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UE : Le texte de compromis sur le nucléaire iranien est « le meilleur possible »

Josep Borrell, chef de la diplomatie du bloc, affirme que les sanctions contre le régime ont échoué et que les parties en lice ont "la responsabilité conjointe" de signer l'accord

Le chef de la politique étrangère de l'Union européenne, Josep Borrell, s'adresse aux médias, à son arrivée à un sommet de l'Union européenne à Bruxelles, le 23 juin 2022. (Crédit : Olivier Matthys/AP)
Le chef de la politique étrangère de l'Union européenne, Josep Borrell, s'adresse aux médias, à son arrivée à un sommet de l'Union européenne à Bruxelles, le 23 juin 2022. (Crédit : Olivier Matthys/AP)

Le ministre des Affaires étrangères de l’Union européenne a déclaré mardi avoir soumis un projet de texte sur le programme nucléaire iranien. Il a exhorté les parties en lice à l’accepter sous peine de « risquer une crise nucléaire dangereuse ».

Josep Borrell a ajouté que le texte proposé était « le meilleur possible » et qu’il devait être mis en œuvre dans les meilleurs délais. « Ce n’est pas un accord parfait », mais qu’il « représente le meilleur accord possible que moi, en tant que facilitateur des négociations, considère comme réalisable », a-t-il précisé dans une tribune publiée par le Financial Times.

Le diplomate a ajouté que « toutes les possibles pistes de compromis supplémentaire sont dorénavant épuisées ».

Josep Borrell est très impliqué dans les discussions sur le nucléaire qui ont lieu entre l’Iran et l’Occident. Il s’est rendu à Téhéran au mois de juin afin de relancer les négociations entre les parties, des pourparlers qui étaient tombés dans l’impasse au mois de mars.

Le JCPOA (Plan d’action global commun) vise à garantir le caractère civil du programme nucléaire de l’Iran, accusé de chercher à se doter de l’arme atomique malgré ses démentis, en échange d’une levée progressive des sanctions internationales qui frappent l’économie iranienne. L’accord s’était graduellement dissous après le retrait des États-Unis du pacte, en 2018, qui avait été décidé par l’administration Trump qui avait ensuite réimposé des sanctions écrasantes à Téhéran – une initiative qui avait été applaudie par Israël.

En réponse, l’Iran avait renoncé à ses engagements pris dans le cadre du JCPOA, renforçant son programme et augmentant son travail d’enrichissement de l’uranium à des niveaux bien supérieurs à ceux établis dans le pacte. Ce qui a amené Borrell en conséquence à estimer que la stratégie « de pression maximum » de l’ancien président américain a finalement été un échec.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian (à droite), assiste à une conférence de presse avec Josep Borrell, le haut représentant de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité (à gauche), au siège du ministère des Affaires étrangères à Téhéran, la capitale iranienne, le 25 juin 2022. (Crédit : ATTA KENARE / AFP)

Borrell a souligné que le compromis proposé « aborde tous les éléments essentiels et comprend des compromis durement gagnés par toutes les parties ».

Le ministre des Affaires étrangères de l’Union européenne a pressé toutes les parties en lice dans les pourparlers « de se saisir de cette opportunité unique de réussir et de libérer le formidable potentiel d’un accord pleinement mis en œuvre, et ce en l’absence de toute autre alternative approfondie et efficace qui puisse être à notre portée ».

Le haut-diplomate de l’UE a exprimé son inquiétude face à une « crise nucléaire dangereuse » susceptible de survenir si l’accord devait être rejeté, ajoutant que les pays impliqués dans les négociations ont « la responsabilité conjointe de signer un accord ».

« Le Coordonnateur a fait part de ses idées pour conclure les négociations. Nous aussi, nous avons nos propres idées, tant sur le fond que dans la forme, pour conclure les négociations », a déclaré mardi le négociateur iranien Ali Bagheri dans un message sur son compte twitter.

Josep Borrell s’était rendu à Téhéran le 25 juin pour y rencontrer le ministre iranien des Affaires étrangères Hossein Amir-Abdollahian. Les deux responsables ont annoncé la reprise « dans les prochains jours » des pourparlers menés à Vienne.

Les discussions qui avaient eu lieu à Vienne, au début de l’année, avaient pour objectif de réintégrer les États-Unis dans le JCPOA et de ramener l’Iran à respecter à nouveau ses engagements – mais les négociations sont dans l’impasse depuis des mois en raison d’un bras de fer entre Washington et Téhéran sur des questions qui ne concernent pas le nucléaire.

L’un de points de friction est la demande soumise par la République islamique de radier le Corps des Gardiens de la Révolution de la liste américaine des organisations terroristes, ce que se refuse à faire Joe Biden jusqu’à présent.

Le compromis soumis par Josep Borrell aborde « en détail » la levée des sanctions imposées à l’Iran et les mesures nucléaires nécessaires pour rétablir le JCPOA.

Il ne répond pas à toutes les préoccupations des États-Unis concernant l’Iran et de sérieuses réserves sont exprimées à Téhéran pour la mise en œuvre d’un accord, reconnaît Josep Borrell. « Mais des décisions doivent être prises maintenant », a-t-il plaidé.

Mardi matin, le ministre de la Défense Benny Gantz a averti que relancer l’accord sur le nucléaire avec les puissances mondiales pour réduire les activités nucléaires de l’Iran ne servirait qu’à gagner du temps, affirmant qu’Israël pourrait « gravement porter préjudice et retarder le programme nucléaire ».

Ces propos de Gantz ont été tenus au début de la semaine, après que les médias iraniens ont annoncé le démantèlement présumé d’un réseau d’espionnage soutenu par Israël dont les membres étaient sur le point de commettre une attaque à la bombe « sur un site sensible » d’Ispahan. Certains médias ont noté que l’usine nucléaire de Natanz se trouve dans cette province – une usine qui a été prise pour cible dans des attaques dont Téhéran a attribué la responsabilité à Israël.

L’État juif a fait savoir qu’il se réservait le droit de passer à l’acte de manière indépendante contre les structures nucléaires de l’Iran pour empêcher ce que le pays considère comme une menace à son existence même.

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