libanais
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Tunnels « explosifs » du Hezbollah: L’armée israélienne met en garde les Libanais

Un porte-parole a indiqué aux résidents de Kfar Kila et Ramya que l'armée ignorait ce qui arrivera à leurs maisons en cas de destruction des tunnels

Des Israéliens travaillent près du mur frontalier en béton séparant les deux pays,  une photo prise au sud du village libanais de Kfar Kila, à la frontière avec Israël, le 9 décembre 2018 (Crédit :  Ali DIA / AFP)
Des Israéliens travaillent près du mur frontalier en béton séparant les deux pays, une photo prise au sud du village libanais de Kfar Kila, à la frontière avec Israël, le 9 décembre 2018 (Crédit : Ali DIA / AFP)

L’armée israélienne a vivement recommandé dimanche aux résidents de deux villes frontalières libanaises d’évacuer leurs maisons, leur disant que le groupe terroriste les a mis en danger en creusant des tunnels d’attaque – depuis le sud du Liban vers le nord d’Israël – que l’armée s’efforce actuellement de détruire.

Le porte-parole arabophone de l’armée, Avichay Adraee, a expliqué aux résidents de Kfar Kila et de Ramya dans une série de tweets que les militaires ignoraient la manière dont leurs habitations seraient touchées par la démolition des passages souterrains creusés sous leurs maisons, leur suggérant de quitter le secteur jusqu’à la fin de l’opération militaire en cours.

« Le Hezbollah a déposé des barils d’explosifs sous vos maisons », a écrit Adraee sur Twitter. « Nous ignorons quelles seront les conséquences des opérations pour vos habitations du côté libanais ».

Dans un post s’adressant aux habitants de Ramya, Adraee a ajouté : « Sachant ce qu’il se passe au-dessous de vos foyers, êtes-vous certain qu’y vivre est sûr ? »

Sur des photos des villes accompagnant les tweets, des cercles rouges ont été dessinés sur les zones spécifiques des municipalités qui seraient, selon l’armée, les plus concernées. Le message a averti les résidents que leurs « vies sont en danger ».

Ces publications ont été postées dans une initiative apparente de l’armée – et d’Adraee en particulier – de semer la discorde entre le Hezbollah et les citoyens libanais. Elles sont apparues comme un avertissement aux habitants de la zone de quitter leurs habitations dans l’urgence, mais elles n’ont suivi aucun protocole militaire définissant habituellement ce type de mise en garde.

Ces posts ont été rédigés dans un contexte de tensions croissantes sur la frontière israélo-libanaise, où l’armée israélienne tente de découvrir et de démolir ce qui, selon elle, est un réseau de tunnels ayant été creusés par le groupe terroriste soutenu par l’Iran.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a réuni le cabinet de sécurité dimanche pour évoquer cette campagne militaire, intitulée opération Bouclier du nord.

Un communiqué du bureau de Netanyahu a noté que les ministres avaient été informés sur l’opération et sur les progrès des démolitions.

Les soldats israéliens cherchent un tunnel transfrontalier provenant du sud Liban et creusé par le Hezbollah le long de la frontière , le 8 décembre 2018 (Crédit : Armée israélienne)

Mardi, Israël a annoncé avoir lancé une opération à durée indéterminée visant à détruire les réseaux de passages souterrains creusés par le Hezbollah et pénétrant en Israël. Ce même jour, les militaires ont découvert leur premier tunnel, qui partait du village libanais de Kafr Kila et entrait sur le territoire israélien au sud de la ville de Metulla.

Samedi, l’armée a dégagé un troisième passage souterrain qui entrait en Israël depuis le sud-Liban.

Les militaires ont déclaré que le Hezbollah avait l’intention d’emprunter ces tunnels lors d’une future guerre pour lancer des attaques surprises.

Le nombre de tunnels creusés par le groupe terroriste tel que défini par les estimations de l’armée ainsi que d’autres informations liées à l’opération militaire israélienne ont été interdits à la publication sur ordre du censeur militaire.

La découverte des tunnels et l’opération militaire qui a suivi pour les détruire a fait réapparaître le spectre d’une nouvelle guerre entre Israël et le Hezbollah.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu sort d’un hélicoptère lors de son arrivée dans le nord d’Israël, le 6 décembre 2018 (Crédit : Amit Shabi/Yedioth Ahronoth/POOL)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré que l’opération durerait tout le temps nécessaire et il a demandé à la communauté internationale de répondre aux tunnels d’attaques en appliquant des sanctions supplémentaires au Hezbollah.

« J’ai dit qu’il faudra condamner sans équivoque cette agression commise à notre encontre par l’Iran, par le Hezbollah et par le Hamas et que, bien sûr, il faudra renforcer les sanctions contre ces éléments », a dit Netanyahu aux ambassadeurs étrangers lors d’une visite effectuée jeudi sur la frontière.

Netanyahu a précisé qu’il demandera également au Conseil de sécurité de l’ONU de discuter de ce dossier.

Il a noté qu’à la fin de l’opération, les « tunnels n’existeront plus et ne seront plus effectifs ».

Des responsables israéliens ont indiqué que l’armée israélienne pourrait devoir se rendre sur le territoire libanais pour démolir les tunnels.

Ainsi, vendredi, un ministre israélien a expliqué que les militaires pourraient avoir l’obligation d’entrer plus profondément au Liban pour s’attaquer à certains tunnels.

Des soldats de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) patrouillent le long du mur frontalier avec Israël près du village de Kfar Kila, au sud du Liban, le 4 décembre 2018. (Mahmoud ZAYYYAT / AFP)

« Si nous estimons que pour déjouer la menace des tunnels, il faudra mener des opérations de l’autre côté, alors nous opérerons de l’autre côté de la frontière », a -t-il dit.

Une incursion de l’armée israélienne au Liban pourrait entraîner une confrontation majeure avec la milice terroriste soutenue par l’Iran.

Aggravant encore les tensions, le secrétaire-général adjoint du Hezbollah Naim Qassem a averti l’Etat juif, ce week-end, que tout son territoire – « même Tel Aviv » – était à portée des plus de 100 000 roquettes détenues par le groupe.

Dans un entretien publié samedi dans le journal arabophone iranien Al-Wefak, le vice-secrétaire général du Hezbollah, il a expliqué qu’il « n’y a aucun endroit au sein de l’entité sioniste qui ne soit pas à la portée des roquettes du Hezbollah ».

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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