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Un an après Coleyville, une synagogue de Houston est la cible de harcèlement

Galvanisée par sa foi, et en guise de vengeance, une juive messianique particulièrement agitée a pénétré par deux fois dans la synagogue qu’elle a vandalisée

La synagogue Emanu El de Houston est en train de réévaluer ses protocoles de sécurité avec des organismes et des consultants en sécurité. (Crédit : Jewish Herald-Voice/via JTA)
La synagogue Emanu El de Houston est en train de réévaluer ses protocoles de sécurité avec des organismes et des consultants en sécurité. (Crédit : Jewish Herald-Voice/via JTA)

Houston Jewish Herald Voice et JTA – Une synagogue de Houston a décidé de renforcer ses mesures de sécurité après qu’une femme, qui dit avoir été motivée par ses convictions messianiques pour vandaliser la synagogue, y est entrée sans être détectée.

Ezra Law est entrée par effraction dans la synagogue Emanu El aux premières heures du 14 janvier, causant des dommages au bâtiment et à un rouleau de Torah. Ce n’est qu’après avoir passé six heures dans le bâtiment, durant lesquelles elle a bu du vin et en a même renversé sur l’un des rouleaux de la Torah, qu’elle a été découverte par le personnel de sécurité avant l’office du Shabbat, et arrêtée.

Elle a rapidement été libérée sous caution, mais au lieu de se présenter à sa comparution devant le tribunal, elle est retournée à Emanu El vendredi pour perturber une classe de maternelle, en harcelant de jeunes enfants avant de s’enfuir. Law a de nouveau été arrêtée plus tard dans la journée avant d’être relâchée une seconde fois le dimanche.

Le soir même, elle a publié sur Internet qu’elle avait choisi cette synagogue pour se venger d’avoir été refoulée auparavant en raison de sa croyance en Jésus.

L’incident, qui s’est déroulé le jour du premier anniversaire de la prise d’otage de quatre personnes dans une synagogue de Colleyville, au Texas, a secoué la communauté juive de Houston. Il a également occasionné une réévaluation des mesures de sécurité qui ont permis à Law d’entrer à deux reprises dans le bâtiment d’Emanu El.

Lors du premier incident, Law a réussi à ne pas se faire repérer et à rester seule dans le bâtiment parce que le système d’alarme avait été désactivé pendant les travaux d’entretien prévus la veille au soir. Lors du second incident, elle est entrée dans le bâtiment par une porte qui avait été maintenue ouverte pour permettre aux ouvriers de charger du matériel dans le foyer.

Des membres de l’équipe SWAT se déploient près de la synagogue Congregation Beth Israel lors d’une prise d’otages à Colleyville, Texas, le 15 janvier 2022. (Crédit : Andy Jacobsohn/AFP)

« Les défaillances de notre personnel et les failles dans la sécurité d’Emanu El la semaine dernière sont totalement inacceptables, et nous ne les excusons pas », a déclaré le grand rabbin Oren Hayon dans une déclaration commune avec le président d’Emanu El, Stuart Gaylor, et le directeur exécutif, David Lamden.

L’incident à Emanu El survient alors que les communautés juives du pays ont dépensé des sommes importantes pour mettre en place des systèmes de sécurité et former leurs membres aux pratiques de sécurité, souvent avec le soutien d’organisations communautaires juives, au cours d’une campagne qui s’est intensifiée après la fusillade de 2018 pendant les offices de Shabbat dans la synagogue Tree of Life à Pittsburgh, qui a coûté la vie à 11 Juifs.

Le rabbin de Colleyville a déclaré que c’était grâce à l’une de ces formations qu’il avait réussi à protéger ses fidèles et à échapper à leur ravisseur lors de la prise d’otages.

L’année dernière, la fédération juive de Houston a lancé un programme de sécurité dans le cadre du Secure Community Network, une organisation juive à but non lucratif spécialisée dans la sécurité, et a engagé un agent du FBI à la retraite, Al Tribble, comme directeur de la sécurité communautaire. Tribble, dont le travail consiste à former les synagogues, les écoles et les autres institutions juives locales sur la manière de garantir la sécurité des membres de leur communauté, a participé aux efforts déployés pour répondre aux incidents survenus à Emanu El.

Selon Hayon, Emanu El a pris plusieurs mesures pour renforcer la sécurité, notamment pendant les cours de religion le mercredi et le dimanche et en augmentant la présence visible de la police sur le campus.

Des pots de fleurs, portant chacun le nom de l’un des 11 fidèles tués le 27 octobre 2018 lorsqu’un tireur a ouvert le feu alors que les offices religieux commençaient à la synagogue Tree of Life, bordent la clôture entourant la synagogue, samedi 26 octobre 2019, dans le quartier de Squirrel Hill à Pittsburgh. (Crédit : Gene J. Puskar/AP)

La synagogue, une congrégation réformée comptant des milliers de fidèles venus de tous les coins de Houston, n’a pas encore fini de déterminer l’étendue des dégâts causés par l’intruse, qui comprennent une fenêtre brisée et des taches de vin au verso d’un rouleau de Torah et sur la moquette.

« Les dégâts sont incommensurables », a déclaré une assistante du procureur du comté de Harris, Erica Winsor, aux médias locaux.

« Les événements de la semaine dernière ont suscité chez beaucoup d’entre nous des inquiétudes concernant notre sécurité et celle de nos proches », a déclaré Hayon au Jewish Herald-Voice. « Notre équipe de sécurité est engagé à assurer la sécurité des fidèles, du personnel et surtout de nos enfants. »

Le personnel de sécurité a retenu Law après l’avoir découverte à l’intérieur de la synagogue le 14 janvier, jusqu’à ce que des agents de la police de Houston arrivent pour l’arrêter. Sa libération sous caution était conditionnée par une interdiction de se trouver à moins de 450 mètres de la synagogue.

