Ukraine : un universitaire propose de rebaptiser Ouman d’après un collabo nazi
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Ukraine : un universitaire propose de rebaptiser Ouman d’après un collabo nazi

Le maître de conférence a suggéré ce nouveau nom pour le lieu de pèlerinage juif après des plaintes d'Israël sur l'honneur fait à ceux qui ont soutenu le régime nazi

Un groupe de juifs orthodoxes prient autour des lieux saints juifs d'Ouman, en Ukraine, le 21 septembre 2006. (AP/Efrem Lukatsky)
Un groupe de juifs orthodoxes prient autour des lieux saints juifs d'Ouman, en Ukraine, le 21 septembre 2006. (AP/Efrem Lukatsky)

JTA – Un maître de conférence de la plus ancienne et de la plus prestigieuse université d’État d’Ukraine a appelé le gouvernement à renommer la ville d’Ouman en l’honneur d’un collaborateur nazi, en réponse aux plaintes d’Israël concernant l’honneur de tels individus.

Bohdan Bilinsky, professeur associé de l’école nationale des Ponts et Chaussées de l’université polytechnique de Lviv, vieille de 205 ans, a proposé de rendre hommage à Stepan Bandera dans une publication sur Facebook vendredi, rapporte le site d’information Focus. Ouman, un site important pour les pèlerins juifs, devrait s’appeler « Bandera City », a-t-il déclaré.

Bilinsky a déclaré que chaque ville ukrainienne devrait « donner aux gares, aux ports et aux avions le nom de Stepan Bandera », un nationaliste qui a collaboré pendant un temps avec l’Allemagne nazie contre l’Union soviétique. Ses troupes sont soupçonnées d’avoir tué des milliers de Juifs pendant la Shoah.

« Peut-être que ce mauvais esprit cessera de venir à nous », a écrit Bilinsky à propos des critiques concernant les honneurs rendus à Bandera et à d’autres collaborateurs nazis.

Dans cette photo d’archives datant du 15 octobre 2005, un ancien combattant partisan de l’Armée insurrectionnelle ukrainienne porte un portrait du chef de l’Armée insurrectionnelle ukrainienne, Stepan Bandera, lors d’une marche à Kiev. (Crédit : AP/Efrem Lukatsky, File)

Sa proposition fait suite à la controverse suscitée par la désignation, ce mois-ci, d’un stade à Ternopil en l’honneur de Roman Shukhevych, un autre chef de milice allié des nazis.

L’ambassadeur d’Israël en Ukraine, Joel Lion, a protesté sur Twitter contre le choix du nom du stade. Mais un porte-parole du ministère ukrainien des affaires étrangères a défendu sur Twitter le fait que le pays « préserve la mémoire nationale ». Oleg Nikolenko a ajouté que cela « reste l’une des priorités de la politique de l’État ukrainien. »

Il est « tout à fait compréhensible » que Ternopil cherche à « honorer ceux qui ont combattu le communisme soviétique », a écrit Efraim Zuroff, directeur pour l’Europe de l’Est du Centre Simon Wiesenthal, mais pas ceux qui sont derrière « le meurtre de masse de concitoyens innocents. »

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