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Uber relance ses opérations en Israël avec des chauffeurs de taxi agréés

La société va concurrencer Gett et Yango pour les passagers et les chauffeurs, avec son retour sur le marché local 5 ans après avoir été interdit

Ricky Ben-David est journaliste au Times of Israël

Une photo d'illustration d'une voiture Uber (Skoda) à Varsovie, en Pologne, en 2019. (Crédit : MOZCO Mateusz Szymanski/iStock/Getty Images)
Une photo d'illustration d'une voiture Uber (Skoda) à Varsovie, en Pologne, en 2019. (Crédit : MOZCO Mateusz Szymanski/iStock/Getty Images)

Le géant du service de taxi Uber devrait relancer ses opérations en Israël, réintroduisant sa plateforme de réservation et embaucher uniquement des chauffeurs de taxi agréés, près de cinq ans après qu’un tribunal bloquait les activités du groupe à ses débuts dans le pays.

Uber reviendra en Israël en se connectant à un réseau national de taxis agréés, a rapporté Reuters mardi, dans le cadre de plans d’expansion qui incluent l’Espagne, l’Italie, l’Allemagne, l’Autriche, la Turquie et la Corée du Sud.

La société a déclaré à Reuters que des milliers de chauffeurs de taxi israéliens ont rejoint le service de taxi, qui comprendra également des options de covoiturage avec d’autres passagers, principalement à Tel Aviv et à Jérusalem.

Uber sera en concurrence, pour les passagers et les chauffeurs de taxi israéliens, avec Gett (anciennement GetTaxi), fondé en Israël, et le service de taxis à la demande russe Yango (détenu par la société Internet russe Yandex), qui travaillent tous deux avec des chauffeurs de taxi agréés et sont bien établis dans le pays.

« Nous voulons utiliser la technologie pour transformer les services de taxi, en collaboration avec d’autres services de transport public, en l’alternative à la voiture privée qu’ils peuvent être », a déclaré Gony Noy, le nouveau directeur général d’Uber Israël, à l’agence de presse.

Noy était auparavant directeur général des opérations d’Uber Freight, un service Uber lancé en 2017 qui offre des plateformes de données aux transporteurs et aux expéditeurs.

Uber a été contraint par décision de justice de cesser la plupart de ses activités en Israël en 2017 parce qu’il utilisait des chauffeurs privés, qui n’étaient pas autorisés à conduire des taxis et ne disposaient pas d’une assurance appropriée pour les passagers – essentiellement le modèle économique initial de l’entreprise. Uber touche des commissions sur chaque réservation.

Des taxis Gett à Tel Aviv, le 2 mars 2021. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

La loi israélienne n’autorise pas les conducteurs qui n’ont pas la licence requise à prendre des passagers et à facturer les courses, comme le font un grand nombre de chauffeurs Uber à travers plus de 10 000 villes dans le monde (en 2020).

Uber a opéré en Israël pendant plusieurs mois en 2017 avant qu’un tribunal de Tel-Aviv ne rende une ordonnance d’arrêt, en partie sous la pression des syndicats de taxis et des entreprises agréées (comme Gett) qui avaient déposé une plainte auprès du ministère des Transports.

À l’époque, Uber avait donné le coup d’envoi de son entrée sur le marché israélien avec un programme pilote appelé Uber Night service, qui permettait aux propriétaires de voitures privées enregistrées auprès d’Uber de conduire d’autres passagers pendant les heures de la nuit, lorsque les transports en commun n’étaient pas disponibles, ainsi que le rapportait The Times of Israel. Ce programme pilote ne fonctionnait qu’à Tel Aviv et uniquement le week-end.

Au lieu des frais habituels que les utilisateurs de l’application devaient payer, les frais étaient appelés « remboursement » et couvraient les dépenses des conducteurs, comme l’essence. Uber demandait aux chauffeurs une commission de 25 %.

La société a pu ainsi contourner la loi israélienne.

Une passagère monte dans son véhicule Uber à Montréal, en mars 2019. Illustration (Crédit : Josie_Desmarais/iStock by Getty Images)

Le programme ressemblait à Uber X, le service le plus populaire de l’entreprise qui permet aux passagers de commander des courses à des chauffeurs enregistrés à des prix généralement moins chers que les services de taxi ordinaires, et de faire du covoiturage avec jusqu’à trois autres passagers.

Cette pratique a poussé le ministère des Transports à ouvrir une enquête et à déposer une plainte contre Uber pour avoir opéré sans les autorisations requises.

De son côté, Gett a connu des difficultés en mai lorsque sa fusion prévue avec une SPAC (société d’acquisition à vocation spécifique) cotée au NASDAQ a été annulée en raison de la « volatilité récente du marché » et que sa valorisation, qui avait atteint un milliard de dollars, s’est effondrée.

La société était évaluée à environ 265 millions de dollars en mai, d’après les informations fournies par l’un de ses principaux investisseurs, VNV Global, rapporté par Calcalist.

Le fondateur et PDG de Gett, Dave Waiser, a quitté Gett le même mois, après plus d’une décennie à la tête de l’entreprise.

Gett s’est retiré du marché russe quelques semaines après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, le 24 février.

Depuis sa création en 2010, Gett a levé environ 850 millions de dollars.

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