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Tweets anti-israël: la curatrice de l’info sur le Moyen-Orient de Twitter s’excuse

Fadah Jassem a déclaré qu'Israël n'était pas né mais qu'il avait été "largué comme une bombe au milieu de la Palestine"

Dans cette photo d'illustration, le logo de Twitter est affiché sur un téléphone portable le 27 mai 2020, à Arlington, en Virginie. (Crédit : Olivier DOULIERY / AFP)
Dans cette photo d'illustration, le logo de Twitter est affiché sur un téléphone portable le 27 mai 2020, à Arlington, en Virginie. (Crédit : Olivier DOULIERY / AFP)

J. The Jewish News of Northern California via JTA – Une nouvelle recrue de Twitter chargée de sélectionner, éditer et partager la couverture de l’actualité du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord s’est excusée pour des tweets sévèrement critiques à l’égard d’Israël publiés en 2010 et 2011 après qu’ils ont suscité la controverse sur les réseaux sociaux cette semaine.

Fadah Jassem, une ancienne journaliste qui vit à Londres, s’est également excusée de ne pas avoir inclus le drapeau israélien aux côtés de ceux de 17 autres pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, y compris le drapeau palestinien, dans un tweet annonçant sa nomination en tant que « responsable de la conservation éditoriale pour le programme MENA ».

L’omission du drapeau israélien a d’abord valu à Mme Jassem un examen minutieux de la part des groupes pro-israéliens, tôt lundi. Le groupe de surveillance StopAntisemitism a tweeté : « Hey @FadahJassem – il semble que tu aies oublié quelque chose ». Le groupe Israel War Room a demandé une réponse à Twitter, affirmant que l’omission reflète « soit une ignorance lamentable du territoire que @FadahJassem est censé couvrir, soit un effacement antisémite du seul État juif ».

Quelques heures plus tard, GnasherJew, un organisme d’investigation britannique qui a joué un rôle déterminant dans la dénonciation de l’antisémitisme au sein du parti travailliste, ce qui a conduit à la scission du parti, a découvert et reposté les tweets vieux de dix ans.

L’un d’eux, datant de septembre 2010, affirme qu’Israël n’est « pas né » mais « a été largué comme une bombe au milieu de la Palestine ». Un autre semble montrer un soutien au leader de la Nation de l’Islam, Louis Farrakhan, qui a des antécédents d’antisémitisme ; il cite Farrakhan s’opposant au soutien américain à Israël.

Les messages de Mme Jassem s’inscrivent dans un contexte où l’on s’interroge sur l’objectivité de la couverture médiatique des réseaux sociaux, une source majeure d’informations dans le monde. Selon une enquête récente de Pew, environ la moitié des Américains obtiennent une partie de leurs informations via les réseaux sociaux.

Un tweet de Fadah Jassem annonçant son nouveau poste de conservatrice de l’actualité du Moyen-Orient sur Twitter, avec des drapeaux en emoji de 17 pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, dont le drapeau palestinien, mais pas le drapeau israélien. (Crédit : capture d’écran via JTA)

Bien que les équipes de curation de contenu de Twitter ne produisent pas de reportages originaux, elles sont chargées de créer des « Moments » Twitter, c’est-à-dire des agrégations de nouvelles d’une région ou d’un événement particulier. Les équipes de curation « trouvent et mettent en valeur les Tweets les plus intéressants », selon Twitter.

Mme Jassem est arrivée à ce poste après avoir travaillé pendant cinq ans dans une entreprise de technologie ; elle avait auparavant travaillé comme productrice et rédactrice pour plusieurs réseaux de télévision, selon son profil LinkedIn. Elle a été diplômée en 2010 d’une université londonienne, où elle a rédigé un mémoire sur les écarts entre les générations au Moyen-Orient, en se concentrant principalement sur la Syrie, un pays avec lequel elle a un lien personnel, selon un profil partagé par l’école.

Jassem a d’abord répondu à certaines des critiques en ligne à son égard, répondant à une question sur Twitter d’Emanuel Miller de Honest Reporting, un groupe qui se consacre à dénoncer ce qu’il identifie comme un parti pris anti-israélien dans les médias, avec des excuses.

« Je peux voir que j’ai été mal informée avec certains tweets quand j’étais plus jeune », a-t-elle écrit. « Je m’excuse pour toute offense causée par ces tweets particuliers et comme je l’ai dit pour avoir oublié le drapeau israélien en référence au MENA comme je l’ai fait pour d’autres. »

Jassem a depuis protégé son compte, de sorte qu’il ne soit plus visible publiquement.

Twitter n’a pas répondu à une demande de commentaire lundi.

L’incident fait suite à d’autres controverses récentes dans lesquelles des employés en contact avec le public ont fait l’objet d’un examen minutieux et parfois de réactions négatives pour des publications sur les réseaux sociaux concernant Israël. Plus tôt cette année, l’Associated Press a licencié Emily Wilder, une employée juive, pour des tweets sur le conflit israélo-palestinien qui, selon l’organisation, violaient sa politique de réseaux sociaux sur les préjugés. En Californie du Nord, l’université UC Merced a déclaré en août qu’elle enquêtait sur le professeur Abbas Ghassemi pour des tweets dénonçant les « sionistes » que le chancelier de l’université a qualifiés de « répugnants ».

Dans le monde de la technologie, Google a réaffecté son responsable de la diversité, Kamau Bobb, au début de l’année, après la découverte de billets de blog datant de 2007 dans lesquels il affirmait, dans un billet sur le conflit israélo-palestinien, que les Juifs avaient un « appétit insatiable pour la guerre » et une « insensibilité » à la souffrance.

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