Après sa libération, Law a publié des messages visant Emanuel El sur ses comptes de réseaux sociaux. « Coût du vin rouge renversé sur les robes du rabbin de la synagogue Congregation Emanu El de Houston : 1 500 dollars », peut-on lire dans l’une des publications. « Coût du sang royal de Jésus-Christ qui a été versé sur la croix pour vos péchés afin que vous puissiez avoir une réincarnation dans mon royaume : Inestimable. »

Le profil Instagram de Law, où elle a continué à publier sur sa vendetta contre Emanu El même après sa deuxième arrestation, suggère qu’elle a une vingtaine d’années et qu’elle aurait travaillé à un moment donné dans la technologie et voyagé fréquemment, y compris, selon l’une de ses publications, en Israël. Son compte, ou se trouvent plusieurs publications depuis 2015 sur la célébration des fêtes juives, s’est consacré ces dernières semaines à des publications sur Jésus et la conversion des Juifs au christianisme.

Des centaines de Juifs messianiques, qui s’identifient comme Juifs, se sont rassemblés à Nyahururu pour la semaine de fête de Sukkot. Illustration (Crédit : Autorisation de Barbara Steenstrup/Nairobi Hebrew Congregation)

Dimanche soir, Law a publié une capture d’écran de l’explication qu’elle avait l’intention de donner au tribunal, expliquant qu’elle s’était vengée de la synagogue après qu’elle a été refoulée de cette dernière pour sa foi en Jésus et qu’après le deuxième incident elle s’était réfugiée dans une synagogue messianique. (Les messianiques appliquent des pratiques juives mais croient en la divinité de Jésus, et le prosélytisme auprès des Juifs est une activité essentielle).

« Je tiens à préciser que je n’ai visité la synagogue Congregation Emanuel El que par bonté et générosité de cœur, afin de partager l’Évangile avec eux », a écrit Law, ajoutant qu’elle n’avait pas eu l’intention de renverser du vin rouge sur une Torah et qu’elle voulait payer les réparations.

Hayon a déclaré qu’après le premier incident, Emanu El a pris plusieurs mesures pour renforcer la sécurité, notamment pendant les cours de religion le mercredi et le dimanche, et qu’elle a augmenté la présence visible de la police sur le campus. Après de nombreux entretiens avec les forces de l’ordre, le bureau du procureur du district et Tribble, la synagogue et d’autres personnes ont diffusé les publications et la photographie de Law sur les réseaux sociaux à tous les membres du personnel d’Emanu El, les encourageant à rester vigilants.

Et malgré cela, lorsque Law est retournée sur le campus d’Emanu El vendredi, elle a pu entrer par une porte ouverte et s’asseoir parmi les tout jeunes élèves et le personnel qui tenaient un office de Shabbat dans une salle.

Le directeur de l’école et le hazan de la synagogue ont reconnu Law et ont immédiatement appelé le personnel de sécurité. Les gardes ont tenté de faire sortir Law de la salle, mais elle a fui le bâtiment avant l’arrivée de la police. Elle était à l’intérieur du bâtiment depuis moins de cinq minutes.

Un jour plus tard, Law a été appréhendée et arrêtée par les forces de l’ordre pour la deuxième fois. Elle a de nouveau été libérée sous caution le dimanche.

Un garde se tient à l’entrée du bâtiment de la Congrégation Etz Jacob/Ohel Chana High School, à Los Angeles, le 15 février 2019. Illustration (Crédit : Marcio Jose Sanchez/AP)

« Ces derniers jours nous ont beaucoup appris sur les failles dans nos systèmes de sécurité et sur les protocoles qui n’ont pas été suivis attentivement en ces temps de crise », ont déclaré Hayon, Gaylor et Lamden dans leur lettre aux membres de la communauté. « Nous avons toutes les raisons de croire que notre campus est un endroit sûr pour vous et vos familles, et tous les cours et programmes à Emanu El cette semaine se poursuivront comme prévu. »

Emanu El évalue régulièrement, avec l’aide de professionnels et de consultants tiers, ses systèmes, contrôles et protocoles. Parmi les changements immédiats, il y a la réduction des points d’accès au campus d’Emanu El, l’utilisation d’un processus de vérification en deux étapes pour les visiteurs ainsi qu’une vigilance accrue, le renforcement et la communication des protocoles de sécurité existants.

En conséquence, les étudiants de l’université voisine de Rice ne pourront plus traverser le campus d’Emanu El pour se rendre aux appartements des diplômés, qui sont situés juste au nord de la synagogue, et en revenir.

Emanu El offre également un soutien émotionnel et spirituel à son personnel et à sa communauté. Ce soutien comprendra une assistance pastorale de la part de son clergé et présence de professionnels spécialisés dans les traumatismes, fournis par le Jewish Family Service Houston.

« Nous reconnaissons tous que cette semaine a été difficile pour tout le monde, et que nos foyers et nos cœurs ont été alourdis par l’anxiété, la peur et l’incertitude », peut-on lire dans le communiqué d’Emanu El.

« C’est précisément en nous ouvrant à la vulnérabilité et à la tendresse que nous permettons à notre synagogue de faire son travail le plus efficace – mais pour cette même raison, si notre synagogue devient un jour un lieu où nous nous sentons en danger ou en insécurité, la douleur de cette brèche devient encore plus aiguë et blessante. »

Une version de cet article a été initialement publiée dans le Houston Jewish Herald-Voice et est reproduite avec la permission de l’auteur.

 

 

 

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