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Gantz: Israël peut « nuire » au programme nucléaire iranien et « le retarder »

Pour le ministre de la Défense, l'Iran pose un problème mondial qui ne se limite pas à l'État juif ; il met en garde contre la relance de l'accord de 2015

Le ministre de la Défense, Benny Gantz lors d'une conférence de presse de la Treizième chaîne à Jérusalem, le 26 juillet 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le ministre de la Défense, Benny Gantz lors d'une conférence de presse de la Treizième chaîne à Jérusalem, le 26 juillet 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le ministre de la Défense Benny Gantz a déclaré mardi qu’Israël a la capacité de porter préjudice au programme nucléaire iranien, et a averti que la relance du l’accord de 2015 avec les puissances mondiales pour freiner les activités nucléaires iraniennes ne sera qu’une tactique de retardement.

« L’Iran est un problème mondial. Ce n’est pas seulement le problème d’Israël », a déclaré Gantz lors d’une interview avec la Treizième chaîne à Jérusalem.

A la question de savoir si Israël a la capacité d’arrêter le développement nucléaire de l’Iran ou simplement de le retarder, Gantz a répondu : « Nous sommes capables de nuire sérieusement et de retarder le programme nucléaire. »

En ce qui concerne le désir déclaré du président américain Joe Biden de relancer le JCPOA (Plan d’action global conjoint) signé entre l’Iran et les puissances mondiales, Gantz a déclaré qu’il ne s’agissait pas d’un « concept sans fondement ».

Néanmoins, « nous sommes très insatisfaits de l’accord, qui serait un mauvais accord car il ne s’agirait que d’un délai temporaire », a déclaré Gantz. Un tel accord permettrait aux Iraniens de développer leur économie et légitimerait éventuellement un retour à leur programme nucléaire à une date ultérieure, a-t-il averti.

L’accord nucléaire du JCPOA a permis à l’Iran de bénéficier d’un allègement des sanctions en échange de restrictions sur son programme nucléaire afin de l’empêcher d’obtenir l’arme atomique, un objectif que l’Iran nie rechercher.

Après que l’administration Trump a retiré les États-Unis de l’accord en 2018 et réimposé des sanctions sévères, l’Iran a répondu en abandonnant un grand nombre de ses propres engagements. Il a depuis accéléré son programme nucléaire, en particulier l’enrichissement d’uranium.

Les pourparlers menés à Vienne au début de l’année visant à sauver le JCPOA en faisant revenir les États-Unis dans l’accord sont au point mort depuis des mois dans un contexte d’impasse entre Washington et l’Iran.

Gantz a déclaré qu’il n’entrevoyait pas un accord dans un avenir proche.

« Je ne vois pas de réelles indications en ce sens pour l’instant », a-t-il dit, mais il a concédé qu’on ne pouvait pas l’exclure.

En ce qui concerne une éventuelle intervention militaire américaine, Gantz a rappelé les remarques faites par Biden lui-même au début du mois, dans lesquelles il a déclaré que les Etats-Unis n’utiliseraient la force qu’en « dernier recours » pour empêcher l’Iran d’obtenir des armes nucléaires.

Les remarques de Gantz sont intervenues après que les médias iraniens ont rapporté, en début de semaine, la capture présumée d’un réseau d’espions soutenus par Israël qui étaient sur le point de perpétrer un attentat à la bombe sur un « site sensible » à Ispahan. Certains médias israéliens ont fait remarquer que la province abrite l’usine nucléaire de Natanz, qui a été visée par des attaques imputées par Téhéran à Israël.

Israël a déclaré à plusieurs reprises qu’il se réservait le droit d’agir de manière indépendante contre les installations nucléaires iraniennes afin de prévenir une menace existentielle pour l’État juif.

Gantz a également commenté les menaces du chef du groupe terroriste Hezbollah, Hassan Nasrallah, qui a déclaré lundi qu’il attaquerait le champ de gaz naturel offshore de Karish et que les missiles de son groupe pouvaient frapper n’importe où en Israël. Trois drones du Hezbollah ont été interceptés au début du mois en direction de Karish.

Gantz a déclaré qu’Israël a un « fort pouvoir de dissuasion » contre le Liban et le Hezbollah, ce dont Nasrallah est bien conscient.

Une corvette Saar Class 5 israélienne montant la garde autour de la plateforme installée par Energean dans le champ gazier de Karish, le 2 juillet 2022. (Crédit : Armée israélienne)

Les liens avec la Russie, qui ont été tendus en raison d’une menace de Moscou de mettre fin aux opérations en Russie de l’Agence juive, qui s’occupe notamment de l’immigration en Israël, pourraient encore se détériorer, a déclaré Gantz.

« Nous avons des liens très importants avec la Russie », a-t-il dit, notant que le fait qu’Israël se range du côté de l’Occident face à l’invasion russe de l’Ukraine nécessite de la diplomatie.

« Je pense que nous devons agir avec délicatesse et dialoguer avec les Russes », a-t-il dit.

Une délégation devait partir pour Moscou, dimanche et lundi, mais son départ a été repoussé à une date indéterminée jusqu’à ce que les Russes approuvent l’organisation de discussions sur le dossier, a noté le bureau du Premier ministre.

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